‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 36 sur 326 · LE MOYNE NI LES AU- TRES PRISONNIERS · texte numérisé non relu

LE MOYNE NI LES AU- TRES PRISONNIERS

(i) Journal des Jduites^ mars 1662*

(i) Lettre 62=, 10 août 1662, p. 569.

(iARACONTlÉ RAMÈNE LE P. LE MOYiNE ET DIX- IIUIT AUTRES CAI'TIFS.

(2) Relation de ibti p. .G.

année 1662, la Mère Marie de Tlncarnation, eft aussi captif parmi eux que les captifs eux-mêmes; & à présent on ne sait s'il ei\ mort ou vif. Au commencement de Tété , un de leurs capitaines ramena un captif français; on envoya à Québec ce capitaine, pour voir M. le Gouverneur, qui reconnut à sa contenance & à celle de ses gens qu'il y avait dans eux quelque fourberie cachée. Cela fit qu'on s'en défia & qu'on les traita avec réserve, ( ce qu'ils remarquèrent bien, & fut cause qu'ils s'en retournèrent assez mécontents. Nous ne savons encore ( ce qui eff arrivé au R. P. Le Moyne, ni à nos captifs ( français, non plus qu'au R. P. Mesnard, qui eft chez ( les Outawais, avec lesquels il devait descendre dans nos ( quartiers. Les Iroquois, qui en ont eu vent, se sont ( cantonnés dans toutes les avenues, afin de tomber sur ( eux & d'enlever toutes leurs pelleteries (i). »

Garacontié, ce capitaine Iroquois, ami des Français, que nous avons vu ramener des captifs à Villemarie, s'arrêta à Agnié, en retournant à Onnontagué, sa patrie. Dans son séjour à Agnié, il eut occasion d'y voir un crucifix, d'environ deux pieds de hauteur, que les sauvages de cette nation avaient enlevé, l'année précédente, à Argentenai, dans l'île d'Orléans, quand ils y firent les dégâts que nous avons racontés. Sachant le resped que les Français portaient à de semblables images, Garacontié n'eut pas de repos, qu'il n'eut retiré celle-ci des mains des Agniers. L'ayant obtenue d'eux, au moyen d'un riche présent, il porta ce crucifix à Onnontagué, & le plaça honorablement sur l'autel de la petite chapelle, où tous les jours les captifs avaient la liberté de se réunir pour prier Dieu (2). Il n'oublia pas de raconter aux siens le bon accueil qu'il avait reçu à Villemarie, 8c de se louer des présents qu'on lui avait faits, entre autres d'un beau collier de porcelaine, travaillé, disait-il, par les mains des Ursulines, toutes disposées à recevoir de petites lilles sauvages à Québec, quand on voudrait leur en envoyer. Il ajoutait que, si les

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