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Malgré tous ces fâcheux démêlés, le Clergé & les Reli-
ri^^"mr'ft ï ^'^"^ laissèrent pas d aller le saluer le premier jour de MTiuei-. Tannée i665; & M. de Mézy, de son côté^ envoya le soir
son major chez l'Évéque 8: chez les Pères Jésuites, pour {ii Journal de» Je- leur rendre la visite du nouvel an (3;. Enlin, le Gouverneur «utes» I" î«nv. io<«5. ^j^j^j tombé grièvement malade, on lui facilita sa réconci- « liation, qui eut lieu vers le commencement de mars. Il reçut le.s .sacrcment.s de péniicnce is. d Eucluti iiiie, & le jour de saint Joseph, premier patron du pays, ainsi que le jour de Pâques, on célébra la sainte Messe dans sa cham- {4iiM. i^fe (4). Sentant alors que sa fin approchait, il se déter-
mina de lui-même, le 24 avril de cette année 1 665, à di(fter son teftament %l, deux jours après, il écrivit à M. de
(•) Le teftament de M. de Mczy respire la piJtc la plus sincère. U y déclare qu'il « donne son âme à Dieu & à la Très-Sainte Vierge, M sa bonne mère, qu'il prie de root son'cœur, avectaint Auguftîn, « son patron, saint Jean, saint Pierre & tous les autres S.iints & « Saintes, d'ctrc ses intercesseurs envers Notre Seigneur Jcsus- « Chrifl , aBn qu'il lui plaise recevoirsa pauvreâine& la mettre dans « son royaume célefte. » Il ordmne qu^ son corps soh inhume dans le cimetière des pauvres, & son cœur envoyé aux Capucins de la ville de Caen. U lègue deux cents livres aux Hospitalières de Québec, aatantoux UnuUnet de cette ville, trois cents livres aui iwttvrcsde
DERNIERS ACTES DE M. DE MÊZY. l665. tOl
Tracy, alors en mer, envoyé par le Roi, dans la crainte où il était de mourir avant son arrivée, comme la chose eut lieu : « J'aurais eu une consolation très-grande, lui disait- 9 \\, si votre arrivée en ce pays avait précédé ma mort, « afin de vous entretenir des afiaires de la Colonie, dont « j*ai fgk connaître au Roi les particularités les plus im- « portantes. Mais, Dieu ayant disposé de mes jours pour 0 m'appeler à lui, j*ai prié M. de Tilly de vous donner les u éclaircissements avec les écrits de ce que j'ai envoyé au « Roi Tannée dernière , 8c de ce qui s'ert passé ensuite « entre M. rÉvcque de Pélrée, les Pères Jésuites moi. « Vous éclaircircz bien mieux' que je n'ai pu le faire ce « que j"ai mandé touchant leur conduite, dans les afiaires M temporelles. Je ne sais néanmoins si je ne me serai point « trompé, en me laissant trop légèrement persuader ; &. je « remets à votre prudence êe à Texamen que vous en ferez « la définition de cette affaire. Ceft pourquoi, si vous « trouvez quelque.défaut dans mes procédés, je vous cont jure de le faire connaître au Roi, afin que ma conscience « n'en puisse être chargée, mon intention, à ce quUl me
l'hôpital, & la même somme pour les nécessités du pays; cette dernière devait être remise à M. de Laval, chargé de la diftribuer selon sa prudence. A Péglise paroissiale de Québec, il lègue mille livres, JeHinées aux frais de ses funérailles, comme aussi ;\ faire un service tous les mois & à célébrer une messe basse, tous les jours de la première année, après son décès; & cnân un service tous les ans à per« péniité. En même temps il donne à M. de Tilly la somme de cinq cents livres, ù M. Je Répentigny trois cents livres, à M. de Villeray, à M. Denis, à M. Madry 6c à M. d'Angouvilk, deux cents livres chacun. A ce dernier, qui était major de la garnison de Québec, il lègue SCS hardes, entre autres son épéc avec sn ceinture, son habit de drap d Angleterre, son manteau de camelot. Enfin il fait divers autres legs, entre autres cinq cents livres pour les pauvres de la vilk de Caen, & ordonne qu'on fasse dts services & autres prières pour le repos de son âme, tant à Notre-Dame de la Délivrance que chez les n ,» At
pp. Cannes, chez les Cordcliers de Caen & ailleurs; & dans cette * L»^
- . ■ •! . • . X j«r^ -11 »« t 1. I libération» oi juac-
intention il veut qu'on envoie ft M. a*Esquevi]le-Morel, 1 un de ses mat» éa fjonirit-
annis, résidant en France, la somme éc huit milles livres, destinées à Teftnment de M. de
acquiuer tous ces pieux legs (i). Mi y.
