‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 217 sur 326 · CIEHS. MOTIFS DE CES / •» 1 T · texte numérisé non relu

CIEHS. MOTIFS DE CES / •» 1 T

CONCESSIONS. furent donnés & signés par M. Talon seul, comme per-

sonnellement autorisé, le 4 juin de cette année, pour agir souverainement dans cette matière & en dernier ressort, Louis XIV lui ayant attribué toute cour :, jiirididion & connaissance pour concéder à d'autres habitants les terres

(3) Édits, ordon- ainsi retranchées (3). Nous devons remarquer ici les nances loyaux. Q.ue- j^^Q^jfg exposés dans le préambulc de toutes ces concessions,

bi'c , i<S:i4, p. 70, 71. L t '

comme un témoignage éclatant de la religion du Monarque 8: une confirmation authentique de la lin qu'il s'était proposée dans la formation de la colonie Française en Canada : « Sa Majeflé a de tout temps recherché avec « soin, & avec le zèle qui convient à son titre de fils aîné « de l'Église, les moyens de porter dans les pays les plus « inconnus la gloire de Dieu, par la propagation de la Foi <( 8c la publication de l'Fvangile, avec le nom chrétien. « Telle efl la fin première & principale de l'établissement

de la colonie Française en Canada, & sa lin accessoire ell: de faire connaître aux parties de la terre les plus éloii;nécs du commerce des hommes sociables la grandeur du nom du Roi de France 8c la force de ses armes. Sa Majefté a donc eftimé qu'il n'y avait pas de plus sûr moyen d'arriver à ces deux fins que de composer la colonie de gens capables de la bien conduire par les qualités de leur personne, de l'augmenter par leurs travaux & leur application à la culture des terres, & de la soutenir par une vigoureuse défense contre les insultes & les attaques auxquelles elle pourrait être exposée dans la suite des temps. Pour ce dessein, elle a fait passer dans ce pays bon nombre de ses fidèles sujets, otficiers de ses troupes dans le régiment de Carignan & autres, dont la plupart, se conformant au grand & pieux dessein de Sa Majeflé, veulent bien se lier au pays, en y formant des seigneuries d'une étendue pro- (') P'^'-'^s ^ ^«'^u-

, , , i- , . ments sur la tenure

portionneea leurs forces (i). » seigneuriale, p. 6, etc.

Comme on le voit ici, lune des fins que le Roi se par tous ces fief?, proposait par ces concessions était de fortifier le pays ^°"'^ '^'^ ^^"^ ^^^^'

* * ^ . . . r -/ TEGER CONTRE LES

contre les Iroquois ; aussi eft-il à remarquer que les fiefs ikoquois la tête de nobles qu'il donna à ses officiers furent presque tous la colonie. situés dans le voisinage de l'île de Montréal, & sur le bord des rivières par où les barbares avaient coutume de descendre, c'eftrà-dire, sur la rivière appelée de Richelieu, & sur le fleuve Saint-Laurent, à partir du lac Saint- Pierre. Si l'on en excepte un seul capitaine, le sieur de La Durantaye (2), deux lieutenants, les sieurs de Sueur & de (2) Pièces & aocu- Villieu (3), le sieur de Lanoguère, enseigne (4), ainsi que "'^"^^ ^"'■, ''' *'■■""'"''

^ . j o 7 o \-T/y 1 seigncunale, p. i5i,

la veuve du sieur de Lacombe-Poccatière, ancien capi- 2Ô4.

taine réformé & maréchal des logis au régiment de Cari- ('^)ii>id., p. 11,277,

gnan (5;^ tous les autres officiers des troupes qui partiel- ~'{^)ibid.,p. 11,277.

pèrent à cette difiribution générale reçurent en fief diverses (^- '*"^' p i-^-

concessions de terres à partir du lac Saint-Pierre & en

remontant de là jusqu'à la tête de l'île de Montréal; & en

s'y établissant avec un certain nombre de leurs soldats

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devenus agriculteurs^ ils donnèrent lieu à la formation de divers bourgs qui^ avec Villemarie, furent la sûreté & comme le boulevard du refte de la colonie Française (*). Quelque monotone que soit le dénombrement de ces fiefs^ on nous permettra d'en faire Ténumération détaillée dans cette hifloire^ deffinée à faire connaître les origines du pays.

