LA POLITIQUE FRANÇAISE EN 8ËNËGAMBIE
Dans toute entreprise aussi vaste que la colonisation d'un grand pays, il est nécessaire, si l'on veut éviter les déboires et les mécomptes, d'avoir une ligne de conduite tracée d'avance, un plan mûrement élaboré et définitivement arrêté dont aucun événement ne fasse perdre de vue la réalisation. Il faut surtout se tenir en garde contre les fluctuations qu'entraînent les fréquents remaniements ministériels et les changements de gouverneurs, plus fréquents encore. Il conviendrait^ en un mot, d'adopter, pour les colonies en général et pour le Sénégal en particulier, une politique qui n'appartint en propre à aucun parti, une politique vraiment nationale^ à laquelle tout homme d'état, quels que fussent ses origines ou ses antécédents, s'empressât, en arrivant au pouvoir, de conformer ses actes pour le bien de la patrie.
Cette politique n'est pas à inventer ; elle nous parait se dégager (clairement de l'histoire du Sénégal, telle que nous venons de Texposer. C'est à elle que sont dus tous les progrès accomplis depuis trente ans ; chaque fois qu'on s'en est écarté, un temps d'arrêt s'est produit dans le développement de la colonie. Entrevue par André Brue, sous l'ancienne monarchie ; formulée par Bouët et RalTenel, sous la royauté constitutionnelle ; appliquée sous le second empire par le général Faidherbe, développée enfin sous la République par divers gouverneurs et par le colonel Desbordes, elle est, sans contredit, la seule politique véritablement nationale, véritablement française qui puisse être suivie en Sénégambie. On
pourrait la résumer dans ces simples mots : le progrùs et la civilisation par la fermeté et la justice.
Examinons d'abord dans quelles limites il convient de renfermer nos entreprises.
Le désert borne au nord la Sénégambie. Des raisons géographiques et surtout commerciales ont, depuis la fondation de Saint-Louis, mis nos négociants en rapports avec les habitants du Sahara occidental. Bien que ce commerce ait considérablement diminué aujourd'hui , les relations d'affaires ont entraîné des relations politiques. Des traités nous lient avec les diverses tribus maures qui habitent la rive droite du Sénégal. Nos anciens ennemis , les Trarzas , ont si complètement changé d'attitude à notre égard que leur roi actuel, Ely, qui a été élevé à Saint-Louis, disait naguère au voyageur Soleillet, qu'il avait reçu dans son camp avec la plus grande cordialité : « Tu vois que je ne suis « plus un Maure ; je suis un chef français. » Malheureusement des rivaux redoutables semblent se disposer à nous disputer notre influence dans ces parages. Une compagnie anglaise s'est établie depuis quelques années non loin du cap Bojador, et elle s'efforce d'y attirer les caravanes de l'intérieur. Pour lutter contre ces concurrents, la France pourrait relever au cap Blanc son ancien comptoir d'Arguin, comme l'avait projeté le général Faidherbe. De là il serait facile d'exercer une influence plus directe sur les sauvages populations du littoral, et il serait peut-être possible de nouer avec l'Adrar des relations suivies.
Au midi, la Sénégambie se termine à la presqu'île de Sierra- Léone. De ce côté, la France a presque atteint ses limites naturelles. Elle est installée auRio-Pungo et à la Mellacorée, où il est à souhaiter qu'elle s'établisse toujours plus solidement : quelques troupes de plus dans les postes de ces rivières suffiraient pour lui créer une situation inattaquable. Restent les Scarcies exploitées depuis longtemps par notre commerce et où nous avons eu le tort de nous laisser devancer par TAngleterre. Le Gouvernement français a protesté contre cette annexion ; il y a lieu d'espérer que le traité qui la sanctionne ne sera pas ratifié par les Cliambres.