102 II* PAftTIE. LOUIS XtV, CHEF DB LA COLOKIE. l665.
« semble, n*ayant jamais été autre que de servir fidèie- (0 Reginre des ju- < meot Sa Majeflé & de maintenir rautorité de la charge gcments et d<<iib^ra- « (]ont elle m'a fiût la favcur de m*honorer en ce
xxm.
MOBTMiv.MKfaT. Le lendemain 27 avril, jM. de Mézy, qui voulait pourvoir à la conduite du pays après sa mort, signa une commission de lieutenant par intérim dans le gou\ ernement (a)RcgiftrcduCon- général Cil faveur de M. Jacques Leneuf de la Potterie 2\ i,a7«vn oox ^ termina enfin sa vie à Québec, dans la nuit du 5 au 6 mai i665. M. de la Potterie s'étant présenté au Conseil souverain avec sa commission, le Conseil reliisa de le recevoir à ses séances, & déclara que le Roi n^avait point donné à M. de Mézy le pouvoir de transmettre la charge de président du Conseil, ni d-y envoyer quelqu'un pour tenir sa place de son vivant, ce qu'il avait accordé à M. de Laval seul; qu en con^(Â]uence M. de la Potterie ne serait [X)int considéré comn c Liict du Conseil, n'aurait aucune part à l exercice de la julticc, de la police, ni dans la ges-
(3) DéKbéntioo du tien des finances, & n'exercerait le pouvoir de lieutenant Conseil 7 mû i<>()5. . j 1 -i- j /o\
qu en ce qui regardait la milice du pays (3).
A mLciiAUB us nu- Durant ces fâcheux conflits dont Québec était le théâvAiLLEints DES i.os- VUlemarie était exposée, comme auparavant, aux
mAUKIlES INVESTIS ,X-i«^« " iw •»
r AU L» iioQLoM. holtilltés «aux surprises des Iroquois. La Mere Marie de rincarnation écrivait, le 28 juillet i665 : « L'hiver dernier « & ce printemps les Iroquois ont fait plusieurs meurtres 0 sur les Français & sur les sauvages, tant à Montréal que (4jMoriedeniKir- « dans les bois (4). » Nous ne connaissons rien de ce qui natkm. Lettre 70-, ^.^^ Heu à Villemarie durant i hiver, 8c M. Dollicr de Casson dit que cette saison se passa sans qu il arrivai rien de (.s^iiiiiûircdcMom- luneite, parce que les colons faisaient bonne garde (5). de 1064 à 1665. Maîs^ au mois d'avril, les Filles de Saint-Joseph, malgré la douceur & la charité qu'elles témoignaient aux Iroquois, éprouvèrent leur cruauté dans la personne des serviteurs qu'elles employaient à défricher leurs terres Depuis que Mathurin Jouaneaux, dont on a parlé, s'était donné à leur
4* GUEMtE. HOSTILITÉS. 1663. ï03
science , elles lui avaient associé quatre hommes qui tra- \ aillaient sous sa conduite, aânde mettre plus promptement ces terres en valeur. CéCaient les noimnés Basile Rol^ lin, Guiilaiime Jérâcne» Jacques Petit, & un antre surnommé Monter, qui avattété soldat (i). Le 34 avni i665, pen- (i) Reg. mortutire dam que ces hommes étaient appliqués à leur ouvrage & ^j"îXÏ' * que Touaneaux leur apprêtait à <ttner, des Iroqu<^s cachés dans les bois voisins fondirent tout à ooiaip sur eux, firent une déchar|;e de fu9,\h , Tuèrent Rollin , qui demeura sur la place, blessèrent mortellement Guillaume Jérôme, & firent prisonniers Jacques Petit & Montor. Jouanciiux, qui se trou\ ait heureusement à la grange au moment de cette décharge, eut assez. Je présence d'esprit p>our nen pas sortir, ce qui lui sauva la i4e. Ainsi renfermé, il se mît en devoir de se défendre, montrant avec résolution les armes «ux Iroquois, qui, par on elfist de leur lâcheté naturelle, ou plutôt de la prote^on de Dieu sur Jouaneaux, ii*osèrent pas Tattaquer.
