‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 58 sur 326 · M. DE LAVAL VA SE PLAINDRE A LA COUR DE LA CONDUITE DU COU\ERNEUR · texte numérisé non relu

M. DE LAVAL VA SE PLAINDRE A LA COUR DE LA CONDUITE DU COU\ERNEUR

(2) Lettre 63« 10 août 1662. p. bj2.

(3) Journal des Jésuites, 12 août 1G62.

M. DE MAISO.SNEIVE VEUT FAIRE U .\ \ OYACE i;n I RANCE.

36 if PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

suscita une querelle également injufle à la Compagnie de Montréal, en lui disputant la propriété du magasin qu'elle avait à Québec, ou plutôt en renouvelant ce qu'avait déjà fait M. de Lauson sur le même article. Celui-ci, comme on la raconté, attribua à Couillard de Lespinay, son parent, un titre de concession pour une partie du terrain sur lequel ce magasin était bâti; & M. d'Avaugour, de son côté, donna, par un autre titre, au sieur Pierre Normand, taillandier, une portion de ce même terrain, quoique depuis vingt- deux ans la Compagnie de Montréal Feût possédé d\ine manière confiante & publique (i).

Cependant les désordres occasionnés par la vente des boissons enivrantes allaient toujours croissant, tant du côté des Français que de celui des sauvages, malgré e zèle des Jésuites pour en arrêter le cours. « Il y a eu des conteftations très-grandes sur ce sujet, rapporte la Mère Marie de Tlncarnation, & je ne parle de cette affaire, qui m'oppresse le cœur plus que toutes les hoftilités des Iroquois, que parce que j'y vois la majeflé de Dieu déshonorée, l'Église méprisée, & les âmes en danger imminent de se perdre. Notre Prélat a pensé mourir de douleur à ce sujet, & on le voit sécher sur pied. Les affaires étant en cette extrémité, il s'embarque pour passer en France, afin de chercher les moyens de pourvoir à ces désordres qui tirent après eux tant d'accidents funeftes. Je crois que, s'il ne peut venir à bout de son dessein, il ne reviendra pas, ce qui serait une perte irréparable pour cette nouvelle Église & pour tous les pauvres Français. Il se fait pauvre pour les assifler, 8: porte les marques & le caractère d'un saint (2). » M. de Laval partit, en effet, pour la France le 12 du mois d'août 16G2, avec le P. Ragueneau, par le bâtiment du capitaine Poulet (3).

Le mois suivant, M. de xMaisonneuve désira d'aller lui-môme en France pour représenter, de son côté, les

M. d'avaugour kt m. df MAisoNNfc:LivF.. 1662. Sy

besoins de la Colonie, toujours harcelée par les Iroquois; 8c il était plus capable que personne d'inspirer toute confiance à la Cour, &: d'obtenir enfin Tenvoi des troupes réi^lées que le Roi avait promises. Son intention était aussi d'engager la Compagnie de Montréal à exécuter la résolution qu'elle avait prise depuis longtemps, de subftituer à sa place le Séminaire de Saint -Sulpicc; 8: mademoiselle Mance résolut de l'accompagner dans ce long voyage, pour ménager, de son côté, le succès de cette subflitution qu'elle avait grandement à cœur. Mais comme il craignait que, durant son absence, les hoflilités des Iroquois n'obligeassent les colons d'abandonner la culture de leurs terres, il donna à M. Du Puis, qu'il établit commandant en sa place, le même pouvoir de disposer des terres du domaine qu'il avait conféré autrefois au brave Closse, son major, en semblable occasion. A cette iin, il rendit lordonnance suivante : « Etant obligé de faire un voyage en France pour le secours de cette habitation, où beaucoup de personnes ont le désir de demeurer & de cultiver des terres ; & considérant que c'efi: le vrai moyen de procurer l'établissement solide de ce lieu, à quoi nous désirons de contribuer de tout notre possible, nous donnons pouvoir à toute personne, durant notre absence, de défricher ou de faire défricher < des terres dans le domaine réservé pour MM. les seigneurs de Montréal, suivant l'ordre qui leur en sera donné, par écrit, par le sieur Zacharie Du Puis, que nous établissons pour commandant en notre place, à condition qu'ils jouiront de ces terres jusqu'à ce qu'on leur en ait donné une pareille quantité mise dans le même état, sur les concessions qu'ils possèdent présentement, ou sur celles qui leur seront délivrées dans la suite. » Cette ordonnance fut lue, publiée & affichée le même jour, à l'issue de la messe paroissiale, par Bénigne .'o Greffe de Mom- Basset, greffier des seigneurs (i). "^^^' r^g'ementdu .o

' ° ^ " ^ sept. 1662.

M. de Maisonneuve partit immédiatement pour Qué-

M. d'anaugour empê-

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