ÉCOLES PRIMAIRES
< Sl amener de France quelques fUlès. Je reçus beaucoup
« de certificats, tant du Séminaire de Saint-Sulpice que
c de Montréal & de Québec (i). » Inftruit déjà de Puti- (O vie de u
litc de cette société naissante, Colbert en écrivait ainsi à ^^^^
M. Talon : ^ Quant à rétablissement de la Congrégation
ff de filles qui se forme à Montréal pour enseigner aux
« personnes du même sexe à lire, à écrire, ék quelques
0 ouvrages de main, le Roi trouve bon que vous ^ous
« appliquiez à le lortiiier, ces œuvres de piété pouvant
« contribuer beaucoup i Taugmentation du culte de notre
« religion (2). » Ce minière accueillit avec bonté la Sœur (*) AicUvm de la
Boureeoys, & appuya sa demande auprès du monarque, ma^îne. cmada rc-
. • 1 ■ 11 • 8''*'^« dépêche»,
qui voulut bien approuver par des lettres patentes une si i67i,foi.3i,àM.Tfl^ utile inftitution. Dans le préambule de ces lettres, le Roi ^ rappelle que la Sœur Rourgeoys, en vue de procurer l'avancement de la toi catholique par la bonne inllruL^ion des personnes de son sexe, tant sauvages que Françaises, s'était retirée pour ce sujet, dès Tannée i653, dans la Nouvelle-France, établie dan.s 1 ile de Montréal avec quelques autres filles vivant en communauté. « Elle y a feit « l'exercice de mattresse d*école, ajoute-t-il, en montrant t gratuitement aux jeunes filles tous les métiers qui les « rendent capables de gagner leur vie; & avec un si hcua reux progrés, par les grâces continuelles de la divine
• Providence, que ni elle ni ses associées ne sont aucune- « ment à charge au pays, ayant fait bâtir dans Tile de 0 Montréal deux corps de logis & fait défricher plusieurs « concessions de terres, bâtir une métairie garnie de toutes « les choses nécessaires. Cet établissement, ainsi fait, a « depuis été approuvé tant par le sieur Évéque de Pétrée, <t vicaire apodolique, par le sieur de Courcelles^ notre « lieutenant général en Canada, & le sieur Talon, inten*
• dant, que par un résultat d^assemblée des habitants du « lieu. Voulant donc contribuer de notre part, comme « nous ferons toujours, autant qu'il nous sera possible, f aux bonnes intentions de la S(jeur Rourgeoys 8c de ses
• associées, en leur donnant le moyen d'étendre leur éta-
« blissement dans tous les lieux où il sera ]u^é le plus à *« propos pour la gloire de Dieu : nous le confirmons par
(f)Ëdiit a «Jon. ^ jgj. prjisentes, signées de notre main (1). » iMncM royaux^ p. 6g. r * o \ y
xn. . . .
ZkLE DU KOI POl'tt iJà' Le petit Séminaire de Québec, ainsi que nous l avons
MKATioii an m- ^jj^^ dm origine à rinvitation que Louis XIV fit à rAififtiAUYMM. Laval de donner ses soins à Téducation d*enfants
sauvages. C*eft que, voyant ces barbares si éperdument attachés à leur manière de vivre^ qu il paraissait comme impossible de la leur faire quitter, ce Prince pensait que le moyen le plus facile et le plus naturel pour les civiliser était de commencer par leurs enfants, il résolut donc d'élever à la Française un certain nombre de petits sauvages, en les taisant vivre parmi les colons, de les marier ensuite a\ ec des Françaises, & enfin de leur donner des terres, pour qu'ils s'appliquassent à Tagriculture. ISI. Talon, à qui il communiqua là-dessus ses ordres, proposa à M. de Laval de se charger de Téducation d'enfants Hurons; il pressa (i) Archives du les Jésuîtes de s*appliquer à élever des Algonquins (s) ; & lit XSfet iiSST! demande aux prêtres de Saint-Sulpice (•). M. de
Niimsdc ceux qui sont Laval entreprit donc la bonne œuvre, & forma à cette ocent«s au peut semi- ^^^j^^ ,^ 'Séminaire de Oucbec. . Comme le Roi ma
« témoigné, écrivait-il, qu'il souiiaitait qu'on tâchât d'élc-
(*) Jusqu'alors les prêtres de Saint-Sulpice s'étaient bornés à Téducetion d*enfiints Français, pour se conformer aux âéAn de
