‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 80 sur 182 · POPULATION AUGMENTÉE · texte numérisé non relu

POPULATION AUGMENTÉE

c envoyés ]>ar le Roi),. ceux qui sont établis depuis long-

• temps dans le pays ont tant d*enfants, que cela eft mer-

« veilleux, & tout en foisonne(i). « C était pareillement ce foi.cttres de Marie

qu'écrivait M. de Laval dans sa lettre à M. Poitevin, dont dçi in«rnatiûn,ictirc

on a parlé : « Les familles de nos r rançais sont tres-nom-

« brcuses en ce pays; dans la plupart, il se trouve huit,

« dix, douze, &, quelquefois jusqu'à quinze & seize en-

« fants. Les sauvages, au contraire, n en ont que deux ou

« trois, & rarement ils passent le nombre de quatre (2). » (t;Rctjiirjnaci('.o8,

C'était aussi ce qu'écrivait M. de Qaeyius à Colbert, P'

comme nous rapprenons par la réponse que lui fit ce

miniftre : « J^ai eu beaucoup de joie, lui dit-U, de voir par

K la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire te

« 12 o(5lobre dernier, que vous me confirmez les assu-

• rances que j'ai eues d'ailleurs, que le nombre des habic tants de la Nouvelle-France clf augmenté des deux tiers « depuis le temps que le Roi s'applique & donne ses soins « à Taccroissement de cette colonie ; & vous ne serez pas « fâché d'apprendre, par M. Talon, les etiorts que Sa « Majeflé a faits encore cette année qu elle continuera

« de faire les années suivantes pour y envoverdes hommes, r3) Archive» ac u

&„ „, ; , I 1 • niaiine, rcgillre des

contiiouci, pur ce moyen, a cette uiuiuplicatioa si ordre» duRoi pour te»

« avantageuse & si nécessaire. Je m'en remets à ce que compagnies det in- « M. Talon vous en fera savoir (3). . ' '

En envoyant ainsi des colons en Canada, le Roi S*ap' AVeMCNTATIAM DE LA pliquait surtout à Taugmentation de la population de la '••'pi ' ^îw^avhxevîUe de Québec, jusqu'alors si négligée par les diverses Compagnies de commerce qui avaient possédé ce pays.

Quant à Villemarie, dont il avait aussi grandement à cœur d'augmenter le nombre des habitants, il s'en reposait en très-grande partie sur le Séminaire de Saint-Sulpice. « Sa a Majefté s'attend bien, écrivait encore (Colbert à M. de « Queylus, que la colonie de Montréal augmentera consi- '*

• dérabicmcnt par vos soins & par votre application, ce ..rjrcs au roi pour « dont elle se repose presque entièrement sur vous (4). « ! \ ^ ";"p

Les espérances du Roi furent heureusement juuifiées par dfi ts mai 1669.

Digitizca by Gi

révénement. Pour augmenter le nombre des colons à Villemarie, le Séminaire faisait venir chaque année une recrue de serviteurs qu'il établissait ensuite dans le pays ; Si le recensement lIc iGbG en désigne vingt-huit sous le

titre de domcjîiqucs cngai^cs. Parmi eux étaient des hommes de diverses professions nécessaires à la colonie : un taillandier, deux tailleurs, deux cordonniers, un boucher, un menuisier, un meunier, un tourneur. Le recensement de Tannée suivante en mentionne trente-deux, dont la moitié étaient nouvellement venus de France, entre ,} Ardiixcs L ]) autres Nicolas Perrot, alors âgé de vingt-six ans (i).

manne, rcccn&cmenl ^ . . «»••• • •

de icêy.ArticieMont- >o6o [2), oti Comptait à ViUemarie cmq cent quatre- <^'''>>- vingt-deux personnes; Tannée suivante, la population était

(») Jiid., recense- • «n*/; n

* de sept cent soixante-six ; mais 1 année 1672, elle se com-

(3)HirtoirediiMont- posait de quatorzc à quinze cents âmes (3). Depuis l'anrcy'»/"' n^*e i663 que le Séminnirc s'était chargé de l île de Mont-

réal, il n'aurait pu fournir à la dépense sans le concours généreux de quelques-uns de ses membres qui jouissaient d'un gros revenu, entre autres M. de Qucylus 8c surtout M. de Bretonvilliers, qui y contribua durant Ningt-cinq Vie de M. de BUS (4). « Pendant treize ou quatorze années que Mes- B .on vi 11 rs parv. , sieyrs du Séminaire ont pris soin de l'île de Montréal,

Baudran, p. 148. , . .

« écnvait M. Tronson à Colbert, ils y ont fait des

(5; Lettres Ue M * ^épenses si considérables, que cette habitation eft main-

Tronson, piocet pré. > tenant composée de plus de quinze ou seize cents

tenté i 2^*>^rt Je , i^es, de grand nombre de maisons, & s^augmente tous

30 mAts 1677, & Mé- , . * O

moiiv sur Montréal. « leS jOUrs (5). »

Page 1