SERMON
au Conseil souverain, dont il était néanmoins président, 8c, nonobftant les défenses faites par les lois civiles en pareil cas (2), cita, devant cette compagnie séculière, M. de (^) Capituiaires des
T-. / 1 • »^ ^ ^ 1 • » 4... !■• loisdcF-'rance. li\.\ II.
Fenelon, quoique prêtre, en se portant lui-même cette lois ^^ ^^^ Mcmoircsdii pour accusateur. Le Conseil entra dans ses vues 8c nomma, cierge, t. m, p. 102. pour faire les informations à Villcmarie, les deux commissaires déjà chargés de procéder contre M. Perrot, les sieurs de 'lilly 8: Dupont, qui se rendirent dans cette ville. Le 2 mai, ils citèrent plusieurs laïques, pour répondre tant sur la matière du sermon du jour de Pâques, que sur les signatures demandées aux habitants en faveur de M. Perrot, 8c continuèrent leur interrogatoire les jours suivants (3). Pendant qu'on faisait ces informations, M. de (3) Archives de la Frontenac crait^nit sans doute que La Salle, ainsi que le "^'';'"'^» '^> »• 7 ^^ «^ brigadier de ses gardes 8: quelques autres flatteurs, éga-
5o6 IIl^ PARTIE. LOUIS XIV.
lement désireux de lui plaire, n'attribuassent à M. de Fénélon des choses qu'il n'avait point dites en chaire, & ne fussent accusés ensuite d'avoir porté faux témoignage contre lui. Il voulut donc recourir à un moyen de convidion plus assuré : ce fut d'exiger qu'on lui envoyât le sermon original de M. de Fénelon, qu'il savait avoir été déjà signé & certifié par plusieurs de ses confrères, ou au moins une copie de son manuscrit conforme à l'original, ce que pourtant il ne put obtenir (*).
(*) Le 4 mai il écrivit à la communauté du Séminaire, pour lui
(=t) Archives de la f.jjre cette demande (i). Toutefois, jugeant bien que les motifs du
manne. Déclaration j-gf^g (j^;^ f^iç p^^ \q Séminaire, de répondre à ses quefhons sur le
des hcclesiauiques de „- i- n -i -..ji-ij- i- - -i
.. , , ^ . même discours, 1 empêcheraient de livrer le discours lui-même, il en
Montréal, 12 mai /-..r-ij j>Tir> •- •' ^ j--
j^ ht taire ladernande par M. de Berniere,qui, étant grand-vicaire, tenait
la place de l'Évéque absent, & était, par les canons & les lois civiles, le juge naturel du Clergé du Canada. M. de Bernière, sans accéder aux désirs de M. de Frontenac, qui n'avait pas droit de lui donner des ordres en cette matière, ni sans vouloir non plus le choquer, écrivit aux messieurs du Séminaire, le lendemain 5 de mai; mais en se contentant d'exprimer dans sa lettre la demande que leur faisait M. de Frontenac d'avoir une copie du sermon. Ces messieurs n'en avaient en leur possession aucun exemplaire; ils s'assemblèrent le 12 & écrivirent à M. de Fénelon, pour lui demander son manuscrit, afin, disaient-ils, de satisfaire M. de Bernière. M. de Fénelon, informé des intentions de M. de Bernière & de celles de ses confrères, refusa de le livrer & répondit par écrit qu'il n'était pas obligé de communiquer le manuscrit d'un sermon prêché en présence de toute la paroisse, & qu'on pouvait interroger ses auditeurs; ajoutant que s'il était innocent, on n'avait rien à lui demander , & que s'il était coupable, ce qu'il niait fortement, on n'avaic pas droit de l'obliger de (2)Jbid. Réponse de travailler lui-même à sa propre condamnation (2). Il paraît qu'en M. de Fénelon, 12 agissant ainsi de concert avec M. de Fénelon, M. de Bernière & le '^''" ' '74- Séminaire de Villemaric voulurent colorer le refus, qu'en conscience,
ils étaient obligés de faire à M. de Frontenac. Ils n'auraient pu, sans enfreindre les canons, fournir à ce magiftrat laïque des pièces contre un Ecclésiaflique, accusé en matière criminelle, telle que la rébellion, avant que son supérieur l'eût jugé lui-même; & M. de Fénelon de son côté ne pouvait non plus livrer son sermon, pour inllruire une telle cause. Cette réponse du Séminaire & celle de M. de Fénelon, (3) Ibid. Lettre de quoique fondées sur des motifs si légitimes, offensèrent cependant M. de Frontenac à ^' *-lc Frontenac; il se plaignit que M. Dollier & sa communauté Colbert, i4nov. 1674, eussent fait demander ce sçrmon seulement par grimace (3).