‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 221 sur 326 · INSUPPORTABLE · texte numérisé non relu

INSUPPORTABLE

354 in' PARTIE. LOUIS XIV.

les précédents, puisque La Salle y avait mis deux cents arpents de terre en commune, y avait tracé Tenceinte d'un village, & s'était encore réservé quatre cent vingt arpents pour son domaine seigneurial. Mais ayant négligé d'établir un moulin & même vendu son tief à Jean Milot, Tun des nouveaux habitants de cette côte, comme on l'a raconté, celui-ci proposa à M. de Queylus de Tautoriser à conftruire, à ses propres frais, un moulin à vent, à condition qu'il en jouirait seul pendant dix années consécutives; & qu'ensuite il le céderait aux seigneurs de Montréal, moyennant trois mille livres tournois, pour le dédommager de ses avances. M. de Queylus, qui ne cherchait que l'avantage des particuliers, accepta la proposition 8c désigna l'emplacement, en flipulant que le moulin serait de même matière & de même forme & hauteur que celui du Fort de Montréal. Les moulins que le Séminaire avait fait conftruire étaient établis dans une tour en pierre qui pouvait servir de redoute, & ce fut ainsi que Milot (i) Greffe de Ville- couftruisit le sicu (i), qui coûta mille écus. Mais il se Aae!ie'Ba'ssc"/^^°' repentit bientôt de son entreprise, & mécontenta même les censitaires qui n'avaient pas toute la facilité désirable pour faire moudre leur blé. C'eft pourquoi le Séminaire, en vue de procurer l'avantage des habitants déjà établis dans ce lieu, consentit, le 2 novembre 1678, sur la demande expresse de Milot, à reprendre le mouHn, moyennant la somme qu'il avait dépensée pour le cons-

(2)Ibid., 2 novem- truire (*) (2).

bre 1673.

(*) Dans le contrat dons nous parlons ici, il ell dit que les seigneurs consentent à cet accord pour faciliter la mouture des grains des habitants du lieu, & de ceux qui s'établiront au-dessus & au-dessous dudit village. C'eft que ce lieu était plus favorable qu'aucun autre aux colons qui désiraient de trafiquer avec les sauvages; &, au fond, c'était moins l'agriculture que cette sorte de commerce qui les attirait pour la plupart. Parmi ceux qui allèrent s'y fixer en 1(72, nous remarquons les sieurs Nicolas Boyer, Pierre Chcdepots, Jean Grcnet, Magdcleine Vivier, dit La Douceur, Lamottc, George Alaix, Pierre Masaud, François Lenoir, dit Roland, qui s'y

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