UNE CHAPELLE SLR LA MONTAGNE
(i) Arch. du sém. tcl-Dicu (i). Outre ces concessions de terres sur le
deVillemarie.Conces- , . tititv/t- i ii >i
sions d'odobre & nov. clomaine, M. de Maisonneuve en donna d autres a la 16G2, fcv. i663. contrée Saint-Joseph; chacune de douze arpents seulement, afin que les cultivateurs pussent se secourir plus aisément les uns les autres. Enfin il en donna d'autres situées près de la maison fortifiée de Saint-Gabriel; & M. de Béleftre prit, de son côté, une concession de trente arpents, proches de Sainte-Marie, avec promesse d y bâtir une maison pour se mettre à couvert des Iroquois.
DESSEIN DE CONSTRUIRE Après avolr pHs les précautions que nous avons
dites pour assurer la subsiftance des colons, en les déterminant à cultiver des terres dans le voisinage des lieux de défense, M. de Maisonneuve s'occupa des moyens de protéger leur vie pendant le travail auquel tous devaient se livrer. Ce sage gouverneur, en qui la foi égalait le courage, comprenait trop bien la vérité de cette maxime du Psalmiste : Si le Seigneur ne bâtit lui-même la maison, c'eft en vain quon entreprend de la conftruire, pour ne pas s'appuyer avant tout sur le secours d'en haut, spécialement sur la protection de la Reine du Ciel, à qui Tile de Montréal était irrévocablement consacrée. Aussi avait-il conçu le projet de bâtir à Marie, lorsque les circonlfances le permettraient, une chapelle sur la montagne; & désirant que ce monument fût censé être Touvrage de tous les colons, il defiina, pour fournir à la dépense, les rentes seigneuriales dues à la Compagnie de Montréal, qu'on n'avait point cru devoir exiger depuis l'établissement de Villemarie. Le 19 novembre 1661, il avait publié pour ce sujet l'Ordonnance suivante : » Ayant une entière con- « naissance du zèle & de l'affedion du sieur de Saint-André, « pour l'établissement de la foi en ce pays; nous, en « vertu des pouvoirs qui nous ont été donnés par MM. les « Associés, seigneurs de cette île, lui avons donné com- « mission de recevoir toutes les censives qui leur sont « dues, avec pouvoir de faire profiter l'argent qui provien- « dra de cette recette, pour être employé, suivant nos
4^ GUERRE. HOSTILITÉS. l663.
(( ordres, à la conftrudion dune chapelle sur la mon- « ta^ne de cette île en l'honneur de la Très-Sainte « Vierge, le tout sous le bon plaisir de M. TÉvêque de u Pétrée(i). »
(0 Circllc de Ville marie, iq nov. i66r.
xin.
DE S EMPARER DE VIL- I.ENr.NRlE.
Mais comme la protection du Ciel, sur laquelle ils t es iRoaiois résolus comptaient avec tant de raison, ne devait pas dispenser les colons d'employer leur indullrie personnelle pour se garantir, &: leur courage pour se défendre contre Tennemi, M. de Maisonneuve chercha les moyens que pouvait lui fournir la prudence pour protéger la vie des travailleurs. 11 s'y crut d'autant plus obligé que, d'un côté, le secours promis par le Roi n'arrivait point, & que, de l'autre, les Iroquois étaient plus résolus que jamais de ruiner de fond en comble "Villemarie. Déjà l'été de cette année 1662, quelques-uns de ces barbares qui s'étaient arrêtés dans ce pofte, & se trouvaient dans un état de gaieté qui les fit sortir de leur dissimulation ordinaire, avaient déclaré aux colons que quatre cents sauvages de leur nation devaient, sous prétexte de ramener les captifs qui leur refiaient, faire main basse sur toute la colonie Française. D'autres Iroquois, il eft vrai, entendant ce discours, & voyant leur dessein découvert, s'étaient efforcés de faire passer les premiers pour des menteurs; ce qui n'avait pas empêché le gouverneur général, informé de cet avis, de grossir sa garnison, ainsi que celle des Trois-Rivières^ & de se tenir sur ses gardes (2). Indépendamment de cet aveu, M. de Maisonneuve apprit peu après que les Iroquois étaient résolus de tomber sur Villemarie en particulier, de s'en emparer, & de s'établir dans ce poife, comme étant le plus important de la Colonie (3). Il réso- (3) Greffe de ViUelut, avec le peu de monde qu'il avait, de leur faire tête en marie, acte du ^7 jan-