ENVOIS DE NOUVEAUX MISSIONNAIRES
l.e Roi, sachant (^uc M. de Liaval n était pas en état zèle de Lomxtv pour d'appeler des prêtres de France & désirant d'en procurer ttmmm i* au Canada^ avait imposé cette charge à la Compagnie des * «anam. Indes occidentales, en 1664, par Tédit même de sa création. < Comme» dans l'établissement des colonies» disait-il» a nous regardons principalement la gloire de Dieu & le < salut des sauvages, à qui nous désirons de faire con- « naître la vrnie religion, la Compagnie présentement « établie sera obligée d y faire passer le nombre d'Ecclé- » siafliques nécessaires pour y prêcher le saint Évangile, « & y inlkuire ces peuples dans la créance de la religion « catholique, apoflolique & romaine. Pareillement elle » sera obligée d y bâtir des églises, d y établir des curés & « des prêtres» dont elle aura la nomination» & d'entretenir « décemment & avec honneur ces prêtres & ces églises» en « attendant qu'elle soit en état de les fonder raisonnable- « ment» sans toutefois que la Compagnie puisse changer • aucun des Ecclésiaftiques qui y sont présentement éta- « blis (i). Si Louis XIV dit, comme on vient de le (j)Êdits& ordonvoir, qu'il avait principalement en vue la gloire de Dieu '54" Êdi?''di & rétablissement du catholici sme en Canada, il ne faut mai 1664, p. 40. pas croire que ce ne fût là qu une vaine formule; on voit, en effet, par les autres monuments du temps, que telle était rintention de ce prince» & c'eft d'ailleurs ce que témoigne hautement la correspondance de M. de Lavai avec le Siège Apoftolîque. Ce prélat écrivait de Québec» en 1660 : « Je ne vois personne ici qui, par son autorité & I son zèle» soutienne beaucoup la religion; la plupart» « trop occupés de leurs intérêts propres» ne s'atfedionnent
de froid sans ce secours. Heureusement, un vent impétueux qui vint
à souffler dégagea la barque & la poussa sur le bord du Beuve opposé '
aux Trois-Rivièrcs. De ce porte on aperçut bientôt 'es voyageurs; Se,
malgré le danger qu'offrait alors la navigation du Heuve, à cause des ^''*M*^DoUfcr"
glaces énormes qu'il portait, on alla les chercher en canot d*écoree(2}. 1666* &
M. Fremont n'arriva ainsi à son porte qu'au commencement du mois ,(3^„
de décembre» & prit son logement chez M. Boucher» alors gouver- (sj Journal d«t ié-
Mttr de ce lieu (3). sultw, dée. ttidS.
(70 iU*" PAATIE. LOUIS XiV.
• point à ta propagation de VÉvanglle, quoique en France « le Roi très-dirétien 8c sa mère, comme aussi beaucoup « de seigpeurs & de dames illufires, ne désirent autre (I) Arch.dciaPro- g. chose rour ce pays (i). ■ Dans sa relation de Tannée
pag-illdc, vol. Ani€' . ■• • • v rf • - r»
ricfl ?, CjuaJj. Re- suivantc, il ajoutait : « ^ ous ne ^ ouffrons ici aucune secte latio Missicms, an- « hérétique; c'efl ce que le Roi m a accorde pieusement foh g'.* * " ^"'^ Jenr.ande qr.e )e lui en ai faite f-ï) avant de quitter
(2} ibu. in/oimti- u la L ï.uxc. Dan.> Ui.c le.trc du jG août 1664, il di-saît tio de Statu Eccie- carduiaux dc la Propaaandc : « Le soin & laiLour de fol. 39. « nos églises sont ce qm touche surtout te cœur religieux
a du Roi, &, pour cet objet, il cous accorde toutes nos
minà» fol. $8. • detcandes (3). » Enfin il leur écrivait, plusieurs années après : « Quoique accablé d'un fort grand nombre d*af-
