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CHARGÉE DE CON- DIUBE DES JEUNES PERSONNES EN CA- NADA

(2) Archives de la marine, regiftre des dépêches de Monseigneur concernant les es, 1Ô71, fol. 18.

« ont épousé des officiers fort qualifiés^ & ont ainsi été « les souches de plusieurs nobles familles. » Parmi les autres colons qui arrivaient dans le pays, les plus prévoyants commençaient par se pourvoir d'une habitation, & se formaient un petit établissement avant de se marier; & par ce moyen trouvaient un meilleur parti. Car c'était (rH.cttrcs de Marie la première chose dont les tilles s'informaient quand on d.nncarnai,on, lettre ^^^^.^ les demander cu mariage (i).

A MM.r:M.\iuE i.A SŒUR A ViUemaric , la Sœur Bourgeoys remplissait le

r.oiRGEovs t,ARDE j-^-,! j-jifi^gj-g çj^Q chaoté auQucl madame Bourdon se livrait

CHEZ ELLE CES JEL- ^ il H •

NLs MILES jusqu'à avcc taut de zèle à Québec. Llle 1 avait commencé dès LEUR .vAuiACE. jgg prcmicrs envois de jeunes personnes faits par les seigneurs de Montréal, & elle le continua de son propre mouvement, en recevant aussi celles que le Roi envoya ensuite de son côté pour accélérer, par ce moyen. Taccroissement de la population de cette colonie, u Quelques années après mon premier voyage en France, écritelle, il arriva à Villemarie environ dix-huit filles du Roi que j'allai quérir au bord de Teau, croyant qu'il fallait ouvrir la porte de la maison de la Sainte Vierge à toutes ces filles. Mais, notre maison étant trop petite pour loger celles qui arrivaient^ nous fîmes accommoder « une maison que nous avions achetée de Saint-Ange, & là je demeurai avec elles. J'étais obligée d'y demeurera cause que c'était pour former des familles. » Cette réflexion montre avec quel zèle & quelle sainte sollicitude la Sœur Bourgeoys veillait sur toutes ces jeunes personnes. Elle ne se contentait pas de loger ainsi avec elles, elle les nourrissait & avait pour chacune la tendresse d'une mère & les soins les plus prévenants. Les Sœurs de la (Congrégation n'avaient alors, comme c'était l'ordinaire dans les autres Communautés, que de simples couvertures à leurs lits, à cause de la cherté de la toile en Canada ; &, par un effet de sa charité généreuse, la Sœur Bourgeoys, pour gagner l'afFedion de ces jeunes personnes, employait à leur usage les draps qu'on avait à la Congre-

POPULATION AUGMENTÉE. l659 ET Sulv. 21 5

i^ation. Enfin, s'occupant plus encore de leurs âmes que de leurs corps, elle leur donnait à toutes les inftrudions qu'elle jugeait leur être les plus utiles. Par là^ elle s'insinuait dans leur cœur, gagnait leur confiance, & liait avec elles une sainte amitié qu'elle cultivait isoigneusement ensuite, & qui la rendait la confidente, la conseillère & la protectrice de toutes ces nouvelles mariées. Un autre avantage de leur séjour chez la Sœur Bourgeoys, c'efi: qu'elle les faisait entrer dans la pieuse Société formée par elle en i658 sous le nom de Congrégation externe, ce qui lui donnait l'occasion de les revoir tous les dimanches, & de développer ainsi les germes de vertu qu'elle avait jetés dans leurs cœurs. Quoique ces filles ne fissent pas un long séjour dans sa maison, elle en avait ordinairement quelques-unes pour les former & les inftruire. Ainsi lisonsnous dans le recensement de 1667 fait par M. Talon, qu'il y avait alors à la Congrégation quatre filles à marier (r). La Sœur Bourgeoys les gardait ainsi jusqu'au (i) Archives de i.^ jour de leur mariage; & c'efl ce qui explique pourquoi, ^anne, recensemem dans un certain nombre de contrats, il eft dit que la future demeurait c/ie{ la Sœur Bourgeoys, ou simplement à la Congrégation, & que dans d'autres on marque expressément que c'eft à la Congrégation même que le contrat de mariage a été fait & passé (*;.

(*) Ainsi, dans les contrats de mariage de Marie Gouert, venue (2)GrctTe de \'ille-

de la paroisse Saint-Sulpicc, à Paris (2), de Geneviève Lesnai, qui marie, 21 mai 1667.

