CHARITE DES FILLES DE SAI\T-.I0SEI'I
PAIX AVi:c LFs iROQUois. 1666-1667. i55
surtout la Sainte Communion; qu'enfin il se trouvait abondamment dédommagé de ses sacrifices par la consolation que chacun lui donnait. Onze de ces soldats qui ne purent être transportés à Villemarie moururent vidimes de la contagion, après avoir tous été assiiiés à la mort par le Missionnaire. Les Sœurs de Saint-Joseph, à qui M. Dollier envoyait tous ses malades, signalèrent leur charité courageuse par les soins assidus & intelligents qu'elles donnèrent à chacun d'eux. Elles reçurent ainsi non-seulement les soldats du Fort Saint-Anne, mais encore ceux des Forts Saint-Louis & Saint -Jean, où la contagion s'était répandue, 8c enfin les soldats de M. de Courcelles qui avaient été blessés à la guerre, &. ceux que le froid avait si cruellement éprouvés dans la campagne de Thiver précédent.
La crainte que les troupes des garnisons avaient con- les iroc^uois deman-
çue des Iroquois n'avait cependant aucun fondement, ces dent la paix. barbares, depuis l'incendie des bourgades des Agniers, étant remphs eux-mêmes d'une grande frayeur qui leur
ôtait toute idée de reprendre alors les armes (i). C'eft ce (i) Lettres de Mane
qui fait dire à M. DoUier, dans son Histoire du Montréal : ^^'^'''"'^^'•"^tion, lettre
' Nous ne parlerons plus des embuscades des Iroquois; " car la précédente campagne les avait tellement etfrayés, «' que chaque arbre leur paraissait être un Français, & « qu'ils ne savaient où se mettre. » Quelques Iroquois ayant paru vers le Fort Sainte-Anne, M. de Lamotte crut qu'ils venaient pour l'y attaquer. Mais on reconnut bientôt que c'étaient des ambassadeurs qui allaient traiter de la paix, & qui pour cela ramenaient quelques Français captifs de leurs bourgades. Ces ambassadeurs, allant de là à Villemarie, rencontrèrent une troupe de convalescents, au nombre de quatorze ou quinze, qui en revenaient, & qui, armant aussitôt leurs fusils, étaient prêts à tirer sur eux, lorsque le bâtard Flamand dit à l'un des Français qu'ils conduiFaient, de prendre promptement la parole, ce que l'autre fit en criant : « Camarades, ne tirez
-, . ... (2) Hifloirc duMont-
pas; ils viennent en paix (2^. .. ré,,, p^^M. Doiiier.