‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 282 sur 326 · VU · texte numérisé non relu

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M. DE FRONTENAC PART DE QUÉBEC ET s'eM- BARQUE A LA CHINE AVEC QUATRE CENTS HOMMES.

462 ni*^ PARTIE. LOUIS XIV.

officiers établis sur la route, qui s'efforcèrent à Tenvi de le fêter & arriva ainsi à Villemarie le i5, sur les cinq heures du soir. Les habitants de Tîle^ qui, pour lui faire honneur, Tattendaient en armes, sur la grève, avec M. Perrot, leur Gouverneur particulier, le reçurent, à son débarquement, au bruit de leur mousqueterie & de tous les canons ; après quoi les officiers de la julfice le haranguèrent, ainsi que le sieur Chevalier, syndic des habitants. On le conduisit de là à l'église, où, après qu'il eut été harangué de nouveau à la porte par le Clergé, on chanta le Te Deum, en adions de grâces de son heureux voyage; & enfin il alla prendre son logement au Fort ou au château de Villemarie, qu'on n'avait point encore démoU. Durant treize jours qu'il séjourna dans cette ville, il fut sans cesse occupé, tant à préparer ce qui lui était nécessaire pour la conffruction de son Fort, qu'à diviser en brigades & en escadres les habitants & les canots, qu'il avait mis en réquisition au nom du Roi, & à donner à chacune des commandants, en réglant le rang qu'elles tiendraient dans la marche, ce qui (i) Archives de la uc lui douiia pas peu d'exercice (i). M. d'Urfé & M. de marine. Voyage de Féuclon, vciius de Kenté, & alors présents à Villemarie,

M. le comte de Fron- ,. n^j „o-,J

tenac au lac Ontario, devaient accompagucr 1 armée dans ce voyage; & ce der-

en 1673. nier, le 24 du courant, fête de saint Jean-Baptille, prêcha

à l'église paroissiale, & fit dans son discours l'éloge du

(2) Archives de la Gouvcmeur général (2). M. de Frontenac qui voulait

marine, i5mai 1674. éviter Ics rapides du saut Saint-Louis, où Ion n'aurait pu

Déclaration du sieur . . , 1 • ^ ^ • > r'.. ur„ .„^.,4. J^

Claude Rracourt. faire passcr tous les objets nécessaires a 1 établissement de Jbid., i6 mai, décia- ^qu Fort, ordouna aux habitants de réparer le chemin qui ration de M. Remy. ^^j^^^^-^^^j^ ^^ j^ ^ 1^ QY{me, & par cc moycn fit transporter tous ces objets en charrette sans aucun accident. Enfin, le 26 & le 27 juin, il ordonna aux troupes de se réunir dans cc lieu & s'y rendit lui-même le 28 au soir. 11 les avait divisées en neuf escadres en y comprenant celle des Hurons & des Algonquins qui l'accompagnaient; & chaque escadre se composant de dix à douze canots^ il avait ainsi près de cent vingt canots, outre les deux bateaux plats, & environ quatre cents hommes.

ÉTABLISSEMENT DU FORT KATARAKOUI. lÔjS. 468

Durant la marche, le 9 juillet, Ton vit arriver, sur les six heures du soir, deux canots d'Iroquois qui apportaient à M. de Frontenac des lettres de M. La Salle. Il lui mandait que, nonobftant l'appréhension que les Iroquois avaient témoignée de son approche, ils s'étaient enfin résolus d'aller à Kenté, & qu'ils l'y attendraient au nombre de plus de deux cents, des plus anciens & des plus considérables de leur nation, pour l'assurer de leur obéissance. Il ajoutait cependant qu'ils avaient eu de la peine à prendre cette résolution, par jalousie pour ceux de Kenté, que le Gouverneur, qui allait ainsi les visiter, semblait préférer à tous les autres. Si M. de Frontenac avait témoigné d'abord l'intention de conftruire son Fort à Kenté pour appuyer ainsi, comme il écrivit à Colbert, la Mission des Prêtres de Saint-Sulpice , il paraît que ce n'était là qu'un motif fort accessoire, & qu'au fond il avait dessein de l'établir non à Kenté, dont les terres avaient déjà été données aux Missionnaires de ce lieu, mais à vingt lieues de là & à l'embouchure de la rivière de Katarakoui. Avant son départ de Villemarie, il avait résolu, en effet, de visiter ce lieu, l'ayant jugé déjà par l'examen de la carte & après beaucoup de consultations comme très-propre pour l'établissement qu'il méditait. Aussi, quoiqu'il eût fait assigner aux sauvages la Mission de Kenté, comme le lieu du rendez-vous, pour leur faire connaître l'étabUssement qu'il disait d'abord vouloir former dans ce lieu, il pria M. de Fénelon & M. d'Urfé de prendre les devants & d'aller en toute diligence à Kenté, pour inviter les Iroquois à se rendre à l'embouchure de Katarakoui, en leur déclarant que, contre sa première résolution, il les attendrait dans ce lieu, pour leur montrer qu'il ne préférait point les uns aux autres, & qu'il serait toujours leur père à tous, tant qu'ils conserveraient le resped & l'obéissance qu'ils devaient au Roi (i).

On conçoit que M. Perrot, Gouverneur de l'île de Montréal, si passionné pour le trafic des poteries, voyant

m. de frontenac fait dire aux iroq.uois qu'il ira non a kenté, MAIS A katarakoui.

(i) Archives de la marine. Voyage de M.- le comte de Frontenac au lac Ontario, en 1Ô73.

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