‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 40 sur 326 · HOTEL-DIEU DE VILLEHARIE · texte numérisé non relu

HOTEL-DIEU DE VILLEHARIE

4^ GUERRF. HOSTii.iTi:s. 1662. q

un autre notable service à cette maison en composant ses Annales; 8: comme elle vécut jusqu'à Tàge de quatrevingt-cinq ans, elle put recueillir un grand nombre de traits précieux pour Ihirtoire de la Colonie. Elle nous apprend que, depuis l'année 1660 jusqu'en 1666;, la guerre des Iroquois contre les colons étant plus animée que jamais, IHotel-Dieu fut toujours rempli de malades. « Le plus souvent, dit-elle, ils avaient des plaies considé- ( râbles, & étaient presque tous blessés à la tête, car c'était là surtout que les Iroquois s'efforçaient de porter leurs coups. Le soin de nos malades nous obligeait à des veilles continuelles, ce qui, avec les travaux du jour, les offices du ménage & les observances de la règle, devenait accablant pour nous^, à cause de notre petit nombre.

(( Mais quelque pénible que fût ce service, j'ose dire comdats fréquents qu"il n"était rien ou peu de chose, comparé aux frayeurs continuelles d'être prises par les Iroquois. Nous avions tous les jours sous les yeux l'affreux spe(f1:acle des traitements cruels qu'ils faisaient souffrir à nos voisins & à nos amis, qui venaient à tomber entre leurs mains. Tout cela imprimait tant de terreur de ces barbares, qu'il faut s'être trouvé dans cette extrémité pour s'en former une juffe idée. Pour moi, je crois que la mort aurait été plus douce de beaucoup qu'une vie mélangée 8: traversée de tant d'alarmes pour nous-mêmes, & de compassion pour nos pauvres frères, que nous voyions traiter si cruellement. Toutes les fois que quelques-uns des nôtres étaient attaqués, on sonnait aussitôt le tocsin pour inviter les habitants à aller les secourir, & pour avertir ceux qui travaillaient en des lieux dangereux de se retirer promptement, ce que chacun faisait au premier signal de la cloche. Ma Sœur de Brésoles & moi montions au clocher, afin de ne pas employer un homme, qui allait courir sur l'ennemi. De ce lieu élevé nous voyions quelquefois le combat, qui nous causait

FRAYEUR DES HOSPI- TALIERES,

8 II'' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COxMP. DE xMONTRÉAL,

(i) Annales de l'Uôtcl-Dicu, par la Sœur Morin.

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