‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 146 sur 326 · POPULATION AUGMENTÉE · texte numérisé non relu

POPULATION AUGMENTÉE

quatre ans de séjour chez les Hospitalières, dont elle désirait aussi vivement d'embrasser Tlnrtitut, fut retirée par ses parents, qui la marièrent avec Etienne Truteau. « Elle sert " Dieu dans le monde, écrivait ensuite la. Sœur Morin, & « ert mère d'une nombreuse famille qu'elle nourrit & élève « dans Tamour & dans la crainte de Notre-Seigneur, avec « édification 8: sagesse en toutes choses (i). » Il en fut (o Annales des Hosencore ainsi de quatre autres vertueuses filles, que made- P'tai.èresde viiiema-

T- -'-'-. ne, par la Sicur Mo-

moiselle Mance avait attirées de France, pour Taider à rin. l'Hôtel-Dieu avant l'arrivée des filles de Saint-Joseph. Mademoiselle de la Bardilière, dont nous avons parlé, quitta aussi THôtel-Dieu 8c devint mère de famille. Enfin, durant les trente-trois premières années de leur séjour en Canada, les Hospitalières donnèrent l'entrée de leur Communauté à plus de vingt filles pleines de courage & de piété, qui toutes furent obligées d'en sortir, ne pouvant s"accoutumer à un genre de vie si pénible & si accablant pour la nature. « Dieu le permit ainsi, ajoute la Sœur « Morin, pour peupler la nouvelle colonie, & lui donner « des mères de famille remplies de son esprit & de son « amour. »

xiu.

Nous devons ajouter ici que Louis XIV, non content zèle de louis xiv pour d'envoyer des colons en Canada pour y former des familles, accélérer les ma-

•' . . , RIAGES ET AUOMEN-

usait encore de tout son pouvoir pour qu'on mariât de ter la population bonne heure tous les jeunes gens nés dans le pays. C'était '^^ canada. le moyen le plus efficace, en multipliant le nombre des colons, de procurer la sainteté des mœurs & l'union des ménages ; aussi voyons-nous que saint Jean Chrysoftome, pour obtenir un si heureux & si nécessaire résultat, engageait les fidèles de son temps à marier leurs enfants dès qu'ils étaient en âge nubile. Dans cette même vue, le Roi écrivit en 1668 à M. de Laval d'user de son influence pour que les garçons se mariassent à dix-huit ans et les filles à seize (2,; ^ l'année suivante, il assigna annuelle- (2)ArJiivc3 du sèment la somme de trois mille livres, afin d'accélérer les """na''"<^ '''•" Viiiem.i-

II J •. ■ ^ ■ J J 4 lA rie, lettre autographe,

mariages. 11 mandait a ses omciers de donner de ce ronds ,r/,8.

2l8 III' PARTIE. LOUIS XIV.

vingt livres de gratification à tous les garçons qui se marieraient à vingt ans &. au-dessous, & vingt livres à chaque fille qui s'établirait au plus tard à Tàge de seize ans; c'était ce que Ton appelait le présent du Roi. Il fit plus encore ; il ordonna qu'on établît une peine pécuniaire pour tous les pères de famille qui, sans raison légitime, négligeraient de marier leurs enfants lorsqu'ils auraient atteint (0 Archivjs .lu cet âge (i), disposition qui fut confirmée par un autre royaume regi/trc des ^^.^^^ ^^ Couscil d'État du 12 avnl 1 670 (2). Le 20 oclobre

arrêts du Lonseu, , . .

vol. 1929, arrêts de suivant, M. de Courcelles & le Conseil souverain deQué- 1669, p. 127. i^£(^ publièrent cet arrêt dans tout le Canada, en enjoignant

(2) Archives de la -"^ 1 r -n 1 1 • •

marine. Canada, t. Il, ^ux percs de lamiUe de se présenter de six mois en six de 1670 à 1676, 12 mois au greffe de leur iuridicfion l'^articulière r>our décla-

avril 1670. — Edits& "^ . ., ' . ,• , , , / •

ordonnances royaux, Ter, SOUS peiuc Q amende applicable aux hôpitaux, les Québec, 18S4, p. 67, raisons qu'ils pourraient avoir eues de retarder le mariage S) Archives du ^^ leurs eufauts (3). Mais on ne voit pas que cette menace Conseil souverain, d'amcude ait jamais eu d'application en Canada, tant à 20 od. 1G70. cause du présent du Roi que des autres avantages qui

devaient accélérer les mariages. Car, pour ôter aux époux toute crainte de se voir chargés de bonne heure d'une grosse famille, & pour leur faire désirer au contraire d'avoir un grand nombre d'enfants, Louis XIV, par un sentiment de générosité bien digne de sa sollicitude 8^ de sa religion, avait assuré, par son Ordonnance de 1669, une pension annuelle de trois cents livres à tous les pères de famille qui auraient dix enfants, & une autre de quatre cents livres à ceux qui en auraient douze. Enfin il ordonnait que les pères chargés d'un grand nombre d'enfants fussent toujours préférés aux autres, si quelque raison „:'„t';p.'o,!68:""" puissante ne l'empêchait pas (4).

MULTIPLICATION ihox- Ccs sages encouragements eurent les résultats les plus

NANTE DES lAMiLi.r.s hcurcux; Car les familles se multiplièrent en peu de temps

CANADIENNES. A QIE- . , ^ ^ ^

BEC. & ne furent peut-être jamais plus nombreuses dans aucune

autre colonie. « C'efI: une chose prodigieuse de voir l'aug- « mentation de la population dans ce pays, écrivait la (I Mère de l'Incarnation; outre ces mariages (des colons

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