‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 161 sur 326 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

(2) Kdits, ( rdon nances royaux. Q.ucbec, 1854. F.dit du mois de déc. 1674, p. 74 & suiv.

242 m" PARTIE. LOUIS XIV.

(OLettrcsdc Marie u pouT ccla (i). » Lcs PP. Jésuitcs, témoiiis dc Cette acYidc rincarnation ict- ^^j ^ ^ ^^^ s'cfforcait d^cxclter dans le pays pour

trc 84'', 27 août itjyo, ^ ^ ^ , > , r j t

p. 649. Lettre ■;(>% Tindurtrie;, écrivaient dans leur relation de Tannée 1667 : 18 oa. iGGy, p. 62t. (, jyj Yalon a fait commencer la culture des chanvres, qui « vont se multiplier de manière que tout le pays s'en « remplira, & pourra non-seulement s'en servir pour lui- « môme, mais encore en donner beaucoup à la France; « pour ce qui efl: du lin, on peut juger, par Texpérience « qu'on en a faite depuis un an, qu'il produit très-bien & « se nourrit fort beau. Il n'eft pas jusqu'aux brebis de « France qui ne portent ordinairement deux agneaux, <( lorsqu'elles ont pris une première année la nourriture (2)Reiaiiondei()()7, ^^ ^q ^q pays (2). » L'année suivante, ces Religieux ajoutaient : c( Et parce qu'un pays ne peut pas se former « entièrement sans Tassiflance des manufadures, nous « voyons déjà celle des souliers & des chapeaux com- (( mencées, celles des toiles & des cuirs projetées; & « on attenci que la multiplication qui se fait des mou- (( tons produise suffisamment des laines pour intro- (( duire celle des draps. C'elf ce que nous espérons « dans peu, puisque les bestiaux se peuplent ici abon- (3) Relation de 1C6S, « dammeiit (3). »

Outre la confeflion des souliers 8: celle des chapeaux que M. Talon introduisit à Québec, la Mère de l'Incarnation ajoute : « 11 a fait faire dans cette ville une « halle & une tannerie, à cause du nombre prodigieux de « bêtes qu'il y a dans ce pays. Ces manufadures n'étaient « point en usage par le passé en Canada ; mais si elles (4)Lcitrcsdc Marie « réussisseut, cllcs diminueront beaucoup les grandes de rincarnation, Ict- „ dépcuscs qu'il faut faire pour se procurer tout de

Irc 84'', 27 août i6-,o, t-^ / \ h /r nn i j 1 r •

p.e^q. <' rrance (4). » M. lalon encouragea de plus le sieui

(3) Conseil souvc- Folliu à faire du savon ^ de la potasse, ^ lui accorda

rain, 2 3 mai 1671. ^ . • -i > 1 t j ^^ ^ j f ,

rn) Lettres de Mar- P^^^'' ^''^ temps le privilège exclusii de cette sorte de rade l'Incarnation, Ict- bricatiou (5). Euliu il Ht faire à grands frais une trèstrc83% octobre iCho, ^,-,-,pi^ brasseric (()), en exécution des inllrucfions de Col-

p. 645. Lettre ^A', . . . ,

p, 649. bert, qui, par le moyen de la bière, aurait \'Oulu sup-

BRANCHES d'iNDUSTRIE EN CANADA. 1667.

plccr en partie au vin 8: aux autres liqueurs fortes (*).

Ce minière gémissait sur les désordres occasionnés par la grande quantité de vin & d"eau-de-vie apportée en Canada, qui détournait les colons du travail, ruinait leur santé, & les appauvrissait en faisant passer dans les mains de marchands étrangers les effets 8c les deniers de plusieurs particuliers, qui manquaient ensuite des choses les plus indispensables à la vie. Le Conseil souverain, informé des vues si sages de Colbert, pria M. Talon, le 5 mars i668, de mettre à exécution un dessein devenu nécessaire au bien de la colonie, attendu qu'on procurait par là deux grands avantages au pays : le premier, de consommer la trop grande quantité de blé qu'on récoltait, dont on ne trouvait pas quelquefois le débit; & le second, d'encourager l'agriculture, chacun devant être assuré, en vendant ses grains, d'avoir de quoi faire subsiflcr sa famille, 8: même de lui procurer les autres choses nécessaires qu'on ne trouvait pas dans la colonie (i). Pour favoriser une branche d'induftrie si avantageuse, le Conseil ordonna que ceux qui établiraient des brasseries auraient seuls le privilège de vendre de la bière, pendant dix ans, pour se dédommager de leurs avances ; 8c laissa pourtant aux autres habitants la liberté d'en fabriquer pour leur usage, 8c pour celui de leurs familles 8c de leurs serviteurs (2).