. , » j 1 ■ faires, le Uoi très-chrétien favorise celte colonie d'une
(«; Archive* de la
rropagandc, v. s.-ri ■ « manière admirable, surtout par son zèle four y pro^
turc rt/a itc >iei con- , pager la reli-jion , quoiqu'il ne retire presque aucun
gregazione, 1G69 à , ' 1 1 / v
,79,. • avantage de ce pays barbare (4). t
Loiw xn ravuK LK CoTTirre les Ecclésiafliqucs cnvoN es par le ^-én.inaire
VÊÊfAtmVÊk MLlABrr- ItlftHCE * E.NVO\U
ne coûtaient riea au Roi ni a la colonie, ainsi qu on Ta AKRfcB DES dit, M. Ta'on, voyant sur les lieux le besoin qu on avait MiatioKiiAnunfcA. Missionnaires, engagea la Cour à en demander de nouveaux à M. de Brctonvilliers, cette année 16C6: « De
• quelque c6té que doive venir le secours de rÉglisc pour
• la subsiflance de ses miniûres, écrivait-il à Colbert» ft
• me sens oblig:> de vous le demander. 11 eft coudant que 1 M. lÉvèquc de Potrêe ne peut fournir de curés ou de « Missionnaires tous les en^^rolts de ce pays qui en ont
• besoin, s'il n'eft assiOé ou par le Roi ou par la Compa- " gnie. Le loads des dîn es, établi avec beaucoup de mo- « dération, ne peut suffire, a nio jis que M. de Brelonvil- « Tiers, Supérieur de ï^'aint-Sulpice, ne fasse passer cinq « ou six prêtres choisis dans son Séminaire, qui ne soient
• pas plus à charge que ceux qu*it nous a fait donner cctn « année, pour desservir la cure desTrois-Rivières ët a<)- « mînifb'er les sacrements aux troupes d'un ou deux de nos « Forts; cet expédient me paraît le plus £acile& le moiv
ENVOIS BC VOWEAUX 1US6TQHNAIRES. ' I7I
m onéreux de tous ( i ) . » Le Roiiavita, en effet, M. de Bre- (i) Archim de u tonviJUcrs à envoyer tous le» ans d'autres Ecclésiafliqucs ^^^Jrà côîbc^ à ViUemarie; & àlors commença pour ce pays une suite imv,i666. remarquable de Missionnaires séculiers» qui, se condamnant, par zèle pour le salut des colons^ aux privations les plus dures, déterminèrent, par leur exemple, d autres Ecclcsiafliques frança's à renoncer aux douceurs do la patrie pour prendre part eux-mêmes à la mission du Canada. Les lettres ccrltcs par Icf* prêtres de Viîlen.ar c a leurs confrères de Paris, qu'on lisait publiquement au Séminaire de Suuu-Sulpice, enflammaient les jeunes L<. clésiafliques de c^e maison; en sorte que leurs direâcurs» sachant que le pays ne pouvait alors nourrir ses Mtsdoonaires, ne eboisissaient d'ordinaire pour Villemarie que ceux qui jouissaient d'un assez fort revenu pour pouvoir s'y entretenir eux-mêmes & contribuer encore de leur superflu à l'établissement de nouveaux coîons. C'était 1 accom. plissement littéral des vues montrées autrefois à M. Olier, si désire* X d'aller fc sacrifier en j-crionne pour la ^anclification de Viiiem.arie, ë< à qui Dieu avait fait connaître qu'il accnn-plirait les dcsscms de son zéic, par ses disciples, après sa. mort.
Entre autres que M. de BretonviUiers y envoya , m. m HmoM» ^mw nooft devons nommer ici M. François de Salignac de ta Motte-F6nelon, du diocèse de Pértgueux, frère ainé & consanguin de TArchevéque de Cambrai, dont le nom eft devenu fuitement célèbre {*). Quoiqu'il n'eût encore reçu qpe les ordres minenrs & n'eût pas achevé ses études de
IN CANXDA OOVIIS msWONNAllIE.
