MONTREAL
qui leur avaient bâti avec des pieux de cèdre, de douze (2) Relation dciGôg, pieds de hauteur, un joli Fort carré, renfermant une cha- r« i^pelle avec une maison ; 8c tout auprès du Fort ils avaient
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préparé un vaûe champ d'où Ton espérait se procurer du pain avant deux années. Les voyageurs y furent reçus 'Nt^ avec toute la charité possible par les Pères Dablon & Marquette qui y résidaient^ & assiftèrent ce jour-là même à une partie des Vêpres. Enfin, les deux jours suivants, ils firent leurs dévotions avec d'autant plus de joie, que depuis près d'un mois & demi ils étaient tous privés de ce bonheur. S'ils assiftèrent aux Vêpres, à leur arrivée, le jour de la Pentecôte, c'efl qu'il y avait alors des Français au -, Saut Sainte-Marie, souvent au nombre de vingt ou vingt- ' cinq, qui s'assemblaient pour la Grand'Messe & les Vêpres, les dimanches & les jours de fêtes (*). Se voyant à plus de trois cents lieues de Viliemarie, M. Dollier & M. de Câlinée désiraient de s'y rendre au plus tôt, afin de pouvoir de là aller hiverner chez les Outaouas, & de se rendre, au prin- Q^jlXy -f temps suivant, vers le Mississipi pour en évangéliser les ^ peuples. Ils cherchèrent donc un guide qu'ils trouvèrent
fort à propos, & prirent congé des PP. Dablon & Marquette, le 28 mai. Leur voyage fut très-heureux; il eft même à remarquer que, n'ayant fait que dix-sept ou dix- , huit portages en descendant (quoiqu'on en fit alors en 1 montant quarante ou même quarante-cinq), ils n'essuyè-
/(') M. de Galinée fait ici une remarque qui montre la pureté du zèle qui animait les PP. Jésuites dans cette Mission. Quoiqu'il y eût au Saut Sainte-Marie quelques sauvages baptisés, il n'y en avait pourtant pas un seul, dit-il, qui fût assez bon catholique pour être admis à assifter à l'office divin. « En sorte, ajoute-t-il, qu'au lieu « appelé la Pointe du Saint-Esprit, au fond du lac Supérieur, où se « sont retirés les relies des Hurons depuis l'incendie de leurs vilce lages, le Père qui passa l'hiver avec eux (probablement le P. Mar- (i)Rclationdei67i, « quette) (i), me dit que, quoiqu'il y en eût un grand nombre autrep. 39. « fois baptisés, lorsque les Missionnaires étaient aux Hurons, il
« n'avait pourtant jamais osé dire devant eux la sainte Messe, sachant « qu'ils regardaient cette action comme une jonglerie de sorcier. » C'eit ce qui explique pourquoi le P. Le Mercier, dans la Relation de cette même année 1670, parle de la piété de ces sauvages en des termes fort réservés : a Les Hurons, dit-il, qui sont il la Pointe du (2) Relation tic 1670 " Saint-Esprit au nombre de quatre à cinq cents, conservent un p. 87. « peu de chriltianisme (2). »