‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 318 sur 326 · LE CONSEIL SE DÉSISTE ET RENVOIE AU M. DE FÉNELON M. PERROT · texte numérisé non relu

LE CONSEIL SE DÉSISTE ET RENVOIE AU M. DE FÉNELON M. PERROT

(2) Archives de h manne, 22 od. 16-4

Xî

Les choses en étant arrivées à ce point, le Conseil ROI comprit enfin qu'en cédant aveuglément, comme il Tavait fait, à tous les désirs de M. de Frontenac, il s'était laissé engager dans une procédure irrégulière & chercha le moyen d'en sortir. Il renvoya donc au Roi le jugement de M. de Fénelon, en alléguant qu'il ne reliait plus que trois juges qu'il n'eût point récusés. Ce fut aussi le parti qu'il prit à l'égard de M. Perrot. Celui-ci, toujours étroitement renfermé depuis le mois de janvier dans les prisons de Québec, n'avait cessé d'adresser proteflation sur protefiation, requête sur requête, pour récuser ses juges & demander d'être renvoyé au Roi sans rien obtenir du Conseil, lorsque enfin au mois de septembre, M. de Frontenac eut le déplaisir de voir les conseillers se refuser à être plus longtemps les inftruments de sa vengeance. Plusieurs craignirent d'ailleurs que M. Talon, quand il serait informé de leurs procédés, ne les desservît auprès du Roi ou dans l'esprit de Colbert, son miniftre. M. de Villeray, l'un d'eux, se récusa de lui-même, à cause, dit-il, des obligations qu'il avait envers M. Talon, oncle de Madame Perrot, qui l'avait en effet nommé conseiller; & au sujet de M. de Fénelon, il allégua le même motif : « Il y a, dit-il, une « telle liaison entre l'affaire de M. de Fénelon & celle de « M. Perrot, que les raisons pour lesquelles je me suis retiré de l'une, semblent aussi m'engager à me retirer de l'autre. » Et le Conseil agréa ses raisons (2) »

Toutefois, malgré les arrêts du Conseil rendus le 3 &

le 6 septembre, pour renvoyer l'affaire au Roi, M. Perrot

DIX MOIS DE PRISON, était toujours détenu en prison, sans que M. de Frontenac

se mît en devoir de l'en faire sortir. 'Voyant que la saison

M. DE FRONTENAC CON- TRAINT d'Élargir

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