POPULATION AUGMENTÉE. 1668. 21 J
quatre ans do séjour chez les Hospitalières, dont clic dc.sirait aussi vivement d embrasser rinftitut, tut retirée parses parentSj qui la marièrent avec Étîenne Truteau. « Elle sert
• Dieu dans le inonde, écrivait ensuite la Sœur Morin, & « eft mère d'une nombreuse famille qu'elle nourrit & élève
• dans Tamour & dans la crainte de Notre-Seigneur> avec
« édification & sagesse en toutes choses (i). * Il en fut (o Annales des Mos-
cncoreaiii- Je quatre autres vertueuses filles, que madc- <*eViUema-
moisclle Mance avait attirées de rrance, pour 1 aider a rin.
rHôtel-Dien avant l'arrivée des lillcs de Saint Joseph. -
Mademoiselle de la Bardilière, dont nous avons parlé,
quitta aussi 1 Hôtei-l^ieu 8c devint mère de famille. Fnfin,
durant les trente-trois premières années de leur séjcnir en
Canada, les Hospitalières donnèrent l'entrée de leur C-om-
munauté à plus de vingt filles pleines de courage & de
piété, qui toutes furent obligées d'en sortir, ne pouvant
s'accoutumer à un genre de vie si pénible & si accablant
pour la nature. « Dieu le permit ainsi, ajoute la Sœur
« Morin, pour peupler la nouvelle colonie, & lui donner
« des mères de famille remplies de son esprit & de son
« amour. »
Nous devons ajouter ici que Louis XIV, non content «àLs de u>uu xiv roLR d'envoyer des colons en (Canada pour v former des tamilles, <»«*t<BeR va «ausait encore de tout son pouvoir pour qu on mariât de ter 1^ pom lauw» bonne heure tous les jeunes gens nés dans le pays. C'était c»ïi*da. le moyen le plus efficace, en multipliant le nombre des colons, de procurer la sainteté des mœurs & l'union des ménages ; aussi voyons-nous que saint Jean Chrysoflome, pour obtenir un si heureux & si nécessaire résultat, engageait les fidèles de son temps à marier leurs enfants dès qu'ils étaient en ài;e nubile. Dans cette même vue, le Roi écrivit en 166S à M. de I a'.a! d'user de son influence pour que les garçons se mariassent à dix-huit ans et les filles à seize ^2^; ^ Tannée suivante, il assigna annuelle- (a) Archive» du ment la somme de trois mille livres, afin d'accélérer les mî"»»'"* <<• vaiema-
,, , ■ . ^ j , , ,1 rie, lettre «Ulogniphe.
mariages. 11 mandait a ses otiiciers de doanci de ce londs ,CjOii
2l8 111* PARTIE. LOUIS XIV.
vingt livres de gratification à tous les garçons qui se marieraient à vingt ans & au-dessous, & vingt livres à chaque fille qui s^étabtiraitau plus tard à Tàge de seize ans; c^êtait ce que Ton appelait le présent du Roi, 1! fit plus encore ; il ordonna qu'on établit une peine pécuniaire pour tous les pères dc famille qui, sans raison léf^itime, négligeraient de marier leurs enfants lorsqu ils auraient atteint (i) Archiv.-s Ju cct âgc (i), disposition qui fut confirmée par un autre royaume rcgiiirc de» ^^^^^ Conscil d'État du 12 avril 1670 v2,. Le -oodobrc
arrcts du Conseil, • ^ 1 -i 1
vol. 19*9, arrêts de suivant. M. dc Courcelles le Conseil souverain deQué- 1669, p. t«7. ]^^.^ publici cut CCI an et dans tout le Canada, en enjoignant
marine, can^ui.i. t. II, aux pcrcs de famiUe de se présenter de six mots en six de 1670 à 1676, l a ynois au greffe de leur îuridiéHon particulière pour décla-
ÛVnl 1670. — KditS & • Jl J I- LA <
oKkMinMices royaux, rer, SOUS peine d amende applicable aux hôpitaux, les Qu^twc, 1854. p< 67, raisons qu'ils pourraient avoir eues de retarder le mariage *^(3) AKhires du ^^"'"^ enfants (3). Mais on ne voit pas que cette menace d'amende ait jamais eu d'application en Canada, tant à ïooci. 1070. cause du présent du Roi que des autres avantages qui devaient accélérer les mariages. Car, pour ôter aux époux toute crainte de se \ oir chargés de bonne heure d une grosse famille, & pour leur faire désirer au contraire d'avoir un grand nombre d enfants, Louis XIV, par un heniiinent de générosité bien digne de sa sollicitude & de sa religion, avait assuré, par son Ordonnance de 1669, une pension annuelle de trois cents livres à tous les pères de famille qui auraient dix enfants, & une autre de quatre cents livres à ceux qui en auraient douze. Enfin il ordonnait que les pères chargés d'un grand nombre d'enfants fussent toujours préférés aux autres, si quelque raison ^X. S'""' P™»"»» ne l'empêchait pas (4).
MULTiruicATioM *TOK. Ces s^gcs cncouragemcnts eurent les résultats les plus «AHTs HE» FAMILLE» heureux j car les familles se multiplièrent en peu Je temps W8C fti ne lurent peut-être jamais plus nombreuses dans aucune
autre colonie. « C ell une chose prodl^^leu^e de voir l'aug- • mentation de la population dans ce pays, écrivait la « Mère dc Tlncarnation ; outre ces mariages (des colons