RELACHEMENT DES MŒURS PRIMITIVES. 4O
Villemarie fut accusé devant le juge d'avoir mangé de la viande dahs l'un de ces cabarets un jour d'abflinence : ce que pourtant il nia, en jullifiant son dire; & cette accusation d'avoir enfreint une loi purement ecclésiallique eft une preuve de la sévérité avec laquelle chacun se conformait alors à ce Commandement de TÉglise, dont l'infraction était même un cas réservé à TÉvèque seul (i). Aussi (i) Rituel de Q.uévoyons-nous le Conseil souverain condamner à une amende ^^'^' p- '°^' de vingt-cinq livres , applicable en partie à TÉglise paroissiale de Tîle d'Orléans, un particulier pour avoir mangé de la viande, pendant le Carême, sans autorisation préalable, 8; le menacer même de punition corporelle, s'il venait à récidiver (2). Cette condamnation & d'autres ju- (2)RcgiftreduCoiv gements semblables, que nous pourrions rapporter, sont seii souverain, i-déc. un témoignage irrécusable de l'appui que les magiftrats ' '^°' donnaient à l'Église pour procurer, par leur concours, la parfaite observation de ses lois. C'eft là la véritable deftination de la puissance séculière, & c'était aussi la ligne de conduite que le Roi traçait à tous les officiers de la juflice, suivant le dessein qu'il avait eu de former une colonie chrétienne & catholique en Canada.