‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 98 sur 182 · UTIUTÉ DE CET IN · texte numérisé non relu

UTIUTÉ DE CET IN

tCOLBS PRIMAIRES. 267

elles desiraient d'étendre ailleurs le bien qu elles procuraient à la colonie de Villemarie, ce Prélat les autorisa à faire des missions passagères dans les lieux écartés, dépourvus de tous secours pour l initruction de la jeunesse; & comme les prêtres du Séminaire allaient, à certains jours, à la Chine & à la Pointe-aux-Trembles pcnir les fondtions de leur tniniftère, les Sœurs s'y rendaient de leur côté , à certaines époques , pour en inftruire les plus jeunes filles & les préparer à leur première communion. Plusieurs de ces ferventes Missionnaires allèrent ainsi jusqu'au-dessous de Québec exercer cette sorte d'apoftolat, spécialement à la baie Saint-Paul; & peut-être, dans la Relation de l état de l'Église du Canada de l'année 1661, iM. de Laval parle-t-il d'elles ou de quelques-unes des élèves formées par leurs soins, qui étaient alors en mission aux Trois-Rivîères ; « Nous avons envoyé récemment « dans ce lieu, dit-il, de jeunes personnes comme mai« « tresses pour prendre soin des petites filles, afin qu'elles « leur enseignent tout ce qu'il eft nécessaire aux chrétiens « de savoir : en attendant que le temps & Toccasion favo- « rables se présentent pour établir dans ce lieu des Reli- « gieuscs de Sainte-Ursule (i). n Si les maîtresses dont il {i) mi, Infmimth parle étaient des Sœurs de la Congrégation , comme il eft '^^ 1***?^*^^^* naturel de le penser, ces dernières paroles de M. de Laval pourraient montrer peut-être ie dessein qu'il avait déjà conçu de les faire entrer dans TinfUtut des Ursulines, au lieu de leur permettre d'en former un à part, ce qui fut, dans la suite, un grand sujet d'épreuves pour la Soeur Bourgeoys, leur inftitutrice. Car ce I^élat eût désiré d'en user à leur égard comme cn\ ers les Hospitalières de Villemarie, qu'il avait voulu unir à celles de Québec, afin que de la sorte il n'y eût eu en Canada qu'un seul inftitut pour l'éducation des jeunes filles, & qu'un seul pour le soulagement des malades dans les Hôtels- Dieu. Quoi qu il en soit, le bien du pays demandait qu'un . établissement qui procurait de si grands avantages & n'imposait aucune espèce de charges aux habitants, fût con-

lirmc par lettres patentes du monarque. Ils résolurent donc de s'assen-'hlcr pour ce dessein, ^s. sur l'autorisation officielle que leur en donna M. Talon, en 1Ô67, ils dressèrent leur supplique au Roi le 9 octobre de cette année. M. Pérot, comme curé de la paroisse, certifia de son côté les avantages de cet inftitut, & le lendemain M. d'Aillebouft en donna une déclaration^ en sa qualité de juge. La Sœur Bourgeoys n'avait demandé ni la convocation de cette assemblée, ni ces lettres de recommandation; aussi ne fit-elle d'abord aucun usaj^e de ces pièces; mais, en 1670, ceux qui la dirigeaient jugèrent qu'elle ne devait pas différer davantage, que le moment était venu d'aller solliciter des lettres patentes du Roi (*).

vom XIV coiiniMi Elle céda alors aux inHances qu'on lui fit. « On me 'iTZ^Z'Z,!^ " <^^> écrit-elle, qu'il fallait demander des lettres patentes

(*) Les mouvements que se donnaient quelques personnes, pour

faire ctaMir Jcs Ursulines à Villcmarte purent entrer pour quelque <hosc dans les inilances faites à la Sœur Bourgeoys. Quoique ces Rdigieuies fussent trés-utiles & même nécessaires à Québec, comme on 1*1 dit, la clôture, qu'elles devaient garder par état, eût diminué de heaucoiip leur? services à Villemarie. « 1,'on :i eu quelque dessein de nous établir à Montréal, ccnvait la Mère Marie de 1 Incarnation « le a5 septembre de cette année 1670; mais l'afTaire a été retardée « pour quelque temps. M. l'abbé de Queylus, qui en ci\ le supérieur . « spirituel & temporel pour Messieurs <ie Saint-Su Iptce, nous pro- « met sa proteftion lorsque les choses seront en état. Noos ne som- « mes pas marries de ce retanlemcnt, n'étant pas encore assez fortes « pour entreprendre un établissement de cette conséquence. Mgr notre c Prélat, qui ne fait rien qu'avec prudence, eft aussi de ce sentt-

(1) Lettres spiri- « ment(i). » Les Ursulines de Tours, désireuses aussi d'aller exercer tuellcx, lettre ia7», leur zèle ù Vilîeniarie, tlcmandaienr d'y être seules de leur maison, p. 287, a88. L^ Mère Marie de l'Incarnation leur répondit : • Si vous saviez ce

t que c*eil que Montréal, vous n'auriez garde d'y envoyer des Relt- « gicnses. & qunnd vous le voudriez, Mi^r notre Évêque ne le pcr- « mettrait pas, siurtout à de nouvelles venues qui ne seraient pas c encore fiiites au pays. Mais nous ne serons pas en cette peine, parce « que Messieurs de Saint-Sulpice, qui en ont la conduiTc, n'v vcu-

(2) LclircK hiftor. « lent quc des tilics séculières qui aient la liberté de sortir pour aller lett. 88, p. 066. 6G9! « i^à & lâ, afin de solliciter & d*aider le prochain (3). »

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