FIEFS POUR PROTÉGER LA RIVE DROITE DU FLEUVE
(*; L'île Jésus, comme on l'a dit, avait été concédée aux RR. PP. Jésuites par la grande Compagnie, le i5 janvier i63G. Ces Religieux n'y ayant fait aucuns défrichements, M. Talon la réunit apparemment au domaine, en vertu des ordres qu'il avait reçus du Roi, & la donna purement & simplement à M, Berthelot, sans faire mention des premiers propriétaires (i i). D'après les titres imprimés pour la tenure seigneuriale, M. Talon aurait donné l'île Jésus à M. Berthelot, le 3 novembre 1672 ; cependant, on lit ailleurs le i3, au lieu du 3, ce qui eft peut-être une aberration du copifte qui aura pris le mot troisième pour treizième. Quoi qu'il en soit, le P. Dablon, Supérieur des Jésuites de Québec, pour donner, sans doute, toute sécurité à M. Berthelot, lui fit cession de l'île Jésus, le 7 novembre 1672, par acte passé devant Bccquet, notaire à Québec (12).
(11) Ibid., p. 3 10.
(12) Regiftredes insinuations au (Conseil supérieur, de lôyc) à 1705. B, n» 2, fol. i55.
Pièces & documents sur la tenure seigneuriale, p. 447.
fortifier le pays contre les Irôquois^ en leur fermant ces deux voies par où ils avaient coutume de descendre pour attaquer Montréal, les Trois-Rivières & Québec; & dans ce dessein, M. Talon y fit des concessions en grand nombre. A M. de Sorel, capitaine au régiment de Carignan, qui commandait au Fort Richelieu, il donna ce Fort & deux lieues & demie de terres de front sur deux lieues de profondeur; & pour le mettre plus en état de fermer le passage du fleuve Saint-Laurent aux Iroquois, il ajouta encore à cette concession Tîle Saint-Ignace, Tîle Ronde & (i) Pièces & docu- Tîle de Gràcc (i). Dans ce même dessein, il donna au ments sur la tenure ^[q^j- j)^ p^g yHe déjà appelée dc cc nom avec d'autres
seigneuriale, p. 142. . .' f" . j i- j .
lies adjacentes, ainsi qu un quart de iieue de terres audessus, 8: une autre au-dessous de la rivière du Chicot,
(2) Jbid., p. 86. sur une lieue & demie de profondeur (2) . Par ces conces-
sions, comme aussi par celle qu^il fit à M. de Berthier, située en face du Fort Richelieu, il voulut fermer aux Iroquois tous les passages. Enfin, pour les arrêter sur la rivière même de Richelieu, avant qu'ils pussent arriver au Fort Saint-Louis, il donna ce Fort à un autre capitaine qui commandait alors les troupes en Canada, M. de Chambly, & avec le Fort les terres adjacentes, dans Tétendue de six lieues sur une lieue de profondeur, le long de cette même rivière qu'on appelait aussi alors de Saint-
(3) ibid., p. 2G7. Louis, du nom de ce Fort (3). En outre, il donna au che-
valier Roch de Saint-Ours, enseigne de la compagnie de Chambly, quatre lieues de terres de front sur une lieue
(4) Ibid., p. 269, de profondeur, à prendre sur la même rivière (4), & au 2/0- sieur de Saint-Ours, capitaine au régiment de Carignan,
toutes les terres bornées par le fleuve & par la rivière Ouamaska, depuis la concession faite à M. de Sorel jus-
(5) Ibid., p. i. qu'à celle de M. Antoine Piccody de Contrecœur (5). Ce
dernier, né au pays de Pauphiné, servait le Roi depuis trente-cinq ans, & s'était diftingué dans beaucoup d'occasions, tant en France qu'à l'étranger. Il avait été blessé dans sept combats, notamment à celui du faubourg Saint- Antoine, en se battant pour le Roi contre les Frondeurs,
DISTRIHITION DES TERRES AliX MILITAIRES. 1672. 349
SOUS les ordres du vicomte deTurenne, où il reçut au bras un coup de feu dont il demeura eftropié. Pour toutes ces belles 8c j^éncreuses actions, il avait été anobli, en 1661, lui 8c toute sa portérité (i); & enfin étant passé en Canada (0 Rcgiftro des in
,,,,. ' ^'1 , • ^j/^* sinuations au Conseil
pour s y établir, avec une partie du régiment de Garignan souverain b, n- 2, où il était capitaine, il reçut en fief deux lieues de terres foi. 56. Lettres de node front sur autant de profondeur. Au bord du fleuve 'X"dt'1:ltecœur: Saint-Laurent, le sieur de Vitré (2) eut pour sa part une (2) pièces & docudemi-lieue de front sur une lieue de profondeur (3) , & le ™^"^s s"'" ^^ ^^""'■c
1 iT 1 V • Il ' ^ r^ seigneuriale, p. <)7,
Sieur de vercheres, enseigne de la compagnie de Contre- o^,.
cœur, une lieue de front sur une lieue de profondeur (4) ; (3) ibid., p. 3:^.
le sieur de Grandmaison reçut pour son fief trente arpents ^^' ' ■>?• ^> y
de front au bord du fleuve, sur une lieue (5), & les sieurs (5) itid., p. 294.
Michel Messier 8: Jacques Le Moyne, qui avaient si bien
mérité de la colonie, obtinrent une lieue de terres de front
sur une lieue & demie de profondeur, qu'ils partagèrent
entre eux le i"aoùt 1676. La partie échue à Jacques Le
Moyne porta le nom de seigneurie du Cap de la Trinité,
8c l'autre celui de Saint-Michel (6) (*). M. de Varenne, (6) Greffe de viiic-
•r^ ^j- ■ j ^ JT-»- marie, 23 juin 1706.
ancien lieutenant dune compagnie des troupes du Roi, poi & hommage, par 8c ensuite Gouverneur des Trois-Rivières, eiit pour son Le Moyne, sieur de fief vingt-huit arpents de terres de front au bord du ^'-''^^'^y» ^^^ ^^ l""^-
n • • • • ques Le Moyne. Acte
fleuve Saint-Laurent, sur une lieue 8c demie de profon- d'Adhémar.
deur, 8c dautres encore, avec diverses îles, à Texception de
deux que le sieur du Gué prétendait lui appartenir (7).
Sidrac du Gué de Boisbriant, dont on a parlé, capitaine (7) f'èccs & docu-
au régiment de Garignan ou de Chambly (8), reçut en "X^^^^^^^^
fief diverses îles, notamment celle où il avait commencé, 278.
depuis quelques années, des défrichements, appelée déjà ^-^l Regifirc de la
, . ^ . pciroissc de Villemci-
de Sainte-Thérèse, située en face 8c à l'extrémité de Tîle rie. Baptême, lo sepde Montréal (9;, 8c M. Boucher cent quatorze arpents de tembre 1678.
(9) Pièces & documents sur la tenurc ' ~~ " seigneuriale, p. 90,
{* ) Cette concession a été oubliée dans le Recueil des pièces- & documents relatifs à la tenure seigneuriale, imprimé en 18Ô2 par ordre de l'Assemblée législative, & ce n'ed pas la seule omission de ce genre qu'on découvre dans ce Recueil.
Iir PARTIE. LOUIS XIV.
(i) Pièces et docu- froot SUT dcux licucs de profondeur^ avec quelques
ments sur la tenure a» / . \ lies (l).
seigneuriale, p. 84.