FIEFS POUR PROTÉGER D'abord, pour mettre la rive gauche du iîeuve Saint-

FLEuvE^ DEPUIS LE L^ufcnt à Tabrl des incursions des Iroquois, M. Talon

LAC SAINT-PIERRE douua au slcur de Laubia, capitaine au régiment de Bro-

L'iL^Dr^NTRÉAl' 8^i-^^ '^ï'ï'ivé de France depuis peu avec sa compagnie (i),

(i) Archives de la dcux licucs de terre de front & autant de profondeur sur

manne ; Regiftre des jgg bords du lac Saint-Picrrc OÙ ce capitaine s'était déjà

ordres du Roi pour les . ^ ^ {

Compagnies des In- établi (2), & au sicur de Labadie, sergent de la compagnie

des, fol. 107; Regiftre ^q Laubia, unc terre d'un quart de lieue sur une demidès expe'ditions, 1670, ,. . ^ j foi. 29. lieue, située au-dessous de la précédente (3). Il donna

(2) Pièces & docu- pareillement au sieur de Moras, enseigne d'une compa-

I^i>euHakrp^.'^"i''G^ ê"'^' ^'^^^ ^^^ ^^ ^ Tembouchure de la rivière Nicolet, au 17,274. bord du fleuve Saint-Laurent, appelée depuis le^<?/ou

(3) ibid., p. 122, i'-^^ de Moras, du nom de ce militaire (4); & pour recon-

(4) Pièces & docu- f'aître les services que M. Louis-Godefroy de Normanville ments sur la tenure & M. Bouchcr avaicut Tcudus au pays, il donna au pre-

seigneurialc, p. i53,

(*) Le Roi avait déjà fait une concession de mille arpents de terres, située entre les Trois-Rivières & Montréal, en faveur d'un gentilhomme Normand du pays de Caux, le sieur de la Bouteillerie, qui, dans le dessein de s'y établir & de la mettre en valeur^ s'embarqua à Dieppe, à la fin du mois de Juin 1671, sur le navire le Saint-Jean-Baptiste ^ conduisant pour cela avec lui deux charpcn- (5) Antiquités & tiers, deux maçons & quatre manoeuvres (5). Mais il paraît qu'arrivé chroniques de la ville en Canada, il craignit de s'établir sur des terres si exposées aux incurde Dieppe, par Asse- sions des barbares, & renonça à sa concession pour se fixer sur une line, ms. de la biblio- autre oîi il n'eût pas les mêmes dangers à courir. Du moins, le 29 oilothèquc de Dieppe, j^^g ^g l'année suivante 1672, il obtint de M. Talon deux lieues de année ib7i. . i r ^ i i i n o • r • i-

terres de Iront au bord du neuve Saint-Laurent, savoir une lieue

(G) Pièces & docu- ^"-i-dessus & unc lieue au-dessous de la rivière Oûellc, cette rivière ments sur la tenure >' comprise, sur une lieuc & demie de profondeur (6), & ce fut là seigneuriale, p. 2G1. qu'il s'établit.

mier une demi-lieue sur une lieue de terres au-dessus de la Pointe du lac Saint-Pierre (i), & au second une lieue 8s: demie sur deux lieues (2) ; enfin au fils de M. Boucher trois quarts de lieue sur une lieue (3). Toujours en remontant le fleuve 8c sur la même rive, M. Berthier, capitaine d'une compaLiçnie d'infanterie, eut pour son fief deux lieues de terres sur deux lieues de profondeur (4); le sieur de Comporté une demi-lieue sur une lieue (5), & le sieur Raudin, enseigne de la compagnie de Sorel, une demilieue de front sur une lieue, avec Tîle nommée déjà Raudin, où il paraît qu'il avait commencé des défrichements (6). Au sieur de la Valterie, lieutenant d'une compagnie, M. Talon donna une lieue & demie de front sur une profondeur égale (7); à M. Jean-Baptifte Le Gardeur de Repentigny, les deux îles appelées Bourdon (8) ; au fils du capitaine de Saint-Ours, une lieue de front sur une lieue & demie de profondeur (9); enfin au sieur Berthelot, l'île Jésus (*), avec les îles aux Vaches & autres (10); 8c par toutes ces grandes concessions, il voulut pourvoir à la sûreté de la rive gauche du fleuve Saint-Laurent, depuis le lac Saint-Pierre jusqu'à la tête de' Tîle de Montréal, en remontant la Rivière des Prairies.

Mais c'était à partir de la rivière de Richelieu, & de là en remontant le fleuve, qu'il était surtout important de

(i) Pièces & documents sur la tenure seigneuriale, p. ii8,

(2) Ibid., p. 3i I.

(3i Ibid., p. 3i.

(4) Ibid., p. 109,

(5) Ibid., p. G6.

[6) Ibid., p. i33.

(7) Ibid., p. 2C2.

(8) Ibid., p, 3oG,

(g) Ibid., p. 1 1 3.

(10^ Ibid,, p. 3 10.

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