épousa Pierre de Vauchy (3); dans celui d'Anne-Marie Fannexexe, Afle de Bénigne Bas-

d" Hambourg, il efl: marqué qu'elle demeurait chez la Sœur Bour- set.

geoys. Marie Fannexexe, fille de qualité, dont le père avait été capi- 0) ^bid., 18 nov.

taine dans les troupes Impériales, épousa, à Villemarie, Hubert le "'^7-

Roux, fils d'un notaire royal de Vitry-le-Français (4). Entre autres /■+) ■^'^'^^v 7 ""v.

contrats de maùagQ, faits & passés à la Congrégation, nous avons ' y<^) ihid. 10 aviil

sous les yeux celui d'Elisabeth Haquin avec Antoine Courtemanche, ,r,63.

dit Joli-Cœur, auquel assifta toute la noblesse du pays (5); les con- (6) /^nf., .piovemb.

trats de Jeanne Layset avec Jean Beauchamps, de La Rochelle (6); i^gg.

de Marguerite Tesnard avec Charles Boyer (7), du bourg de Valse, (-7) Ibid , 2') ikv,

diocèse de Poitiers; celui de Jeanne Colct avec Mathieu Binet, dit iGijG.

2l6 Iir PARTIE. LOUIS XIV.

PIEUSES DEMOISELLES Mademoisclle Mance & les prêtres du Séminaire, crai-

DE Qi-ALiTE (lui s'e- gnaiit ûue la Communauté des Hosi-titalières de Saint-Jo-

TABLISSENT DANS LA '-^ ^ ^ . .

COLONIE. seph ne pût trouver des sujets dans le payS;, avaient attiré de

France des jeunes personnes de qualité, résolues d'embrasser cet Inftitut à Villemarie; mais la Providence, qui les deftinait toutes à devenir d'excellentes mères de famille, ne permit pas que, malgré leur ferveur & leur zèle, elles soutinssent les exercices pénibles du noviciat, d'où il arriva que toutes furent recherchées en mariage pour les charmes de leur vertu, & répandirent une grande édification dans la colonie. De ce nombre était Catherine Gauchet de Belleville, d'une noble famille originaire de Senlis, qui, après avoir refusé en France un riche établissement, épousa à Villemarié^ en i665, M. Jean-Baptiste Migeon de Branssat, procureur fiscal dont il a été parlé déjà. Perrine Picoté de Bélefire, sœur de M. Pierre de Béleftre, ne put supporter non plus les épreuves du noviciat, & épousa M. Michel Godefroy, sieur de Lintot, résidant aux Trois-Rivières. Il en fut de même de mademoiselle Mullois de Laborde, qui épousa M. Etienne Pézard de la Touche, déjà nommé, né, comme elle^ à Blois, paroisse de Saint-Honoré. Pareillement Marie Moyen des Granges, sœur cadette de madame Closse, entrée d'abord au noviciat de THôtel-Dieu, épousa en 1667 M. Sidrac du Gué de Boisbriant, capitaine au régiment de Chambly (*). Une autre jeune personne, après

( I •> IbiJ., '} nov. l'Espérance, du village d'Épernay en Picardie (i); de Jeanne Fau-

lOGS.

connier, d'Orléans, avec Antoine Dufresnc, dit Saint-Antoine, natif (>^ Ibi.L, Il nov. de Saint-Viry en Picardie (2). i^'*"'^- (*) Mademoiselle Moyen, alors âgée seulement de vingt ans, ayant

eu, à Paris, une succession avantageuse à sa sœur & à elle, mademoiselle Mance, sa mère adoptive, qui voulait l'établir, demanda auparavant, pour elle, an Conseil souverain des lettres d'émancipation, afin qu'elle pût administrer ses biens. M. Talon, M. Souart, Ci) Ju"cm nts & madame d'Ailleboull, M. Chartier & d'autres personnes honorables dclibcrations diiCon- "1^'' portaient un vif intérêt ù cette Jeune orpheline, se joignirent à seil souverain, 1 1 août mademoiselle Mance dans sa requête, & le i i du mois d'août i<)()7^ KJi);, t'ol. 7^, vcis-^. des lettres d'émancipation furent expédiées en sa faveur (3).

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