‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 58 sur 182 · VIK · texte numérisé non relu

VIK

Il était naturel que l arrivée des troupes, la conflruc- oara.ontik fn am,us. tion des Forts & tous ces prc]\iratifs de guerre inspirassent "•kp*"*"»'» de la crainte aux nations Iroquoises, dont, en etFet, plusieurs s'empressèrent dVnN oyer des ambassadeurs à M. de Tracy pour détourner l orage qui allait fondre sur elles. Les premiers qui vinrent dans ce dessein lui furent présentés au moisd*oâobre i665, entre autres, comme nous Tavons dit, Garacontié, ce fameux capitaine Onnontagué qui avait toujours signalé son zèle pour les Français, & employé le crédit qu'il avait parmi les siens pour tirer de leurs mains ceux des nôtres tombés en esclavage. Après que M. de I racv lui eut témoigné, par les présents ordinaires, qu il lui donnerait une favorable audience, Garacontié lui ût une harangue pleine de boa sens & d une

DE Ct:FaRR.

(') « On fait ici un grand appareil de petitljc de grands bateaux « plats, écrivait Marie de l'Incarnation, pour pMSer les bouillons qui Lettre 70% a 8 « se rencontrent dans les Sauts (3). » juillet i663, p. 600.

ni* PART IL.. LOUIS XIV.

éloquence qui n'avait rien de barbare. Mais cette harangue n'exprimait que des civilités, des offres de services 8: d'amitié de la part de sa nation , & des \ œux pour un nouvel établissement de missionnaires à Onnontagué. Il conclut en faisant voir avec modeftie tout ce qu'il avait fait en faveur des Français, & leur demanda, pour toute récompense^ leurs bonnes grâces & la liberté de trois prisonniers de sa nation. Sa harangue fut interrompue par la cérémonie ordinaire des présents : à chaque point de son discours, il mettait un présent aux pieds de M. de Tracy. De son côté, M. de Tracy répondit à ses demandes avec . toute la bonté que l'autre pouvait souhaiter. Non-seulement il lui accorda les trois prisonniers ^ lui promit la paix 8c la proti-c'^inn du Roi de FYancc pour sa nation, il lui fit encore espérer la même grâce pour les autres tribus iroquoises, si elles aimaient mieux se porter d'elles-mêmes à leur devoir que de s'y laisser contraindre par ia force des armes. Cependant, comme Ton ne devait rien attendre de ces nations qu'autant qu'on paraîtrait en état de pouvoir leur nuire, comme l'expérience du passé Tavait prouvé tant de fois, on ne laissa pas, malgré ces ambassades, de continuer les préparatifs pour une expédition militaire contre celles de ces nations avec qui il n'y avait pas de

Plusieurs de celles<i, loin de partager les sentiments de Ciaracontié, étaient alors armées contre nous, 8: pendant

LES oattuwan

»T DES UVVAaU n ' • t

i.MRéTJKîi». c|ue nos troupes conllruisaient les Forts dont on a pané.

des sauvages d Onneiout osaient bien recommencer leurs hoftilités, & contre les Français de Villemarie, & contre les sauvages alliés de la France. Car ce fut alors même qu'ils prirent à Villemarie & emmenèrent prisonnier dans leur pays ce jeune colon, âgé de dix-huit ans, nommé Michel Guibert, qu'ils brûlèrent cruellement Tannée sui-

(2) Rcpinie ,ic !a vautc daus leur vilkigc ^2), & que pareillement ils défirent,

riTlTJ'' «i-ll-"""' vers le lieu appelé la Petite-Nation, au-dessus de l'île de ne, juin i6<î<î. , , , .

Montréal, des Algonquins, au nombre de vingt, avec leurs

PRÉPARATIFS DE GUFRRK. l003. I2g

femmes & leurs enfants (i). La crainte de tomber entre > Joum.^i dcv j. les mains des Iroquois porta alors les chrétiens Algon- ^8 od. i(;.;5. quins à aller se camper, avec leurs familles, auprès des nouveaux Forts pour se mettre sous la protection des soldats qui en faisaient la garde, 8c là ils se livraient en toute assurance à de grandes chasses dans ces endroits mêmes où les Iroquois avaient coutume de trouver auparavant quantité de pelleteries. La chasse y était si abon> dante que chaque jour ces Algonquins prenaient, dit-on, plus de cent callors, sans parler des orignaux & d^autres bétes fouves. Cétait une grande ressource pour les Français des Forts; car si ces derniers défendaient les Algonquins, ceux-ci, à leur tour, nourrissaient i^ Français de la chair des bêtes qu'ils prenaient, après en avoir enlevé les peaux, qu'ils portaient ensuite aux magasins du pavs. « M. de Tracy, rapporte la Mère Marie de 1 Incarnation, « me dit, il y a peu de jours, qu i) avait mandé tout cela « au Roi avec les autres avantages que I on a pour laite * la guerre à Tennemi juré de notre foi (2). .» Si cette Reli- U) imu de la Mîrc gieuse s'exprime de la sorte en parlant des Iroquois, c'eft '.,'rV qu on faisait entendre aux soldats Français que la guerre p. 608. qu'on allait entreprendre était une guerre sainte, où il ne s^agissait que de la gloire de Dieu &'du salut des âmes; & pour cela on tâchait de leur inspirer de véritablés senti* ments de piété 8c de faire régner la dévotion parmi eux. « Ce qui les anime tous, ajoute-t-elle, c'ell qu'ils vont « combattre pour la Foi. ïl y a bien cinq cents soldats qui 3^ j ç„ in Mire « ont pris le scapulaire ; c'ell nous qui les faisons, à quoi rincumation, « nous travaillons avec bien du plaisir (3). » p'loo°6o^6Ôj^^

On résolut donc d'aller en guerre contre celles des tt.oBoomniijnpoii. nations Iroquoises avec lesquelles il n'y avait point de paix conclue, & comme parmi celles-ci les Agniers se montraient les plus audacieux, on arrêta d'aller les attaquer dans leurs propres villages. M. de Courcelles, qui fut chef (4) Hiiioirciiu Mom de cette expédition, se donna des peines incroyables (4) r^»p"M.DoUier de afin d en assurer le succès, & fit toutes les diligences pos- im. .

Page 1