Entre les deux limites extrêmes du Sahara et de Sierra-Léone, il existe deux lacunes considérables dans le territolrede laSénégambie française: la basse Gambie, enclavée entre des territoires français, est anglaise ; les lies des Bissagos et quelques postes voisins sur la côte appartiennent au Portugal qui possède également le petit comptoir de Ziguinchor, sur le fleuve français de la Gasamance. Cet enchevêtrement des possessions coloniales de trois États est évidemment regrettable et pourrait amener à un certain moment de fâcheuses rivalités d'intérêts. Le Gouvernement français devrait étudier sérieusement avec l'Angleterre et le Portugal le moyen d y mettre un terme. A diverses reprises, il a été question de Tacquisition ou de réchange de la Gambie. Espérons que les négociations seront reprises tôt ou tard avec plus de succès. Les nombreux commerçants français qui y sont établis applaudiraient de grand cœur à cette solution. Les comptoirs de la Guinée portugaise, tomJjés dans une décadence profonde, sont pour la métropole une charge sans compensation. Peut-être consentirait- elle à abandonner ce fardeau en d'autres mains, moyennant une indemnité raisonnable. En tous cas, c'est à la diplomatie française à agir ; le temps est passé heureusement où les nations se disputaient leurs colonies à coups de canon .
La frontière orientale de nos établissements du Sénégal, ou, du moins, la limite de notre zone d'action directe, est actuellement le cour supérieur du Niger ; nous sommes installés à la porte même du Soudan. Il convient de se demander si la France doit borner là son ambition ou si elle doit chercher à s'étendre davantage vers le centre de l'Afrique. Parmi les personnes au courant des affaires de la colonie quelques-unes ont regretté de voir la France s engager vers le Soudan avant que toutes les résistances aient été brisées sur les bords du Sénégal, avant que le bas fleuve ait produit tout ce qu'on peut en attendre. Diverses circonstances ont poussé notre Gouvernement en avant. En premier lieu, la crainte d'être devancé par l'Angleterre qui cherchait à gagner le Niger depuis Sierra- Léone à travers le Fouta-Djallon, l'a engagé à se hâter. En outre, la décrépitude précoce de l'empire d'El-Hadj-Omar, dont tout fait
prévoir reffondrement prochain, lui indiquait clairement qu*il n'y avait pas de temps à perdre pour s'établir sur le Niger et s'y créer une forte situation en attendant les graves événements qui ne peuvent tarder longtemps à se produire.
Les résultats de la dernière campagne, ceux surtout du voyage du D' Bayol, montrent que Ton peut considérer les populations bambaras comme gagnées à la cause française. Cette race énergique et fière pourra être, dans l'avenir, un puissant appui qu'il conviendra de ne pas négliger. Par contre, deux ennemis redoutables se présentent qu'il faudra briser, si l'on ne préfère compter avec eux. Le premier, avec lequel nos soldats se sont déjà trouvés aux prises dans deux campagnes successives, est le grand chef des Malinkés, Samory. Avec lui, il ne saurait être question d'entente. L'accueil qu'il a fait devant Kéniéra à nos ouvertures pacifiques doit dissiper toute illusion à cet égard ; nous aurions d'ailleurs peu à gagner à son alliance. Samory n'est pas un fondateur d'empire , c'est un chef de bandes qui ne vit que de razzias, c'est un chasseur d'esclaves. L'autorité de la France ne sera indiscutée dans le Haut- Niger que le jour où elle aura purgé le pays de ses bandes de pillards.
L'entreprise n'est pas aussi difficile qu'elle pourrait le paraître. Samory, bien que musulman, n'est pas un prophète comme El- Hadj-Omar. Il n'exerce pas sur les Noirs le prestige religieux qui faisait la grande force de notre adversaire de Médine. Par contre, il paraît avoir plus que lui le génie militaire. Il a su discipliner son armée et lui imposer des règlements qui rappelent de très loin ceux du Service en Campagne en usage parmi les troupes européennes. Malgré cela, les expériences faites pendant deux campagnes successives montrent que jamais ses soldats, teiTeur des peuples noirs, n'ont pu résister aux nôtres, en dépit d'une énorme supériorité numérique. Il suffira d'augmenter l'effectif de nos colonnes, en particulier celui de la cavalerie, qui a été insuffisant jusqu'à ce jour, pour n'avoir plus rien à craindre des entreprises de Samory sur la rive gauche du Niger, et aller le vaincre au besoin dans les profondeurs du Soudan. La principale difflculté
sera encore, comme elle Ta été jusqu'à présent pour le colonel Desbordes, celle des approvisionnementâ. Le jour où, par une organisation solide et permanente , appropriée au pays , et avec i aide du chemin de fer en construction, ce problème sera résolu, ni Saniory, ni aucun autre chef ne pourra disputer à la France la suprématie dans le Soudan occidental.
