XEUVE PAR I.A MERE JUCHEREAU
112 11^ PARTIE. LOUIS XIV^ CHEF DE LA COLONIE. l665.
« lité Tempêcha de témoigner jamais aucun ressentiment
(( de ce qu'on lui avait préféré des personnes qui ne le
(i)Hiftoirc de l'Hô- « valaient pas (i). » Si la Mère Juchereau fait Téloge de
tel-Dieu de Québec, ^ ^^ Maisonueuve avec tant de liberté, c'eft qu'elle écri-
p. 124, la^. . . , .
vait après la mort de ceux qui avaient été Tocca^ion ou les inflruments de ses épreuves, n'ayant terminé qu'en l'année 17 16 son Hifloire de l Hôtel-Dieu de Québec. Et comme la Mère de l'Incarnation, au contraire, écrivait dans le temps même où M. de Maisonneuve quitta le pays, elle a gardé le plus profond silence sur son départ. Pour cette même raison, les Relations n'en ont pas parlé non plus, ni même le Journal des Jésuites, quoique defliné à demeurer secret. M. DoUier de Casson, qui composa son Hijîoire du Montréal en 1672, a gardé aussi là-dessus la plus sévère réserve. Il se contente de dire : « Cette année « i665, le Roi envoya des troupes en Canada : la joie fut « grande; mais Montréal fut dans le deuil par le départ (( de M. de Maisonneuve , qui nous quitta pour tou-
(2)HiltoireduMont- . ^ > ^
réal, de i654à i665. « )OUrS (2). »
DÉSINTÉRESSEMENT DE Cc digttc Gouvemcur, qui n'avait acquis aucun bien
en Canada, ne voulut emporter avec lui, en le quittant, que le témoignage de sa conscience & le souvenir des services qu'il avait rendus au pays. Il lui était dû par le magasin la somme de six mille livres; il en fit don aux (3) AniiaiesderHô- pauvrcs de l'Hôtel-Dieu (3), & partit pour la France,
tci-DicuSaint-Joseph, ^'ayant pour toute suite que Louis Frin, son unique 8i
par la Sœur Monn. j i ^ . ., .
fidèle serviteur (*). Retiré à Pans, il se montra toujours
iM. DE M AISCNNEUN'E, SA RARi; HlMII.tTÉ.
(') Quoique M. de Maisonneuve n'eût jamais rien voulu acquérir pour lui-même en Canada, la Compagnie de Montréal, en se séparant, lui avait pourtant cédé, comme on l'a dit, l'usage de la maison seigneuriale, c'eft-à-dire du château ou Fort de Villemarie, ainsi que la jouissance de la moitié de la métairie & le revenu des moulins; & cela sa vie durant, tant pour reconnaître ses services que pour fournir plus sûrement, par ce moyen, aux besoins d'un homme si oublieux de soi-même. Mais, M. de Maisonneuve étant passé pour toujours en France, le séminaire, qui ne pouvait jouir de la réserve
DK MAISONNEUVE RENVOYÉ EN FRANCE. l665. I 1 1^
semblable à lui-même, 8c content d'avoir consacré ses plus belles années à la fondation de Villemarie & d'avoir exposé mille fois sa vie pour le service de son Dieu; il cacha constamment, sous le voile du silence, tous ses faits d armes ^ les autres ac"fes de son gouvernement. Il eût été trèscapable d'écrire des mémoires sur les vingt-quatre années de son séjour en Canada, & la part qu'il avait prise aux affaires générales Tavait mis plus à même que personne de faire une appréciation des hommes 8c des événements aussi éclairée qu'elle eût été sage 8c impartiale. Mais il ne mit rien par écrit, autant par charité chrétienne pour plusieurs personnes dont il aurait été obligé de faire connaître les sentiments 8c la conduite, que par un entier oubli de lui-même que lui inspirait sa sincère 8c profonde humilité : bien différent en cela de tant d'autres officiers qui, n'ayant rien fait de remarquable dans les guerres où ils ont eu quelque emploi, composent des mémoires pour se donner à eux-mêmes de l'importance, quelquefois aux dépens de la vérité. C'était à Dieu que M. de Maisonneuve avait fait le sacrifice de son repos 8c de sa vie, 8c l'approbation de Dieu seul fut toujours l'unique témoignage d'elHme 8c toute la gloire qu'il ambitionna.
xxxvi,
ATTACHEMENT DE tt. DE
La manière si peu délicate dont on avait payé ses longs services ne diminua point son affecfion pour le maisonneuve pour Canada. Il demeura sincèrement attaché à ce pays, 8c quoiqu'il fût de corps en France, son cœur était à Villemarie, au milieu de ses compagnons d'armes 8c de ses (i; Archives dit stenfants bien-aimés. Aussi ne se possédait-il pas de joie f^^^^Z
aclion entre MM. du séminaire et M. de Maisonneuve. Archives du séminaire de
qu'il lui avait faite, le pria de recevoir en compensation une pension
viagère de cinq cents livres par an, qui lui serait toujours pavée, "^^^ ^^^
1 ^ n. 1 . . ^ . , , . 1^ r< , ^ ■ ■ , Québec, pièces con-
quelque cataltrophe qui put arriver à la colonie. Par acle du 4 avril cernant l'Hûiel-Dicu
1668, passé au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, M. de Maison- 4 avril 1668. neuve agréa cet arrangement (i), non pour se faire des épargnes, mais
pour être plus à même d'aider ceux qui avaient recours i\ sa charité; t. ^^ "^^^ ^^' '■
■t ^ ^ , ' .,,..,•' Tronson auSemiaaire
car 11 transporta cette rente à une personne à qui le séminaire la jg Viilemaiic 16-7
paya, jusqu'à la mort du bienfaiteur (2). p. 6^. ' '