Cependant, au bruit de cette décharge, qui aN-ait porté wiuibàvx <cii4«>e a l'alarme dans toui? les alentours, on sonnn le încsin à Vil- cboanceb, lemarie, en disant que les ennemis étaient à Saint-Joseph, qu'ils avaient pillé la maison, pris 8c tué Jouaneaux & ics autres. « Lorsque nous apprîmes cette afTliKeante nou- « velle, dit la StKur Morin, je n eus point envie de monter M au ctocfaer. Dieu seul sait les convulsions intérieures « que nos Mères souffriicnt, suttout la Sœur Massé,âkirs « Hospitalière de notre communauté, qui était inoonso- I lable de la most de ces pauvres hommes. Le pillage de « la maison n'était rien pour nos Mères, la mort du boa- « hommie Jouaneaux les touchait plus que tout le relie, « tant par la reconnaissance du bien qu'il leur avait déjà « fait en prenant soin de leurs travaux & de celui qu'il « avait JL-^ein de leur faire encore , que par la coiisidé- « ration de sa vertu 6l de ses bonnes qualités. Cet homme, « d'ailleurs, leur avait été beaucoup recommandé; par ses 'i^ ^ ^^L"
« parenU à leur départ de la Flèche (2). « Les Montréa- par la sœur Morin.
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liftes ayant donc pris les armes, les Iroquois, dès qu'ils les virent arriver, se retirèrent, emmenant prisonniers Jacques Petit & Montor, 8c laissant sur la place Basile Roliin, déjà expiré, & Guillaume Jérôme, blessé mortellement. Lorsque Jouancaux \\i les barbares s'enfuir à l'arrivée des Français, il sortit incontinent de sa retraite, 8c alla en toute liàtc à l'Hôtel-DIeu pour annoncer lui-même aux Filles de Saint-Joseph qu il était plein de vie. Elles le reçurent avec une joie égale à l'atilidion que leur avait donnée la fausse nouvelle de sa mort^ & son retour fut une sorte de consolation pour elles après un tel désaftre; ce qui ne les empêcha pas de répondre des larmes de tendre compassion sur la mort de Rollin, qui fut enterré ( - Rcg. moriuaife. le même jour ( i ), & sur cellede Guillaume Jérôme, qu'elles ' ' curent la douleur de voir mouFÎr de ses blessures, & qui
i6*i5 ' ^ ' '^^ inhumé le 26 (2) ; enfin sur la captivité des deux ' ' autres.
MW Ut TBUltt DBS HMnTAl.lkll1IS.
joi^ASEAix jirrotH.NK Quelques jours après, sans être découragé par la perte de ces travailleurs, ni etfravé par la crainte des périls qu'il courait à Saint-Joseph, Juuuucaux pria les Hospitalières de lui donner d'autres hommes , pour qu'il pût se remettre au travail. Elles hésitèrent d^abord, tant à cause de la dépense, ayant déjà payé à trois de ceux qui étaient morts ou prisonniers des avances considérables de gages qui se trouvaient ainsi perdus pour elles, que du danger où ces hommes seraient encore exposés dans un lieu si éloigné de tout secours. Cependant, après avoir pris conseil de personnes sa^cs, elles se déterminèrent à donner sans délai à Jouancaux quatre nouveaux travailleurs, en leur recommandant de se tenir mieux sur leurs gardes que n'avaient lait les autres. Les aumônes que leur envoyaient M. Macé, prêtre du Séminaire de Saint -Sulpice, M. le baron de Fancamp & leurs autres amis de France, servirent à l'entretien de ces hommes & à mettre en valeur cette terre qui devint la ressource des Hospitalières par le zèle courageux, infatigable & intelligent de
4* GUERRE. HOSTILIIÉS. lb65. I05
Jouaneaux. Ce bon serviteur ne cessa d'y travailler que lorsque Vâge eut épuisé tout à fait ses forces. Alors, se voyant incapable de rendre aucun service à l'Hùtcl-Dieu, la grande délicatesse de ses sentiments lui taisant croire qu'il ne devait pas être plus lonj;temps à la charge de cette maison, il résolut de repasser en France pour recueillir quelque bien de patrimoine qui lui reftait & se suffire ainsi à lui-même. Les Hospitalières firent tout ce qu*elles purent pour le retenir; malgré leurs représentations & leurs vives inftances» il s'embarqua pour la France, régla ses petites affaires temporelles, & se retira chez les Filles de Saint» Joseph, à la Flèche, où il ânit ses jours très-chrétiennement (i).
, t , Annnicsde l'Hôt cl - Die u Suint-Joseph, pir b Soeur Morin.