Tout autre doit être, ix notre avis, la politique â suivre envers Terapire toucouleur. Ce serait se payer de singulières illusions que de compter sur le bon vouloir d'Amadou et sur sa bonne foi dans Texécution des conventions qui nous unissent à lui. Le traité (le coïiiraerce de Mage n'a jamais reçu même un commencement d'exécution ; le Irailé politique que le commandant Galliéni a arraché à la pusillanimité du sultan de Ségou ne passera dans le domaine des faits que sous la contrainte d'une nécessité inéluctable. En dépit de ses protestations d'amitié, Amadou est et restera, dans son for intérieur, l'ennemi des Français, d'abord parce qu'il est musulman, ensuite parce que la France a déjà ramassé quelques-uns des débris de l'empire que son père avait fondé et quelle se dispose à recueillir l'héritage de la grandeur politique qu'il avait un moment entrevue. Mais, quoi qu'il en soit dé ses sentiments intimes. Amadou est trop timide et trop faible pour rompre ouvertement avec nous, si nous ne prenons pas l'initiative d'une rupture. Contraint et forcé, il subira l'exécution du traité de Nango, non sans chercher, sans doute, à nous créer des embarras par dessous main. Il faut s'attendre à rencontrer ces ruses de la diplomatie africaine et se tenir prêt à les déjouer par une attitude à la fois ferme et conciliante. En effet, la France n'a actuellement nul intérêt à engager avec les Toucouleurs de Ségou une lutte qui, sans présenter des difficultés insurmontables, aurait le grave inconvénient de précipiter leur chute et de plonger le Soudan occidental dans un chaos dont nous serions, pour le moment, impuissants à tirer parti. Tout nous commande donc d'attendre que les nombreux germes de dissolution qui se développent dans l'empire de Ségou aient fait leur œuvre, sans rien entreprendre qui puisse hâter l'heure fatale. Le traité de Nango nous
attribue le protectorat du Haut-Niger depuis ses sources jusqu'à Toinbouctou ; il s'agit, sans amoindrir le pouvoir d'Amadou, d'exiger de lui Texécution de ses promesses et Touverture de ses Etats aux commerçants français. Une canonnière ou deux, lancées sur le Niger, suffiraient, en paraissant devant sa capitale, pour faire évanouir toute velléité de résistance de la part du souverain toucouleur. Il conviendrait alors de placer à Ségou un résident chargé de surveiller le sultan et de protéger ceux de nos nationaux qui se hasarderaient sur ce marché lointain. Dès lors, le cours du Niger serait ouvert à notre commerce dans toute sa partie navigable, longue de 2500 kilomètres, et nous pourrions aborder les admirables régions du Soudan central. Telles sont les magnifiques perspectives que découvre l'occupation de Bammako et dont la France doit, dès aujourd'hui, préparer par son habileté et sa prudence la réalisation future.
Notre colonie du Sénégal doit être considérée au point de vue de l'avenir comme un lieu de passage donnant accès au Soudan. C'est parce qu'on a méconnu cette vérité queMédine, pendant longtemps notre comptoir le plus avancé dans le haut fleuve, a végété jusqu'à présent. Envisagée en elle-même, en efl'et, et séparée du Niger par des pays infranchissables, la vallée du Sénégal est une sorte d'impasse. Il n'en sera plus ainsi, lorsque les produits du Soudan arriveront en ôhemin de fer à Médine pour, de là, descendre à Saint-Louis, lorsque le fleuve sera devenu la grande route du commerce de l'Afrique centrale.