{*) Quelques-uns ont crrifonJu M. Frarçnis <Jc Ft-nclon, prêtre du Séminaire de Saint -SulpiLe de Villemarie^ avec François de Fénelon, son frère, Arohevéque de Cambrai; Si ils sont excusables de s'étrc ain>i mépris^ après que l'aureiir de la vie de ce préLit, M. de Bausser, ancien ï\vcque d\-^iais, & cn?n!?<r cîirdmal, tfl ton bé iuimcme dans ccuc erreur, que depuis ou a iaii di&pur<âue de soo
théologie, il tétnoigna un si vif désir de partir pour le Canada, que M. Louis Tronson, son directeur, ainsi que le marquis de Fénelon, son oncle, & le comte de Fénelon, son frère atné, ne crurent pas devoir y mettre obÛacle; & il partit pour Viltemarie le 3o janvier 1667, n'ayant passé (1) catjiuu'uo dcTi- encore au Séminaire que quinze mois (i). Mais lorsque s«tnf-su^kr<teVi! l'Évcquc de Sarlat, frère du marquis, eut appris le départ rii, p. 93. de ce neveu, dont il s'était proposé de se servir dans
l'adminirtration -de son diocèse, il écrivit une lettre de plaintes amères à M. Tronsnn, en l'engageant à user de toute rinfluencc qu il pourrait avoir sur son neveu, pour le déterminer à repasser en France. « Je puis vous assurer^ K Monseigneur, lui répondit M. Tronson, que j'aurais > souhaité que M. votre neveu eût pu répondre à vos
• intentions; mais sa résolution était si ferme, qu'après ce « que je lui ai dit avant son départ de cette ville, je ne
• vois pas ce que je puis faire à présent M. le marquis, « votre frère, 8c M. le comte savent afisez le peu de part « que nous avons à ce dessein J ai tâché, dans les ren- « contres, d en éloigner votre rie\ eu autant que je l'ai pu; « j'ai parlé plusieurs l'ois pour le porter à ne pas se préci- « piter, lui disant nettement que, s'il pouvait modérer son u désir & demeurer en paix, il se rendrait plus capable, c en continuant ses études & ses exercices de piété, de « travailler un jour dans TÉglise. Enfin, Monseigneur, « j'ai tâché de mettre sa fermeté à Tépreuve, en lui repré- « sentant ce que j'ai cru être le plus capable de Tébran- « 1er; mais, son inclination se trouvant toujours également « forte & SCS intentions paraissant désintéressées, je me « suis vu hors d'état de passer outre, ayant employé inuu tilcment tout ce que je pouvais 8: ne croyant pas avoir
(i; Archive» du a^. « droit dc faire à son désir d'autres violences (*) (2). »
miniire deSnnt-Sul-
pice de P.iri«. T. ! des i— .
Lettrts diverses de
M. TraaMMi, 19 fév. {*") Comme l'Evéque de Sarlat m plaignait de n'avoir pas été ifi67. informé du Jcsir de son neveu avant son départ de France, M. Tron-
son, qui en eut avis, rit à sa lettre l'addition suivante : « J'ai appris c depuis ma lettre écrite que le sîience que nous avons gardé vous
BREF D^ALBXAMDRB VII. 1667. lyS
M. de Fénelon arriva à Québec, au bout de cinq mois de
navigation, le 27 juin 1G67 (i), avec un autre Ecclésias- 11; Journal dca Je-
tique plus ieuQe que lui (2), M. Claude Trouvé, sous- *7 J"" '667.
V'' ' Lettres de Marie
diatre du diocèse de Tours (3), deftiné aussi pour Ville- ae îincamaiion.iettrc
marie. M. de Laval, charmé de recevoir un EcdésialHque ^^^^^^
du mérite de M. de Fénelon, l'ordonna sous-diacre le ^'(3)Cataiogue den-
7 août de cette année; Tannée suivante, le lo du mois de ^rée du séminaire de
juin, il lui conféra le diaconat, & le lendemain le sacer- ^"p] ^"3^"*
doce dans Féglise de Québec (4). Mais comme ce nombre Akiuves de rar-
d'ouvriers évaneéliqucs ne pouvait suffire aux besoins de '^^^eTéché ie Québec,
i,A, ,1 ,1 rcgifti» A p. h4, 61,
I lie de Montréal, qui se peuplait de )our en jour, M. bouart 63.
partit pour la France, par les derniers navires de cette pjHiitoircduMom-
anncc, alin de faire inltance auprès de M. de Bretonvil- j*^,"''^''"'"
liers & d'obtenir un nouveau renfort de Missionnaires (5) [*). ^ 1667*'° *
Malgré les services importants que les prêtres de ». db latai. M£vimv,
Saint-Sulpice lui rendaient avec tant de désintéressement ^^^1"^^ i"»^^-t«es
Sl de zèle, M. de Laval ne laissait pas de conserver tou~ DstAixt-ai'mnic. jours à leur égard les sentiments de défiance dont nous avons parlé; 8c le temps, qui d'ordinaire sert à calmer les
« avait fait quelque peine . i'iiiouterai donc, Monseigneur, que nous « n avons pas coutume de parier de ceux que nous dirigeons & que < nous confessons. Nous leur donnons simplement avis sur ce qu'ils
« nous demandent; & ce n'eft pas manquer de rcspciîl pourccuxàqui a ils appartiennent si nous tenons secrétesdes chosesque nousn'^vons a pas droit de publier. Nous supposons toujours qu*lis ne manque- « ront pas de s'acquitter eux-mêmes de ces obligations en ces ren- •> contres. Je vous dirai^ \4onseigncur, que je n'aurais pas mcme cru tt devoir vous écrire sur cette affaire, m'en étant expliqué nettement «1 avec votre neveu. & en présence de M. le marquis votre frère. Comme il avait été témoin de tous mes sentiments, je ne devais pas « douter qu'il ne vous en informât bien amplement lui-même ;& je « crus qu'il n*y avait point de meilleure voie pour vous les faire con*
• naître, puisque c'était la mo" i ^ ; ti'^pcéfe & la plus assurJe {f>). ,;■ Lettres diverses
(") Avant de quitter Yiilemarie, M. Souart nomma^ pour tenir sa Ue M. Tronson, i^id. place au Séminaire, M. Dominique Galinier; & c*eft ce qui explique
pourquoi dans des contrats de concessions de terres, faites en l'absence ^'^^ Grefie de Vîllt-
de M. Souart, M. Galinier e(l qualifié : Supérieur des Ecclésias- m.uic, i~ kv. i6'*7,
tiques de l isle de Montréal (7). Aivritr 1705.