I ll vmLBSLE M0VN8 KST
m» Ut no-
Un autre désalVe pour Villemane , arrivé la même année i665, fui la prise de Charles l.c .Moyne, qui s était dilVmgué dans tant d'acTions de courage contre les Iroquois. 11 y avait alors dans cette habitation des sauvages de la nation appelée des LiOups, en guerre avec les Iroquois; & nous voyons que le 29 mai on inhuma au cimetière une femme chrétienne de la nation des Loups, âgée d'environ quarante ans, qui, ayant été blessée par les ennemis, mourut à Thôpital (2). Au mois de juillet suivant, U) R<^k mortuaire Charles ï.e Moyne, ayant obtenu de M. de Maisonneuve «Jj^viUcmarie. 39 mw la permission d'aller à la chasse avec des sauvages Loups, se mit à leur tète, nonobftant les avis qu on lui avait donnés que rcnncnii était en embuscade dans les environs. Pour cet homme de cœur, que nous avons vu s'oUrir dans la fameuse expédition du Lon^-Saut, un pareil avertissement était plus propre à exciter qu*à ébranler son courage. U part donc pour la chasse; & étant arrivé à Ttle Sainte- Thérèse, il s'écarte seul & se voit attaqué par une bande dlroquois. Ces barbares, qui avaient eu occasion de l'entendre cotnme interprète dans tant de conseils, & d'éprouver plusieurs fois sa valeur, l'eurent bientôt reconnu & lui crièrent de se rendre. Le Moyne, refusant de se livrer, les couche en joue en reculant peu à peu; tandis que les Iro-
I06 II* PARTIE- LOUIS XIV, CHEt Dtù LA COLONIE. l665.
quois avançaient toaiours sur lui. Jaloux de faire une capture 81 glorieuse pour eux, ils mirent tout en œuvre pour
le prendre. Les ^^e^lla^d'^ animaient par leurs discours les jeunes Iroqiini^: à fondre sur 'lui; & pour exciter encore davantage leur ardeur, ils se mirent à faire des amas de bois , ce qu iis avaient fait déjà depuis plusieurs années dans leur pays comme pour préparer le bûcher deftiiié à son supplice. Ces moyens eurent tout Teffet qu'ils en «vai em atienda . Ces jeunes guerriers ainsi liîmulés, encouragés d'ailleurs par leur grand noinbre, s'approchent & inveftissent enfin Charies Le Moyne. Celui-ci, qui se voit dans rimpuissance de leur échapper^ ajufte son arquebuse & la décharge sur Tun d'eux ; mais, ne remarquant pas que dans ce moment il mettait le pied snrnn chicot qui apparemment chantzea de place, il culbute, manque son homme (OHUloireduMont- ^ tombe par terre. S étant aussil(')t rele\ é, il s'enfuit à réal, p»r M. Dollicr toutes jambes ; mais il eft si vi\ ement poursuivi qu enfin i665. u Cil atteint, mvelh & lait prisonnier j.
XXVIU.
A viLUEMAK» ON es- Autant fui grande la joie que les Iroquois firent alors r ""I' éclater, autant fut profonde la douleur des colons de Vaie- RCTovKMUMOTitB. maTie, lorsqu'ils apprirent la nouvelle de cette capture.
Sachant la haine que les Iroquois portaient à Le Moyne 8; le désir passionné qu'ils avaient depuis longtemp» de le prendre, ils ne doutèrent pas qu'il n'eût été brûlé en arrivant dans leur pa\ s ; 8: quoique ces barbares eussent rendu déjà dans plusieurs occasions un grand nombre de prisonniers, afin de les échanger pour des captifs de leur nation, ciiacuii eiait convaincu à Villcmarie que, pour assouvir leur vengeance sur un homme qui leur avait fait éprouver tant de pertes, ils ne le ramèneraient jamais aux Français pour quelque considération que ce fût. Ses camarades de la milice de la Sainte-Famille fictous ses autres •ooncttoyens firent cependant pour lui des prières fer^ ventes; sa femme surtout, qui était extrêmement pieuse, Catherine Primot, offrit à Dieu avec tant d'ardeur les siemies propres, qu'au rapport de M. DoiUer, on peut lui
4' GUERRE. HOSTIUTÉS. l665. IO7
attribuer l'espèce de mimde qu'il phit à Dieu d apirar en faveur de son mari.
ocMus u mutms.
