XXVII. Nonobllant cette ordonnance, plusieurs^ après avoir
commencé d'abattre des arbres sur leurs terres, se lassaient de ce travail & laissaient le refle debout, ce qui LE DÉFRICHEMENT gxcitait dc juftcs plalutcs de la part de leurs voisins, qui souffraient beaucoup de cette négligence. Ces plaintes étant toujours réitérées pendant plusieurs années de suite, les seigneurs de Montréal crurent enfin être obligés d'y faire droit; &, en conséquence, le supérieur du Séminaire fit afficher, tant aux portes de l'Église paroissiale & à celles du château qu'aux divers moulins de l'île, l'ordonnance suivante : « Nous avons appris , par quantité de plaintes, « que plusieurs de nos tenanciers ne se mettent nullement « en peine, non-seulement dé tenir feu & lieu sur leurs « terres & de les mettre en valeur, mais même d'en « abattre les bois & d'entretenir net le peu d'espace qu'ils « y ont défriché pour prise de possession. Cette négligence « retarde l'avancement de la colonie; elle empêche que « plusieurs personnes étrangères ne viennent défricher
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« des terres dans cette ile ^ Thabiter; elle cause la grande « disette de blés 8c de grains que le peuple y soutfre depuis « deux ans; enlin elle ruine entièrement les terres voi- « sines déjà défrichées, tant à cause de Tombre conti- « nuelle que le bois debout leur donne, que des écureuils Il 8»: autres menus animaux qui se retirent sur ces terres « ainsi délaissées, & de là vont dans les autres, où ils « mangent &. gâtent la plus grande partie des grains, ce « qui ruine entièrement ces terres. » Pour remédier donc à ces inconvénients, les Seigneurs déclarèrent que, conformément aux ordonnances de M. Talon, les tenanciers eussent à mettre dans quatre mois leurs terres en valeur, es: abattissent le bois debout qui pourrait incommoder leurs voisins; sans quoi elles seraient réunies au domaine. Quant aux terres où Ton n'avait point tenu feu & lieu dans Tannée de la concession, & pour lesquelles on n'avait pris aucun contrat, les seigneurs les réunirent à leur domaine, conformément au retrait seigneurial déjà notifié par affiches publiques, en déclarant qu'ils en donneraient des (i) Archives du sccontrats de concession à ceux qui se présenteraient pour minaire de viiicma-
I I , • / \ rie, sur les conces-
les obtenir (i). ^.^^^^ ^^ j,,^,, ,6 5
Toutes ces terres concédées étant situées sur le bord , xxviii. ^