174 11' pAirrœ. louis xtv.
esprits émus, n'avait apporté aucun chaniïcment â des dispositions si peu favorables. Ce prtiat s'était persuadé, par suite des démarches du cleri^é Je 1 Vance pour faire nommer M. de Que) lus livcqac du Canada, que celui-ci. au«îsi bien que ses confrères, i:c ic vo}aierii qu'avec peine exercer lui-même dans ce pays Jcs foaéUons épiscopales. Cette préocGupMîoQ était roêice si fortement entrée dans scm esprit, qu'elle Un faisait ccnsidérer comme autant (t) AcLhivcs de la ci*aâcs d^opposition à son autoritô leurs aâicMis (■) lo '^*^"rm^hi P^"^ indifférentes, spécialement l'appui qu'ils donnaient n« w>ût 1667. aux Hospitalières de Saint Joseph ; et la persév érance d^tin prélat si pieux dans de tels sentiments montre de plus en plus que Dieu voulait sandifier les EccLsiattiqi^es de Vilîemarie par les contraditlions 8; les croix de toutes espèces. Nous avons parle dcja des etrorls de .M. de Laval pour engager ces Hosp talicrcs à embrasser 1 Inftilut de celles de Québec; la conllance qu elles faisaient paraître pour suivre leur première rocation lui déplaisait beaucoapf & comme les prêtres de Saint-Sulpice ne croyatent pas pouvoir tes en blâmer, & qu'au contraire ils approu> vaient leur persévérance, cette manière de voir, opposée à la sienne, forn ait dm, s son esprit un nouveau sujet de griefs contre eux. il était dans ces dispositions lorsque Tua de ces prêtres fui présenta le Bref d'Alexandre VI î, qui approuva Vinftiîiit des Ho«^pita1icrcs de Saint-Joseph fil j^ïaJatSdèliîfjî'' d^iclara qu elles ^tait vraimcni Religieuses (2}.
BRU b At.kXAHDnh Vil Nous avons dit qu'en les établi: sant, M. de la Dnuqpi ApnouTB tix- versièrc avait voulu qu'elles se consacrassent, par les uiuss DR VII f K- vœux solennels de religion, an service de Dieu ët auaou* lagement des malades; mais^ depuis vingt-quatre ans que rinftitut cxiftait & avait formé divers êûiblissements, on n*y avait «ocore fait que des vœux simples, d'où il était arrivé qu^un certain nom.bre de Sœurs, dégot^ées peu à peu de leur vocation, s'étaient fait dispenser de leurs engapemcnts pour rentrer dans le monde. Celles qui, dans chaque maison, étaient le plus attachées à leur Inilituty
BREF D ALEXWïDlŒ VH. 1667. r/S
craignant enfin qu'il ne tOIT^^ât nns«i promptcmcnt qu'on lavait vu s'Olcver. sadrcssèrcnt n rK\ cquc d Ani;crs ( i), (OHUtoiredel'lns. cmi, conjointement avec les Kx cqucs dans les diocèses "«pi*»dcsqnc'.s Dnltilut était ctabli, recourut au Saint-Siège in-4-, cliap. xn, p. 54- Apollolique, &, sur leur demande, le pape Alexandre Vll^ ^!S^^t^ wSekt au coirmencement de Taon^ t£6ô, donna le Bref dont ' ^ nous parlons, qui autorisa les vœux solennels, A déclara ■ que ces filles étaient vraiment Religieuses (2). L^ceuvre de (3) Bnf d'Aiexm- M. de Ja Dauversière reçut ainsi sa dernière fterfeâion» ficVillemarie se vit dotée irrévocablement d'un établissement qui avait été l'occasion de la fondation de cette colonie, ainsi qu'il a été dit, & qui, par les contra iflions même qu'il éprouva de la part des hommes, opposés, quoique dans de bonnes \iies, à sa formation, montra arec plus d'évidence encore qu il était l'ouvrage de i>ieu «ïeul. Il eft même à remarquer que, par ce Bref, les Hospitalières de Saint-Joseph se trouvèrent les seules en Canada qui furent reconnues solennellemenipour reli^eoses; car celles de Québec, à qui de Laval voulait les unir, ne lîusaicnt alors & n''ont jamais fait depuis que -des vœux simples dans leur profesaon.
