OFFICIERS DE CHAQUE PAROISSE
« syndic, il prêtera devant nous le serment requis & or-
« dinaire (*) (l). » (i) Greffe de Ville-
marie, i5 mai 167a.
(*) Quelques mois après, Louis Chevalier juftifia l'opinion avantageuse que ses concitoyens avaient conçue de son intelligence & de sa sagesse dans la gellion de leurs intérêts, par la demande qu'il fit au Gouverneur & au juge. Ce fut de convoquer les habitants pour qu'ils déterminassent eux-mêmes, à la pluralité des voix, une queftion d'intérêt public, afin qu'en exécutant comme syndic ce qui aurait été ainsi réglé, il n'excitât ni les murmures ni les plaintes de personne. Nous exposerons ici les détails de cette affaire, qui montreront, comme au naturel, la simplicité de l'adminiftration de ces anciens temps, & la circonspection avec laquelle on procédait à l'imposition des taxes sur les habitants, quoiqu'elles fussent alors si légères. Le Gouverneur de Montréal, M. Pérot, comme tous les autres Gouverneurs, avait sous ses ordres un petit nombre de soldats qui composaient sa garnison particulière; &, d'après l'usage, c'était aux habitants à la loger, comme étant deftinée à assurer la tranquillité de tous. Le syndic, obligé par son emploi d'assigner des logements à la garnison, voulut que l'Assemblée des habitants déterminât elle-même la taxe qu'on lèverait sur toutes les familles de l'île pour fournir à cette dépense, & qu'elle réglât pareillement s'il pourrait, avec le produit de la taxe, louer pour des soldats quelque logis particulier, ou les placer individuellement chez ceux des habitants qui demeuraient dans le voisinage de la maison du Gouverneur (2). Cette affaire, à (2) Jbid., 16 nov. laquelle M. d'Ailleboufl donnait les mains, ayant cependant traîné 1672. en longueur, le syndic s'adressa l'année suivante au Gouverneur général qui, le 27 juin 1673, rendit une ordonnance, datée du château de Villemarie, par laquelle il enjoignit aux habitants de s'assembler en présence des seigneurs de l'île pour déterminer entre eux s'il serait plus expédient de faire bâtir un corps-de-garde ou de louer une maison. L'Assemblée fut néanmoins encore différée jusqu'à la fin de l'automne, sans doute pour que les habitants de la campagne pussent s'y rendre sans être détournés de leurs travaux. Du moins, dans son ordonnance de convocation, M. d'Aillebouff annonçait que la taxe deflinée à procurer des logements à la garnison serait levée sur les habitants des côtes aussi bien que sur ceux de la ville, tous étant protégés par les soldats du Gouverneur (3). Enfin, l'Assemblée (3) Ibid., 3 déc. fut tenue au château, sous la présidence de M. d'Ailleboufi:, le 3 dé- 167?. cembre suivant, à l'issue de la Grand'Messe, & en présence du Supérieur du Séminaire; tous ayant donné leur suffrage, la majorité fut d'avis non de bâtir une maison pour corps-de-garde, mais d'en louer une à cet effet, & de dresser un rôle des habitants pour lever sur eux une taxe, de laquelle seraient exemptes les Religieuses de l'Hôtel- Dieu & les Filles de la Congrégation de Notre-Dame. En conséquence, on loua une maison, pour le prix de cinquante livres chaque
304 m*' PARTIE. LOUIS XIV.