Cependant, si le Sénégal est le vestibule du Soudan, il n'en est pas moins indispensable, pour la sécurité de l'édifice colonial tout entier, de s'établir solidement dans ce vestibule. Or, deux graves lacunes se présentent dans nos territoires de la rive gauche du fleuve. Les deux centres principaux de la colonie , la capitale et sa banlieue , et les rivages de la baie de Gorée , sont séparés par un Etat semi-indépendant, le Cayor , qui ne s'est plié qu'à grand pehie jusqu'à ces derniers temps, au protectorat que nous voulions lui imposer. Cette situation fâcheuse aura bienlôt un terme, lorsque, dans un an ou deux, un chemin
de fer traversera le pays. Alors il sera facile de réprimer toute tentative de désordre par l'envoi en quelques heures des troupes suffisantes pour écraser le mouvement dès son début. A ce moment lannexion de Cayor s'imposera d'elle-même, et cette fertile contrée, jointe au Oualo et au Diander. deviendra, pour le plus grand bien de leurs habitants, une base solide pour notre établissement en Sénégambie. On pourra alors songer à exercer une action efficace sur le Djiolof resté jusqu'ici presque en dehors de notre cercle d'influence. Il pourrait être dangereux, en effet, de constituer nos établissements uniquement d'une chaîne de postes allant de l'Atlantique jusqu'au Niger sur une ligne de 1500 kilomètres. La fragilité de l'empire colonial que nos pères avaient fondé en Amérique, et qui s'étendait du Canada à la Louisiane en suivant uniquement le cours du Mississipi, doit nous porter à éviter de tomber dans la môme erreur. Il faut à notre colonie d'Afrique une base territoriale compacte : nous la trouverons dans les pays qui séparent le Sénégal de la Gambie, et que le chemin de fer de Saint-Louis à Dakar achèvera de nous donner.
La seconde lacune à combler sur la rive gauche du fleuve est produite par le Fouta indépendant. Ce pays, qui possède une population nombreuse de fanatiques musulmans^ a été de tout temps un foyer d'intrigues anti-françaises. Cest de là qu*El-Hadj-Omar tirait ses plus vaillants guerriers, de là que sont sortis Maba et Amadou- Sékou. Abdoul-Boubakar, le chef actuel, se rit de ses engagements envers la France et persiste à s'opposer au passage de la ligne télégraphique sur son territoire. Cependant les Toucouleurs du Fouta ont été battus toutes les fois qu'ils ont voulu se mesurer avec nos troupes. M. Jauréguiberry, en 1862 et en 1863, les a vaincus dans plusieurs combats ; même la bataille de M'birboyan en 1881, a été pour eux une défaite, grâce au dévouement du capitaine Badenuhyer. Que faut-il donc pour en finir avec une résistance qui compromet sérieusement les intérêts de la colonie? Une seule mesure sera efficace : Toccupation du pays. Le poste de Saldé est insuffisant pour le tenir en respect ; qu'on en construise un autre, deux au besoin, dans l'intérieur, sur la ligne explorée par M. Jac-
guemarti et le Fouta central sera dompté comme Tont été le Toro et le Damga.
Un coup d'œil jeté sur la carte suffit pour démontrer Timportance capitale que possède en Sénégambie le système montagneux du Fouta-Djallon. Si une puissance européenne parvenait à s'y établir, elle pourrait gêner considérablement nos entreprises sur le Niger. Heureusement les craintes que Ton avait conçues un moment à cet égard ont été dissipées par le traité de 1882. M. le docteur Bayol a réussi à placer ce beau pays sous notre protectorat. Il reste à tirer parti des droits qui nous ont été ainsi reconnus et à en faire sortir des avantages réels pour notre commerce. L*accueil plein de cordialité qu ont reçu à Timbo les deux ambassadeurs que la France y a envoyés, MM. Lambert et Bayol, le désir exprimé à plusieurs reprises par les habitants du Fouta- Djallon d'entretenir avec notre pays des relations commerciales plus suivies, Tabsence de fanatisme religieux que Ton remarque en général chez ce peuple qui, bien que musulman, est intelligent et désireux de progrès, permettent de supposer qu'il verrait sans déplaisir un représentant de la France s'établir chez lui à demeure. Ce résident, qui pourrait prendre le simple titre de consul pour ne froisser aucune susceptibilité, aurait pour mission d'aplanir toutes les difficultés que pourraient susciter le voyage ou le séjour de nos nationaux au Fouta-Djallon, mais surtout d'exercer une influence morale sur le gouvernement, de Taider de ses conseils, de le pousser dans la voie de la civilisation, de ramener progressivement à accomplir des réformes dont les indigènes bénéficieraient autant que les étrangers et qui, à la longue, transformeraient complètement le pays. En un mot, il jouerait auprès de Talmamy le même rôle que les résidents anglais auprès des princes indigènes de Pérak et d'autres petits états des Indes et de rindo-Chine (1).