ÉTABLISSEMENT d'uNE nnASSERIE A QIÉIIEC; POURQUOI ?

(i) Arrêts & icglements du Conseil souverain. Québec, i853, p. 43, 4^. — Relation de lôiJS. p. 3.

(2) Édits, ordonnances, ibid.

(*) Quoique la Mère Marie de l'Incarnation ait écrit que ces manufactures n'étaient point en usage par le passé en Canada [2>\ , il paraît qu'à X'illemarie, plusieurs y étaient exercées déjà ik d'autres encore : les seigneurs ayant envoyé de France des ouvriers tous capables de quelque métier utile à la colonie. Nous avons vu, en effet, que M. de Maisonneuvc fit des gratifications d'argent & des concessions de terres à un grand nombre de ses soldats, qui se fixèrent à Villemarie comme habitants pour y vivre de leur propre indudrie. Outre qu'en 1G71 nous y trouvons une tannerie, qui même avait déjà donné son nom au quartier où elle était établie (4), il e(l certain que, longtemps avant l'arrivée de M. Talon, il y avait à Villemarie, pour l'usage des colons, une brasserie dans le voisinage du Fort, ainsi qu'on l'a rapporté déjà.

(3) Lettr^îs de la Mère de l'Incarnation, p. 649.

(4) ArchivCsdel'HO' tel -Dieu de Villemarie. Hegidrc des donations. Concession faite par M. de Queylus de cent arpents de terre, du 5 août 1Ô71, p. 12.

Ilf PARTIE. LOUIS XIV.

DIÎASSERIES A VILLE MARIE.

(i) Grcfic lie Villemaric, 'l'i juin 1Ô72.

Délibération des habitants.

Nous avons vu qu'avant l'arrivée de M. Talon, il exiftait déjà une brasserie à Villemarie pour Tusage des colons. La population s'étant beaucoup augmentée, & cette brasserie ne pouvant plus apparemment suliire aux besoins après l'arrivée des troupes, on désira d'en établir une nouvelle, conformément aux intentions de Colbert. Comme cette entreprise demandait de grandes avances de fonds, & qu'à Villemarie les prêtres du Séminaire étaient alors seuls en état d'y fournir, les habitants, pour les exciter à s'en charger, leur proposèrent d'acheter pour cet usage le hangar dont ils étaient propriétaires, leur dessein étant d'en employer le prix à la bâtisse de l'église paroissiale. Ce fut le résultat d'une assemblée où se trouvèrent les notables du pays, MM. Picoté de Béleflre, marguillier d'honneur, Pierre Caille, Pierre Gadois, Jean Aubuchon, Gilles Lauzon, tous marguilliers, Louis Chevalier, syndic du pays, accompagné du juge M. d'Ailleboufl, du procureur fiscal M. Migeon, de M. Jacques Le Ber & autres, représentant la principale partie des habitants. Les prêtres du Séminaire, présents à l'assemblée, acceptèrent cette proposition, & Gilbert Barbier fut désigné comme expert pour faire l'eftimation des bâtiments ainsi vendus pour servir à la nouvelle brasserie (i).

MOULINS A EAU ÉTABLIS A VILLEMARIE ; l'OUR-

Quor r

L'arrivée des troupes du Roi, qui séjournèrent en très-grand nombre à Villemarie, donna lieu à l'établissement des premiers moulins à eau qu'on ait vus dans ce pays. Nous avons rapporté que d'abord les seigneurs de Montréal avaient fait conflruire un moulin à vent près du Fort, sur le bord du fleuve Saint-Laurent, appelé pour cela moulin du Fort, & ensuite un autre appelé du Cô- (2) Greffe de Ville- tcùu (2). C'étaient Ics sculs qu'il y eût encore à Villemarie en i665. Lorsque les troupes furent arrivées 8c qu'il fut nécessaire de moudre le blé defliné à leur subsiftance, les farines qu'elles avaient apportées s'étant gâtées en mer, ces deux moulins se trouvèrent insuffisants aux besoins des colons, qui ne savaient où faire moudre leur blé. On

marie, Wiôy. Informa lion contre La Frédière, 21 sept. 1667.

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