M. DE LAVAL, PRÉVENU CONTRE S. SULPICE. 1667. I
U fallait que M. de Laval fût étrangement prévenu , contre ces Ecclésiafliques pour soupçonner de leur part tout ce qu'il suppose ici. Mais, ce qui eft plus étonnant encore, apprenant, sur ces entrefaites, que M. Souart s'embarquait pour la France, afin, comme on Ta dit, d'en amener Je nouveaux Missionnaires pour le Canada, le prélat, toujours préoccupé de ses soupçon^, ne douta pas que ce voyage n'eût pour but de juftifier à Rome les prêtres de Saînt-Sulpice des prétendus artifices qu'il supposait dans Tobtention de ce Erti, comme aussi de mettre obftade aux oppositions qult était résolu de faire à Tap» probation de Tlnllitut de ces Hospitalières.
xvri.
Sous cette impression fâcheuse, il ajouta à sa lettre un prêtres m susr st x-
Poft-Scriptum de même ';rvlc contre M. Souart, ou plutôt
... mhhuit rjut M* de
contre les prêtres de Sauit-Sulpicc : « J'avais écrit ce qui ^av^l et les
« précède, dit-il, lorsque j'ai voulu, à cause d'un sujet autres ^vêoui». ^ « nou\ eau qui se présente, avertir derechef la Congréga- « tioii d avoir pour suspect le procédé des Sulpiciens, dont « Tun/ comme je Tai appris, part pour la France (*) (i). » ( i } Archives de > On a de la peine à comprendre comment M. de Laval, Pnw«'"ï«»'.»w<'dans les lettres qu'il écrivait à Rome, pouvait représenter ces Ecciésiaftiques sous de si sombres couleurs, tandis que dans le même temps ils étaient universellement respeâés & honorés en France, tant pour la ferveur qui ell ordinairement inséparable des inllitutions naissantes, que
pro his rcgionibus, me non monito. Qua; oninia cfTcccrunt ut creJcrem hoc molitos esse Sulpitianos, ut oppositionem meam éludèrent. Et quoniam îta me suspicari senserunt, videntur velle praevenire declaratîonem apud Vos suspicionis nieae, & occurrereincommodis qua: ex bac subrcptione contra ipsos sequuntur; & htaec eft ratio cur in antecessum hanc ^stdam meam ad Vos destînarim. (Archives de la Propagande, ibid.)
(*) I lac a me sciiptu erant, cum Congregationem etiam ex nova occasiunc rursùm monitam velim, ut suspe<:lum habeat processum prxdictorum Sulpittanorum, quorom unus, ut audivi, in Galliam proficiscitur. {Archives de la Pro^gande, ^id.)
TOMB m. ts
1^ m* PARTIE. LOUIS xrv.
pour les bénédiviVions que Dieu donnait à leurs travaux dans la tormation du clergé, ce qui inspirait aux plus saint:» Évèques une sorte d cmiilation pour en obtenir quelquesuns, s'en servir dans la réformation de leurs diocèses ou (O viedeM. olier, dans l éducatioa de leurs clercs [ i ). Le légat (^higi, envoyé 3« iwitift, Ut. IV. ygj-g temps en France par Alexandre VII, & qui approuva Téreétion duSéminaïre deSaint-Sulpice au mois d'août 1 664, parlait lui-même de cette maison, dans ses lettres patentes, comme d'une source publique d'esprit apoftoliquc, ouverte par la divine Providence non-seulement à rKglise de France, mais encore à des royaumes étrangers qui allaient Vy puiser au grand avantage de la religion. « On y voit « accourir des clercs non seulement des provinces voi- « sines, dit-il, mais de plusieurs points de rKurope, qui, 0 de retour dans leur patrie, se montrent autant d ouvriers « très-tervents 8c très-habiles pour les Missions & les a autres lonclions du miniftère ecclésialUque ; d*OÙ il « résulte que la vigne du Seigneur répand une plus suave 1 (2) utter^e card. « odcur & donne des fruits en plus grande abondance (s) . » ckigi, «rehivc* .le Comment pouvait-il donc se faire que M. de Laval ne vît 1 Empire, section hi^ daus les mcmbres de cette même Communauté que des
(oriuuc, M. 42 1 . .... ... . • 1
/ prêtres insubordonnés, ambitieux, mtngants, des ouvriers
de mensonge, prêts à se révolter contre Tautorité du Saint- Stége. Quoique dans le même temps des mapiflrats en pcriaie. Manu^c. Col- Francc Icur fcprochasscnt d être de ce même Mclic des debert, 1 55, ann. i«i63, fenscuis inlTcpides (3), ainsi qu'on Ta déjà rapporté?
p.47, 5i.;o, io5.
,cH..«îrL.T..B î^ i' ^t^^'t permis de rechercher la cause des imprcs- «. nKi AVAL A l.'lî- ^iouh .^i dcla\ arables du Prélat qui donnaient lieu à cet étrange contrallc, peut-être pourrait-on la trouver dans la position toujours précaire où il se voyait comme Vicaire apoftolique en Canada; & lui-même semble nous autoriser à faire cette conjefture. Dune part, n'ayant pu obtenir jusqu'alors d'être fait évêqué titulaire de Québec, il ne se considérait pas en effet, ainsi que lui-même nous l'apprend, comme bien assuré, tant dans sa dignité de Vicaire apostolique, toujours révocable, que dans l autorité qu'il exer-
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