M. BE MÊZY. CONSEIL SOUVERAIN
le gagner à Dieu (i). M. de Laval, ayant passé lui-même (o Marie de nncarplusieurs années dans ce Heu de retraite, ainsi que nous ^ ravons dît, eftimait beaucoup M. de Mézy pour sa piété sincère & pour son désintéressement. Il voulut donc ramener avec lui à Québec, persuadé que, sous un tel Gouverneur, tous les abus qui l'avaient fait repasser en France disparaîtraient du (Canada, & que le règne de Dieu n'y rencontrerait plus d'obdacles. M. de Mé/y s'excusa d'abord, alléguant pour motif de son refus les dettes dont il se trouvait alors chargé, & qui ne lui permettaient pas d'accepter un emploi de cette nature. Sans être arrêté par cette considération, x\L de La\al témoigna un si vif désir au Roi d'avoir M. de Mézy poMr Gouverneur, que çe prince paya lui-même de sa cassette les dettes qui met» taîent obftacle à son départ, & lui fit en outre de grosses gratifications, tant il avait à cœur de donner à M. de Laval un homme qui lui fût agréable (2). Se voyant ainsi sollicité ,) iMoire de i hapar le monarque lui-même, qui le prévenait d'une manière '^"^'"j^jj^^^j**^*^ Québec, si délicate & si généreiise. M. de Mézy accepta le fîouver- ^' ' nement i^énéral du Canada dans la seule vue de s y sanc- 'i* tifier. en procurant la gloire de Dieu, le service du Roi & d« i:5Cà iG(k|,kttrc le bien de la Colonie (3), dcM.dcMé«y,<ien.fcr
^ ' février ihU\.
Après avoir donné à M. de Laval un Gou> '"erneur en conseil «oi-verain; qui il eût une pleine confiance, le Roi voulut procurer au *' *
M« DE l-AVAL*
Canada une forme d'adminiflration qui assurât le bien public, & en particulier le repos & la liberté de TÉglise.
Pour cela il rendit un édit, au mois de mars i6G3, par lequel il créa un Conseil souverain dont il fixa le siège à Québec, en se réser^'ant pourtant de le transférer ailleurs, s'il le jugeait convenable. Jusqu'alors le Conseil de Québec, chargé de délibérer sur les aflaires du pays, avait été composé de membres choisis, en grande partie, par le Gouyerneur, sans que rÉ%'éque prît aucune part à leur nomination. Toutes les prérogatives de ce prélat consiflaient à avoir entrée an Conseil êc voix délibéradve, avec charge pour le Gouverneur de rappeler aux séances & de te
68 ir PARTIE. LOUIS XI Vj CHEF DE LA COLON it. l663.
(i) Lettre du 24 mai considérer comme conseiller (i). Aussi avons-nous vu que ^euc^Vt^^^M * ^' d'Avaugour avait composé ce Conseil de personnes 1661. déterminées à entrer dans toutes ses vues, opposées à
(-) Archives de Car- ccllcs de M. dc Laval f2\ Pour remédier donc à cet vol A te Journ i ordonna qu'à l'avenir les conseillers
de» Jé'suitM, i^"oa. Seraient choisis & nommés par le Gouverneur 8s: par rÉvèquc, agissant de concert, & que le Conseil souverain se composerait du Gouverneur général, de l'Évcque, ou, à son défaut, du premier Ecclésiaflique qui serait sur les lieux, de cinq conseillers & d'un Procureur du Roi. Enfin, pour que M. de Laval eût toute liberté d'exclure du Conseil ceux mêmes qu'il y aurait fait entrer, s'il arrivait qu'ils ne répondissent pas à son attente, le Roi ordonna que ce prélat, de concert avec le Gouverneur, pourrait changer les conseillers tous les ans ou les continuer, scion qu'il le
(3) Edits, ordonn. jugerait plus à propos (3). M. de î.avai prolita Jcs dispo- ^ébec i6S4,p. 3,, jjitiyns bi favorables de la Cour pour a\ iser aux moyens
d'établir solidcMucnt le clergé de la Nouvelle-France. Le 20 mars lOôJ, il érigea un séminaire & l'unit à celui des . Missions-Étrangères à Paris, d'où il espérait pouvoir tirer
(4) iud,,pt 34$ des Missionnaires (4); & au mois d'avril suivant, il obtint
du Roi un édit relatif aux cures & aux dîmes. Suivant le désir de ce prélat, il fut ordonné que les dîmes seraient fixées à la treizième partie des récoltes, de quelque nature qu'elles pussent être, tant de ce qui nait par le travail des hommes que de ce que la terre produit d'elle-même, & que ces dîmes seraient afTcdées à l'entretien du clergé, à celui des églises au soulagement des pau\ res; qu'enfin tous les cures seraient révocables à la volonté de l'Evèque 8c de successeurs, coalorniéineiit à la pratique des pre- 37. miers siècles (d).
u 9M wivo« M. CM). Le Roi fit expédier, le i** de mai, des lettres de commission de Gouverneur (*) à M. de Mézy, qui, le lende-
DAI* RT, CIMQ Ct.'HTft
O Dans ces lettres, le Roi dit, au sujet de M. d'Avaugpur : NousdésîroDsle rappeler présentement en France, quoique le temps
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