FORCENT EN VALN DE SÉPARER LES DEUX ASSASSINS
OFFICIERS MILITAIRES FUNESTES A LA COLONIE. 3c)5
ave~ mauvaise ffrdce , Monsieur, de pointer ainsi tin
. . . ^ . ,., , ^ ■^ XT , . j- ^> /î (i)GretTe de Ville-
honmie qui n a pomt cl epec. A quoi iVlorel répondit : C ejt nvarie. Dcpositions de ju'il a voulu maltraiter ce pauvre petit garçon & qu'il ^- "^^ Longucuii, de
,. ,■ .... ^ . . ^ ^ ' ^ M. Bafton, de M. de
me dit des paroles injurieuses (i). Béiefire.
De Lormeau avait déjà été percé en trois endroits charité magnanime de
différents, spécialement au bras 8: à la main, 8c avait reçu "' ^"^'-^'^'^ ^^ ^'^-
quantité de coups (2), lorsque deux Prêtres du Séminaire, (2) Greffe de Viiie-
M. Dollier de Casson & M. Frémont, Curé de la paroisse, "^^"e- Requête du
, \ ,• y , 1 1 1 • • Sieur de Lormeau à
avertis par la rumeur déjà répandue dans le voisinage, m. d'Aiiiebouft. accoururent pour les séparer (3). Chose étonnante, ce que (3) /t/rf., déposition n'avaient pu faire les inftances & même les efforts réunis ," ^'^"'^ ^'^ I^/m '
1 domcltique de M, Mi-
de MM. Baflon, de Bélellre & de Longueuil, M. Dollier geon. Topera heureusement par la sainte audace de son zèle & par son inirépidité. L'expérience qu'il avait acquise autrefois dans le métier des armes, le caractère sacerdotal dont il était revêtu, la vue même de son habit, enfin Textérieur imposant de sa personne, calmèrent soudain la colère des deux champions & les obligèrent à remettre Tépée dans le fourreau. Grandet, qui avait beaucoup connu M. Dollier, fait sans doute allusion à cette rencontre, en disant dans la notice qu'il a composée de lui : « Sa charité Ta fait se jeter « à travers les épées nues de ceux qui se battaient, sans « crainte den être percé, pour les séparer. » Ce qu'il ajoute peut expliquer le succès qu'il obtint dans cette occasion. ') Il s'était acquis dans tout le Canada une elfime « générale & un crédit universel par un abord préve- « nant, par des manières honnêtes 8c polies, & par une « conversation facile 8: pleine de bonté, soutenue par un « air de qualité, un port & une dignité qui, sans fard 8c « sans aficcfation, lui conciliaient les cœurs 8c lui don- «' naient une autorité imposante de laquelle on ne pouvait <' se défendre (4). » Nous pouvons remarquer encore que (4) Grandet, vie ma la force physique dont il était doué dut entrer pour quelque ""^'^■'fe de m. Doi-
, j 1 r •!• . »-i . 11-1 lier. Archives du Scmi-
cnose dans la tacihte qu il eut a séparer les deux assail- nairedeSaint-Suipice, lants. CarCTandet rapporte que, lorsque M. Dollier était à ''aris. chez les Algonquins 8: que quelqu'un d'eux venait auprès
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de lui pour l'interrompre sans motif dans ses prières, il le renversait par terre d'un coup de main, quoiqu'il fût alors à genoux; ajoutant que ces barbares, admirant cette force extraordinaire, se disaient les uns aux autres : Voilà un homme. Entin de Lormeau, ainsi blessé, présenta une requête au Juge de Villemarie pour obtenir jurtice. L'affaire neut cependant point de suite ; ce qui nous autorise à penser qu'après les avoir séparés, M. Dollier parvint à les réconcilier entre eux; car il avait un rare talent pour concilier les esprits. « Son caractère particulier, dit en- « core Grandet, était de rendre la vertu aimable ; sa grâce, « de gagner les cœurs 8: de les attirer à Dieu; » &: les réconciliations qu'il opéra, comme nous le dirons dans la suite, montrent que peu d'hommes pouvaient lui être comparés dans le don de concilier les esprits.
ûEs OFFICIERS DES Cc furcut cucorc des officiers des troupes qui don-
nèrent à la colonie le premier exemple de vexation dans la fixation de leurs droits seigneuriaux. Pour attirer des LORS iNoiiEs. particuliers dans lile de Montréal, le Séminaire avait tou-
jours usé de la plus grande douceur dans les concessions de terre qu'il faisait: 8: on a vu qu'en donnant des fiefs nobles à divers gentilshommes, il ne s'était réservé de leur part que la foi 8: hommage. L un deux, M. Gabriel de Berthé, sieur de La Joubardière, ayant concédé à François Lenoir, dit Roland, quarante arpents de terre sur les quatre cents du fief de Chailly ou de Bellevue qu'il avait reçu gratuitement, osa bien les charger d'une redevance annuelle 8: perpétuelle de trente sous par arpent 8c (r GrciTe de Ville- de deux chapous I . Le procureur fiscal s'éleva avec
mane, i" janv. K.yx pji^on coutre l'imposition de droits si exorbitants 8: si nouveaux. Il montra, dans son réquisitoire, que rien n'était plus contraire aux intentions des seigneurs, qui désiraient que l'île fût tout environnée 8c habitée de colo ns pour empêcher l'irruption des ennemis en cas de guerre; 8c qu'au contraire on les en éloignerait si on leur imposait des redevances si onéreuses : ce qui tournerait à la des-