TOME III
(4) Greffe de Villemarie. Lettre de M. de Courcelles, 3 novembre 1672. Notes de Mangue , 1 1 mars i68i'.
pour témoigner aux autres Ecclésiartiques de cette maison ses sentiments d'atfeétion, il adressa à Tun d'eux, M. Perrot, une autre lettre conçue en ces termes : « M. le « comte de Frontenac, que le Roi a pourvu de ce gouver- « nement, étant arrivé (*), & ayant eu mon congé de la « Cour pour m'en retourner, je suis bien aise, avant de « m'emharquer, de vous écrire cette lettre, tant à cause de (( l'inclination que j'ai pour vous & pour tous vos mesu sieurs, que de la fidélité au service du Roi que j'ai tou- « jours reconnue en vous & dont je veux vous témoigner « ma reconnaissance. Je vous prie aussi de faire connaître » à tous vos habitants que je leur rends la juftice qui leur « elt due, reconnaissant qu'ils ont toujours été prêts, & « des premiers, quand il s'eft agi du service du Roi, 8: qu'ils « aient à continuer comme ils ont commencé. Quand « l'occasion s'en présentera, je témoignerai à MM. les « minifires que Sa Majefié a dans vos quartiers de véri- « tables & fidèles sujets; & comme je ne doute pas que les u gens qui obéissent bien à leur prince ne soient des chré- « tiens dont les prières sont très-agréables à Dieu, conviez- « les, s'il vous plaît, à le prier pour mon heureux retour « en France. Je demande cette même grâce à tous vos « messieurs qui ne me la refuseront pas, & à vous parti- « culièrement, de qui j'espère toute assilfance par vos
(') Louis de Buade, comte de Frontenac, avait fait ses premières armes dès l'âge de dix-sept ans. Après avoir exercé pendant onze ans la charge de maître de camp au régiment de Normandie, puis celle de maréchal de camp dans les armées du Roi, & servi en Italie, en Flandre & en Allemagne, il passa en Orient en 1669 pour la défense de la Foi. La ville de Candie était bloquée par les Turcs depuis près de dix-huit ans, & assiégée depuis vingt-six mois, lorsque Louis XIV, à la sollicitation du Pape Clément IX, y envoya un secours de plus de six mille hommes, sous la conduite du duc de Beaufort, & M. de Frontenac fut du nombre de ces braves & généreux volontaires. ^i) L'Art de vérifier ^^'^'^) après un siège de vingt-neuf mois, cette place se vit dans la
les dates, t. I, in-fo- nécessité de se rendre aux Ottomans par une composition hono-
lio, p. 345, 527, 687. rable.
MM. DE COURCELLES ET TALON QUITTENT LE CAN. l6j2. 419
« bonnes prières, sur lesquelles je vous assure que je (0 Hift. du Mom-
,. , .,, , j- ^ j- real, par M. DoUier.
« tonde mes meilleures espérances en vous disant adieu, conclusion. Arch. du « vous priant de croire que je serai toujours de cœur séminaire de Viiie- « 8c datteclion votre très-humble & très-dévoué (i). » '^^^^l-^^^"''"" '"'°'
Quoique M. Talon fût, de son côté, très-affedionné „. talon peu porté au Séminaire de Villemarie, à qui il avait rendu des ser- ^^"^ ^- ï^^"^vices importants , nous ne voyons pas qu'à son départ il lui ait écrit quelque semblable lettre. Ce qui devait lui inspirer plus de réserve, c'était la conduite de son neveu, M. Perrot, alors Gouverneur de Tîle de Montréal, qu'il aurait condamné, en louant le Séminaire, comme nous le dirons en son lieu ; &: vraisemblablement aussi la froideur qu'il avait conçue contre Tun des Ecclésialfiques de cette maison, M. Remy, trop versé peut-être dans la connaissance &. la pratique de la jurisprudence pour un homme de son état. Celui-ci était consulté de trente lieues à la ronde, & au défaut de tout légilfe dans le pays (car M. d'Ailleboulf & M Migeon suivaient en tout point ses avis), il dressait, par charité, des requêtes, indiquait la marche à suivre dans la poursuite des affaires, <k employait une partie considérable de son temps à donner des avis, & à terminer les différends à Tamiable. Quoique M. Talon, dans ses voyages à Villemarie, Teût appelé plusieurs fois pour avoir son sentiment sur des affaires qu'il avait à juger, il paraît que la réputation que M. Remy s'était acquise en matière de jurisprudence, ou plutôt que quelques observations peu discrètes qu'il put faire à M. Talon, causèrent à celui-ci quelque déplaisir; en sorte que M. Remy crut devoir s'abftenir de répondre à ceux qui le consultaient, & écrivit même au Séminaire de Saint-Sulpice à Paris, pour qu'on lui traçât, à cet égard, une ligne de conduite. Mais comme, sur ces entrefaites, M. Talon repassa en France, on répondit à M. Remy : « Vous ne devez point « refuser vos avis à ceux qui ont recours à vous : M. l'In- (2) Arch. du Sémi- « tendant ayant quitté le pays, vous n'aurez plus ce sujet "^'''^ "^^ viiiemane.