‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 246 sur 326 · RELACHEMENT DES MŒURS PRIMITIVES. 4OI · texte numérisé non relu

RELACHEMENT DES MŒURS PRIMITIVES. 4OI

nom de chacun de ces volontaires, avec un rapport fidèle

de la conduite qu'ils auraient tenue. Cet arrêt fut publié &

affiché à Villemarie, à la Chine &: à la Pointe-aux-Trcm-

bles (i). Ce furent sans doute ces volontaires qui don- (i)GreiTc de viiic-

nèrent à la colonie les premiers exemples de vols dont >^aric, 22 avni i6y3.

elle eut à gémir, 8: obligèrent les colons à prendre des

moyens de sûreté, inconnus avant cette époque.

Nous avons raconté que la bonne foi & la probité des premiers exemples de habitants, comparables à celles des chrétiens de TEglise primitive, étaient cause que, parmi eux, rien n'était fermé sous la clef, ni leurs maisons, ni leurs caves, ni leurs coffres; & que personne n'avait jamais à se repentir de sa confiance. Par un effet de cette probité parfaite, plus sûre que toutes les précautions, la plupart de ceux qui allaient aux moulins, pour faire moudre leur blé, s'étaient contentés jusqu'alors de mettre leurs sacs à la porte, sans déclarer aux meuniers la quantité de blé qu'ils apportaient, ni même sans avoir, sur leurs sacs, aucune marque particulière qui les fît reconnaître, autrement que par leur dire. Les choses persévèrent de la sorte, à Villemarie, jusqu'en l'année 1670. Mais, vers ce temps, plusieurs nouveaux colons, peu délicats, profitèrent de cette confiance pour emporter les sacs des autres; ce qui donna lieu à des plaintes contre les meuniers; 8c ceux-ci, le 9 mars de cette année, obtinrent, sur les remontrances du Procureur fiscal, une ordonnance qui fit cesser ce désordre. Ce fut d'obliger tous les particuliers qui apporteraient des grains aux moulins, de les mettre dans des sacs, marqués chacun dune signe particulier, qui ne pût être confondu avec celui de quelque autre habitant; de faire la déclaration de ces sacs aux meuniers ou à leurs serviteurs, & de ne pas les reprendre sans le leur faire savoir. On condamna , en même temps, à une amende de dix livres tournois, tous ceux qui ne se conformeraient pas à ce règlement, & on fit .savoir à tous les colons que, si des sacs non marqués^ & non déclarés aux meuniers, venaient à disparaître^

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