M. de Liival. Le supérieur du Séminaire de Villcmarie répondit à M. Talon que volontiers il tiendrait une école pour Téducation des sauvages grands & petits, & appliquerait deux de ses prêtres A leur emdgner la langue Francise & i\ les civiliser, si M. de Laval Pavait pour agréable; & là dessus M. Talon fit cette réponse à Colbcrt, (3j Afchives de la -7 octobre 1(167 (3). « Vous verrez à quoi le supérieur du Sémimarine. Lettre de M. > nûte de Montréal s'engage par un écrit ci-joint. J'eftitne que si Talon à Colbcrt, Vf « VOUS consentez que je lui promette, de la part du Koi, que ses oâ> tdôj, « ouvriers ne seront pas inquiétés à l'avenir en tenant école pour
m l'inftruétion des sauvages, on aura beaucoup fait pour les déprendre * de leur humeur farouche, que, reinulation se mettant entre eux « & les PP. Jésuites, ils travailleront à l'envi à la perfc^Uon de leur « ouvrage. »
KDIJCATION DES KNKANTS SAUVAGES. 1668. 27I
DES FiLLtS SAUVA»
« ver à ia manière des Français les petits enfants sau-
« vages pour les policer peu à peu, j'ai forme exprès un
« Séminaire, où j en ai pris un certain nombre à ce dcs-
« sein; & pour y mieux réusï^ir, j ai été obligé dV joindre
« de petits Français, desquels les sauvages apprendront
■ plus aisément & les mœurs & la langue, en vivant avec
« eux (i). » Les Jésuites, de leur côté, commencèrent (i)Retari&ndei66«(,
aussi à élever des enfants sauvages, pris parmi ceux du ^'^'*
voisina» de Québec, & les UrsuUnes se charaërent de
l éducation de petites fiUes (a). p. 3.
zni.
« Nous avons francisé plusieurs filles sauvages, tant ies uRSLLmrs ÉLèvEKT « Huronnes qu'Algonquines, écrivait la Mère Marie de « rincarnation ; nous les avons mariées à des Français, & il elles vivent en fort bon ménage. 11 v en a une, entre « autres, qui sait lu e & écrire, tant en sa langue Huronnc « qu'en la nôtre, avec tant de perfe^ion qu'il n'y a per^ « sonne qui pût se persuader qu'elle fût née sauvage. 0 M. Talon en a été ravi, & Ta obligée de lui écrire « quelque chose en sa langue & en la nôtre, pour Tem- « porter en France & le faire voir comme une chose « extraordinaire. Sa Majefté désire qu'on francise ainsi « peu à peu tous les sauvages, adn d'en faire im peuple « poli . L'on commence par les enfants. Monseigneur notre u Prélat en a pris un grand nombre ; les Révérends Pères « en ont pris aussi en leur collège de Québec. Tous sont 9 vêtus à la Française, & on leur apprend à lire & à écrire « comme en France. Nous sommes chargées des filles, •r conformément à notre esprit; nous en avions élevé « quelques-unes; mais à présent qu'il les faut toutes fran- « ciser & les vêtir d'habits à la Françabe, ce n'eftpasune 0 petite dépense : car il n'y en a pas une d elles, non plus R que des petits garçons, qui ne coûte pour le moins deux « cents livres pour son entretien ■ Les Ur&uhnes de
C) Mademoiielie de Luyiics nous envoyait des ttoties pour les
llV PARTIE. LOUIS XIV.
Dijon envoyèrent, en 1670, quelques secours pour ces enfants, qui, par leur docilité, donnaient à leurs maîtresses les consolations les plus douces. « Ce sont les délices de « nos cœurs, leur écrivait la Mère Marie de Tlncarnation, « qui nous font trouver dan- notre petit travail des dou- « cours que nous n'échan^ei loiis pas pour des empires. « Nous vous avons de trè^-étroites oblii;ations des chau rites que vous nous faites pour nous aider à éles er ces « enfonts; & ce qui nous oblige doublement, c*eft que « votre charitable cceur, afin de nous assifter, se prive de (OLettiM de Marie « ce qw pourrait vous être nécessaire (1). • La Mère de ijncarnauon, ict- \larie dc riiicarnation était certainement la personne la l^o»'p. esT.^'*"' ^'^ plus propre à ce miniftére, & la plus capable de le remplir avec succès, comme possédant parfaitement les langues sauvages, & étant en état de les apprendre à ses jeunes Sœurs. « J'avais l'hiver dernier, écrivait-elle plusieurs « années auparavant, trois ou quatre jeunes Sœurs con- « tinuellement auprès de moi, pour as.souvir le désir « qu'elles avaient d'apprendre ce que je sais des langues « du pays. Depuis i^Avent jusqu'à la fin de février^ je leur t ai écrit un Catéchisme Huron, trois Catéchismes Aly^,^ iciuç 6,, « gonquins, toutes les prières chrétiennes en cette langue, ioMAt'i6Si°,^57o! « & un gros Di^ionnaire Algonquin (3). »