EXPÉDITION CONTRE LES AGNIERS. 1666. I
sorte, c'cft qu il avait été infradeur de la paix 8c la cause du malheur arrivé aux ennemis qu'on venait de détruire. Ce traitement les jeta tous dans une crainte étrange, par i'apprébcfision où ils étaient qu'on ne leur en fit autant à chacun, surtout le bâtard Flamand, Tun des plus con«dé* rables parmi les Iroquols. M. de Tracy lui donna néanmoins la vie & le renvoya, pour qu*îl cherchât ses gens fugitifs, avec ordre de leur dire que, s'ils remuaient de nouveau, il irait les voir derechef, mais qu'ils n'en seraient pas quittes à si bon marché. Il renvoya aussi trois ou quatre sauvages de chaque nation, pour porter aux leurs la nouvelle de la défaite des Agniers, 8»: leur dire qu iU cu.ssent à faire connaître leurs intentions, avec menace, s'ils n'obéissaient, de faire pendre tous ceux de leurs gens . («) !-««»««<•« M«fîe
, , i«*v incarnation, lettre
qui étaient prisonmers dans la colonie (i).
Tel fut le résultat de ces trois expéditions, qui firent périr un grand nombre de soldats, les uns par le froid, les autres par la famine, par les hasards de la guerre ou par
d'autres accidents, sans occasionner aux Iroquois d'autre perte que celle de leurs cabanes d'écorces, qu'ils pouvaient reconllruire aisément. Si M. de Maisonneuve eût eu à sa disposition ces treize cents hommes d'élite, avec trois cents bateaux, les mumiicms Je guerre & les autres avances qu'avait M. de Tracy, on peut présumer qu'il aurait mieux pris s«s mesures & fait autre chose que de brûler des cabanes, lui qui, avec une poignée d^hommes, avait fait éprouver tant de pertes aux Iroquois. Ce qui peut donner quelque fondement à ces conjeâures, c'efl Topinion avantageuse que M. deTracy & M. de Courcelies avaient conçue eux-mêmes des braves colons formés par M. de Maisonneuve au métier des armes; car l'un ^s: Fautre regardaient les volontaires de Villemarie comme plus propres à cette guerre que ne l'étaient les soldats de Carignan. < M. de « Courcelies, sachant qu'ils étaient les mieux aguerris, « rapporte à ce sujet M. Dollier de Cassen, leur fit Thon- « neur de leur donner la tête de Tarmée en allant, & la
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