Mais comme ce Breî, qui rendait inutiles les projets de M. de I.aval touchant l'union, avait été expédie snns qu'on l'eul consulté ni même prévenu, il soupçonna que ÔÎit7kÛ'pIiiw«7iiwk les prêtres de Siaint-Sulpice avaient usé d art fice pour " d'alexa*obtenir, en vue de contrarier par la son autorité ; ^ alin de s'en assurer pleinement, il écrivit aussitôt aux cardinaux de la Propagande. Après leur avoir exposé les divers nootifs qui jusqu'alors lui avaient fait douter s'il pourrait jamais approuver VlnlGtut de Saintnioseph, 11 leur parlait en ces ternies : « J'étais dans ces incertitudes lorsqu'un « prêtre du Séminaire de Saint-Su Ipice, Séminaire qui * aujourd hui possède toute l'habitation de Montréal, eft " venu me trmn cr, m'a présenté un Bref donné par le « Souverain Pontife, qui déclare vraies Religieuses tant « les Hospitalières de Montréal que celles de quelques
ijÔ m* PARTIE. LOUIS XIV.
« autres monallèrcs de France du même InHitut. Si le K Siège suprême l'a ain^i défini, je n'ai rien à opposer; « niaib beaucoup de raisons me porteiit a soupçonner « que ce Bref a été obtenu par surprise. D'abord, je n'en « ai point vu ToriginaL En second lieu, on y suppose que « ces Hospitalières ont été de vraies Religieuses, & qu'on « n'a accordé ce Bref que pour lever les scrupules de 0 quelques-uns qui pensaient autrement. Cependant il
• n'eft nullement confiant qu elles ai^t été Religieuses, « puisqu'elles n'ont été formées par aucune professe dans « quelque Ordre ou règle monafliquc que ce soit, & qu'il « n'en parait rien dans leur vêtement, ni par quelque « bulle antécédente. Eniîn la Sacrée Congrégation avait « voulu me faire savoir qu'on ne donnerait aucun rescrit
• pour ces pays sans m'en prévenir auparasant. Toutes « ces raisons me font croire que les Sulpiciens ont ma-
• chiné cela pour éluder mon opposition; & parce qu'ik « ont compris que j'avais formé ce soupçon contre eux, il « parafit qu'ils veulent pré\''enir la déclaration que je devais « vous en foire & obvier aux inconvénients qui résultent « contre eux des artifices dont ils ont usé pour obtenir ce « Brct. (/ell la raison qui me porte à vous envoyer celte
(i; Archive, de u « kitrc, afin de les devancer auprès de vous (*) (i). »
Propagande ^bid'Ltt'
ire du 2Ô août i1î<Î7. ^
Sedecce,dum in his cogitationibus ilu£hiarem, occurrit sacerdos ex Seminarîo SanAi Sulpitii Parîslensis, pênes quod Semina-
rium eil nunc tota habitatio pra;dicla MoDtis Regalis, praj se tcrens Brc\c û Summo Fontificc, o^lavo Febrmrii datum, anni i^*" ', quo hicc societas pracdi^larum la'mniaruin habitationis Moniis Kcgaîrs, iinacum alitsaliquot monallcriis in Gatlia, veras esse Kcligiosas declarabaTur. Si it;"! ;\ Siiprcma Scde dcfinitum cil : nibîl habeo qiio.l opponam; vciiim muica mcinducunt ut suspicer Brève subrcpt ici um esse. 1* Exempter hujus Brevis obtinere non potui. s* Pnt-supponitur in co vcrjs fuisse Religiosas; sed ad tollendos soltim scropulos aliquorum qui aliter sentirent, Brève esse conccssum. Vcras ante fuisse Kcligiosas nuUo modo conllat; cuni a nulla professa, in nullo Online aut Regulâ sint progenîta;; nec quidqua:^ de eo ex habitu, ?eu vcftiti?. apparent, rec ex ali i antci-edente i^ull i. 3" Quia Sacra Congrcgatio me monitum volucrat nullum a se datutn iri rescriptum