(1) Brau de St^Paul Lias. — Gomment les Anglais fondent une colonie. (NouvéUie Revue àxi 1" mars 18S3.)
La mise en pratique de cette politique à la fois ferme et conciliante dans toute retendue de la Sénégambie française nécessitera remploi de forces militaires plus considérables que celles dont dispose actuellement la colonie. Ce serait de la folie de vouloir dominer, ne fût-ce que nominalement, sur un territoire dont rétendue égale presque celle de TAIgérie, et qui est peuplé d'environ deux millions d'habitants (1), avec les cinq compagnies d^infanteriede marine, la compagnie de disciplinaires, les deux bataillons de tirailleurs, Tescadron de spabis et les quelques détachements d'artillerie que la France y entretient actuellement. N'oublions pas que, outre les garnisons de Saint^Louis, de Gorée et de Dakar,
(1) Voici, calculée aussi exactement qu'il a été possible de le faire, la population approximative des diverses parties de la Sénégambie soumises à la France ou protégées par elle. Nous avons dû, faute de renseignements, laisser plusieurs chiffres en blanc.
Ville de Saint-Louis 15.980 hab. (Annuaire du Sénégal, 1882).
Banlieue de Saint-Louis 22.738 » -~
Oualo 10.976 > —
Richard-Toll 335 » —
Dagana 2.009 » —
Dimar 5.864 » —
Podor 1.861 » —
Toro 32.700 » (Jacquemart).
Lao 20.170 » —
Irlabé 10.650 » —
Foula indépendant 81.450 » —
Matam et environs 508 » (Annuaire 1882).
Damga 32 .050 » (Jacquemart).
Bakel et environs 2.302 > (Annuaire 1882).
Guoye 7.500 » (Jacquemart).
Médiue 487 » (Annuaire 1882).
Kaméra environ 12.000 »
Kasson 10.000 > (Derrlen).
Logo 5.000 » —
Natiaga 3.000 > —
Vallée du Bakhoy entre Bafou-
labé et le Baoulé 3.200 > —
Fouladougou 10.000 » —
PaysdeKita 10.000 » —
Gangaran environ 10.000 »
A reporter 810. 180 bab.
il faut pourvoir au service de trente-trois postes fortifiés répandus de Saint-Louis au Niger et du Sénégal à Sierra-Léone.
Constituée, comme nous venons de le voir, de fragments séparés, mais tendant vers l'homogénéité, de territoires les uns récemment conquis, les autres entrés depuis longtemps dans la sphère de notre action directe, il serait impossible d'appliquer aux diverses parties de notre colonie une organisation administrative identique. Deux décrets, notamment celui du 12 octobre dernier, ont divisé en trois parties nos établissements de la côte occidentale d'Afrique connus sous le nom officiel de « Sénégal et dépendances ». Le Bas-Sénégal depuis Saldé jusqu^à la mer, et la côte, depuis Saint-Louis jusqu'à la pointe de Sangomar à rentrée du Saloum, sont placés sous Tadininistration directe du gouverneur. Le Haut-Fleuve, auquel sont joints nos établissements du Soudan occidental, forme un arrondissement distinct sous la direction d'un commandant supérieur. Enfin un lieutenant- gouverneur est chargé d'administrer les postes et comptoirs du Saloum, de la Casamance et des rivières du sud.
Report 310.180 hab.
Bélédougou 45.000 > (Galliéni).
Manding. 20.000 > (D' Bayol).
Bambouk
Bondou environ 10.000 > (J. Duval).
Fouta-Djalon 600.000 » (D' Bayol).
Gayor 300.000 » (J. Duval).
Dakar et Gap- Vert 6.887 » (Annuaire 1882).
Gorée 3.243 j —
Rufisquc et banlieue 7.794 • ~~
Diander 20.108 » —
Baol
Cercles de Portudal et Joal. ... 5.000 »
Sine et Saloum
Sedhiou 1.827 » (Annuaire 1882).
Garabane 547 s —
Casamance «
Rio-Nunez
Rio-Pongo 30.253 » —
Mellacorée