‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 50 sur 182 · XX · texte numérisé non relu

XX

M- M MÛI MCMACÉ M

uÀnutJE. ' publiée le i3 février déplut surtout beaucoup aux Ecclésialliques, qui la regardèrent comme une offense personnelle, jusque-là que l'un des principaux d entre eux alla trouver le Gouverneur pour l'avertir qu'on pourrait bien lui refuser leb sacrements, & même lui interdire l enlrée de l'église, s'il ne réparait cette offense. Le dernier du mênie mois, M. de Mézy crut cependant devMT en écrire aux Jésuites, pour savoir d'eux la conduite qu'il avait à tenir. 11 leur rappelait qu'il était venu en Canada dans le dessein unique de travailler à son salut, & sur les inilances de M. de Laval, qui l'avait fait. agréer au Roi; que rien n'étant plus important au monde que le salut, d'ailleurs le moment de la mort étant incertain, il se croyait obligé de recourir à eux comme à des casuiites éclairés pour qu ils lui déclarassent en leur conscience ce que, dans les circonffances présentes, il pouvait faire pour la décharge de la sienne & pour garder au Roi la fidélité qu'il Im avait jurée. Enfin il priait ces Pères de mettre leur avis au bas de sa lettre. Le P. Lalemant se chargea de la réponse» & lui dit que, ce différend étant tout à la fois du ressort du tribunal de la conscience & de celui du civil, il devait, pour le premier, s'en rapporter à son con-

DEMflEKS ACTES DE M. DE MÉZT. 1664. 99

fesseur; & que, quant au second, ce n'était pas À des Religieux de juger de quel côté était le tort> Notré Seigneur ayant refusé de porter son jugement sur des intérêts (, ) Arch. de h n»temporels, dont les deux parties contendantes lui défë- rinc. canaja, t.i, de

, , 1* . . /X i656 à 1669, dcranr

raient la décision (i). i^.s664.

Par suite de Tinterdiction de M. Bourdon, procureur noiteaitx abcs de

POUrOtil DE LA DBa.IMC atfCT.

du Roi, le Conseil souverain cessa de rendre la juflice; poutoi» be la pa»t

& M. de Mùzy, désirant néanmoins de donner suite aux affaires, pria alors M. de I>aval de se joindre à lui pour nommer un subllitut du procureur du Roi, nomination à laquelle le prélat refusa de concourir. Celte suspension de la juftice, dans un pays oCi les procès n^étaient que trop fréquents excita des murmures de la part des habitants de Québec, de ceux du Cap-Rouge^ de la c6te de Beaupré, de rUe d'Orléans & d'autres. Ils demandèrent avec instances qu'on voulût bien terminer leurs procès, & que pour cela, nonohllant l'opposition de M. de l .aval, le Gouverneur établit, de son autorité, un subltitut du procureur du Roi. M. de Mézy prit cnlin ce parti le 10 du mois de mars, mais en exigeant que la nomination fût taite par le • choix des habitants dans la chambre du (.onseil ; & on élut le sieur Chartier, qui entra en fondions le jour même (2). M. de Mé^ se porta encore à de nouveaux iv Arch.de lama' éclats. Après avoir éloigné du Conseil MM. de ViUeray, '^f^lf^'^^^'^l d'Auteuil & Bourdon, il finit par dissoudre le Conseil lui- 1664. même le 18 septembre de cette même année, & en établit, un nouveau le 24 sans la participation de M. de Laval, qui, le 28, y fît opposition. Et comme l'ade d'établissement de ce nouveau Conseil avait été publié à Québec 8c affiché à la porte de l'église, sans qu'on eût fait mention

(* M. d'Argenson, dans une lettre du 5 septembre i658, se n Bibliothè uedu plaignait de ce grand nombre de procès, si funeftes pour les familles , y , ; ^

pour kl Colonie en général. « Les procès^ la pauvreté & l'inclina- ^m,xïne, d'Argenson,

100 II* PARTIE. LOUIS XIV, CHEF DE LA COLONIE. t665.

de 1 opposition de rÉvêquc, quoique enre^lfarée au greffe, celui-ci la fit publier au prône le lendemain. Enfin M. de Mézy ayant ordonné à M. Bourdon & à M. de Villeray

de passer en France pour rendre compte de leur conduite (!) Aîvhi de la au Roi, M, BourdoH fit son teflamcnt, & partit le 23 du

f^l^l%^P^^: même mois, avec son fils, dans le dernier navire qui quitta i<*mmt664,foi.23. Cette année la rade de Québec, nommé le Saint- JeanîS^red^RT^r ^^P^i^^^t commandé par le capitaine Le Moyne , de M.TaioQ.Regiftrede» Dieppe (i). Au mois d oiflohrc, le Gouverneur lit encore «nlre du Roi, fol. 78. publier au soil du laniboui une autre déclaration, dont

Journal des Jt'suites, f , . r tr-

*cpi. i(ii.4. Tudamciu Ics Ecclésialtiques furcnt très-offensés; & comme ceux-ci

de M. Bourdon. croyaient être en droit de lui refuser les sacrements , il se

suUeV^ oT"iV,o" plaignait partout & tout haut de cette conduite

Page 1