Celui-ci , qui parlait très bien liroquois, se mit à harant^iier ses vainqueurs; Se pour les détourner du des- toum AhAamct, scia de le iaire périr, leur montra les conséquences funefles pour eux qu'aurait infailliblement sa mort. « Tu « peux me £ure xoourir, ditHil à riroquoLs, mais ma mort • sera rigoureusement vengée. Il viendra quantité de soi- « dats français qui brûleront tes villi^; ils arrivent « maintenant à Québec» |*en ai des assurances certaines. « Goaune Charly Le Moyne leur tint ce discours avec autant de calme que de fermeté, 8: qu'il jouissait parmi les Iroquois d'une réputation de droiture de cœur <k de loyauté égale à sa bravoure, ces assurances firent faire aux Iroquois les plus sérieuses réflexions; K quelque grand désir qu'ils cusscul de ic brûler, ils résolurent de lui conserver la vie, afin de ménager, par ta reflitution d'un prisonnier de ce cara^ère, leur accommodement avec les Français, & de prévenir ainsi la ruine de leur pays (i). (ijuuioircduMont- Nous devons même ajouter, à la louai^ de cet homme ifiâ^-iéc*. célèbre, l'une des plus brillantes gbires de Villemarie, que , malgré la haine profonde que les Iroquois avaient conçue contre lui, il sut, quoique captif , triompher de leur humeur cruelle ^ farouche ; Si que, par l asceodant que lui dormaient les qualités éminentes de son esprit & de son cœur, il leur inspira pour sa personne une si haute edime & une confiance si pai iaite, qu'après l'avoir adopté solenneUement comme un de leur nation, ils le choisirent pour leur protecteur auprès du Gouverneur générai du ^^^i^i^ges de qud- Canada, & avec une si confiante satisCiâion de leur part qucs personnes morque cette qualité fut depuis béféditaire dans sa fiuaille (2). j^^ ^^t*^' ^
Mais, avant que ChaiiesLe Moyne fût ramené à Vil- NOUVH.Iis HOSTILITÉS lemarie par ces barbares, cette colonie eut à regretter la * vhiemabie. «k-
Tovii DB ghaklbs le
perte d'un de ses plus braves déiét£âeurs, déjA nommé, ««vsk. Fierre Raguideau, &ergeat de U garnison, âgé d en\ iron
I08 11" PARTIE. LOUIS XIV, CHEF DE LA COLONIE, lÔ65.
trente-trois ans, tué par les Iroquois, le 27 ou le 28 du même mois d'août de cette année i665. Enfin, ceux d'Onneiout en prirent un autre pendant l'automne, Michel Gui^ bcrt, âgé d'environ dix-huit ans, qu'ils emmenèrent avec eux & brûlèrent cruellement dans leur village, et Tannée suivante, lorsqu'on eut appris sa mort, on rît, pour le repos de son ùmc, un service à Villcmaric, le 29 du mois *OR«g. mortuaire dc juiH (i;. V'crs ic icmps de la prise de Michel Guibert, le .r,65&T"Sîri666! fameux Garacontîé, capitaine iroquois, si zélé pour les 29)ujni . ppjjjjç^jg captifs, délivra Charles Le Moyne, qui, après
trois mois seulement de captivité, fiit rendu à ses concitoyens. Cette même année, Garacontié fut le premier des ambassadeurs iroquois qui se présenta à M. de Tracy, arrivé enfin, comme Charles Le Moyne l'avait annoncé,
amenant avec lui des troupes rL\qlées. envoyées par le Roi pour taire la guerre à ces barbares, ^ tra% ailler cnlin au solide établissement de la colonie, scion ic dessein de François l".
DESSEIN DE ui Hum- Otï & V U par cette hilloire que la pieuse Compagnie de Montréal avait été suscitée de Dieu, pour commencer par M. de Maisonneuve de remplir cette mission de nos Rois, en attendant qu^ils se résolussent à l'exécuter euxmêmes. Et comme si Dieu, qui fait toutes choses arec nombre, poids & mesure, eût voulu montrer que telle a\ ait été la fin particulière & unique de cette Compagnie, elle se vit, par suite d'événements indépendants de la volonté de ses membres, dans la nécessité de se dissoudre ellemême, le 6 mars i663, c'eit-à-dire dans la même année 8c le même mois où Louis XIV se mit à la t'}tc de l'œuvre Je la Nou\elle-i- raiv..c, en reprenant possession Je ce pays. Mais parce que, malgré sa bonne volonté, ce prince ne put y en\ oyer alors les forces qu'il avait promises, & que ce secours, devenu nécessaire, devait se faire attendre encore pendant deux années, la Providence voulut que, durant ce temps de faiblesse & d'abandon prolongés, M. de Maisonneuve inllituât la milice de la Sainte-Famille
DENCE Sim M. M MAI»
«OKKECVI.