‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 71 sur 326 · SOUVERAIN A QUÉBEC · texte numérisé non relu

SOUVERAIN A QUÉBEC

LA COMPAGNIE DES CENT M. dc Laval était parti pour la France, le 12 août

1662, avec le P. Ragueneau, ainsi qu'il a été dit, pour se plaindre à la Cour des désordres occasionnés par la traite des boissons enivrantes données aux sauvages. Il y eut sur ce sujet des démêlés en France, comme Tassure la Mère (i^Lctt. 07<-,p. 58(). de rincarnation (i), c'efi-à-dire que les membres de la Compagnie, à qui ce commerce était devenu très-lucratif, durent faire tous leurs efforts pour le maintenir; mais ayant appris que le Roi, peu satisfait de leur conduite dans rétablissement du pays, qu'ils négligeaient entièrement, avait dessein de le leur ôter & de s'en remettre en possession, ils se déterminèrent à le prévenir en lui offrant leur démission; ce qu'ils firent, le 24 février i663, par (2) Edits & ordon- uuc renoncîation pure & simple (2) que le Roi accepta au

becTHosTî' ^ïo' "■'•^'^ ^^ ^'^^^^ suivant. « Depuis qu'il a plu à Dieu, dit ce

(*) Voyez la noio. suv V Etablissement des confréries de la Sainte- Famille.

. s. SULPICE SUCCÈDE A MM. DE MONTRÉAL. Sq

« prince dans ses lettres sur ce sujet, de donner la paix « à notre royaume, nous n'avons rien eu plus fortement « à cœur que le rétablissement du commerce, comme « étant la source &. le principe de l'abondance que nous « nous efforçons de procurer à nos peuples. C'ell: ce qui « nous a porté à nous informer de l'état où efl: le pays de « la Nouvelle-France, dont le Roi, notre très-honoré sei- « gneur & père, avait fait don à une Compagnie composée « décent personnes par traité de Tannée 1628. Mais, au « lieu d'apprendre que ce pays était peuplé comme il « devait l'être, vu le long temps de cette possession, « nous avons reconnu avec regret que non-seulement le « nombre des habitants eft fort petit, mais même qu'ils « sont tous les jours en danger d'en être chassés par les « Iroquois. Considérant d'ailleurs que cette Compagnie de « cent hommes était presque anéantie par le désiftement « volontaire du plus grand nombre, & que le peu qui en « reflait n'était pas assez puissant pour soutenir ce pays « & pour y envoyer les forces & les hommes nécessaires, « tant pour l'habiter que pour le défendre, nous avons « pris la résolution de le retirer des mains de cette Com- « pagnie, qui en a fait démission à notre profit. A ces « causes, nous déclarons que tous les droits de propriété, « juftice, seigneurie, accordés par notre très-honoré sei- « gneur & père, en conséquence du traité du 2g avril 1626, « soient et demeurent réunis à notre Couronne, pour être « dorénavant exercés en notre nom, par les officiers que

^ . . (') Edits & ordon-

« nous nommerons a cet eiiet (i). » nances, p. 3i, 32.

Dans le même temps où les associés de la grande i.a compagnie de mont

Compagnie se démirent ainsi de la propriété du Canada,

ceux de la Compagnie de Montréal songeaient, de leur

côté, à dissoudre leur Société & à mettre à leur place le

Séminaire de Saint-Sulpice. Les personnes de qualité qui

avaient formé l'établissement de Villemarie « jugèrent

« dès le commencement, dit la Mère Juchereau, que,

« pour le rendre durable, elles ne pourraient mieux faire

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