‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 72 sur 326 · HEAL SONGE A SE DISSOUDRE · texte numérisé non relu

HEAL SONGE A SE DISSOUDRE

60 II*" PARTIE. LOUIS XIV, CHEF DE LA COLONIE. l663.

(i) HiUoiredel'Hôtel-Dieu de Québec,

(i) Les Véritables Motifs de MM. et dames de Montréal, 1(543, in-4", p. 121.

(3) Mémoire de M.

Tronson pour lettres patentes, 1677.

(4) Description du monde, par l)avit\ , in-fol. Paris, 1860, t. V, p. 29.

( 3 ) Mémoires de M. D'AlIet.

(6) Lettre de M. de Brctonviilicrsaux Ecclésiafliques de Viilemarie, du 17 mars

^7} Edits & ordonnances, Québec, i8o3, 1. 1, p.8i. i85 |.p. 3 3.

« que de donner Tîle de Montréal à cette communauté « fondée par M. Tabbé Olier, qui était de leur associa- « tion (i). » C'était ce c|ui, en 1643, leur faisait dire dans l'exposition des vrais motifs de cette Société : « Quant à la « prophétie que vous faites de la rupture de notre Comu pagnie, pensez-vous qu'une Société appelée de Dieu à u rétablissement d'un dessein particulier ait besoin d'être « perpétuelle? Nous savons qu'elle se dissoudra qiielque (i jour, & nous faisons des vœux à Dieu pour que cela « soit (2). » Ce fut donc l'année i663 que leurs vœux furent exaucés, & en partie sur les inftanc^s de mademoiselle Mance, venue à Paris pour ce dessein. Outre que plusieurs des associés les plus zélés étaient morts, d'autres s'étaient volontairement retirés (*), depuis que le Séminaire de Saint-Sulpice avait pris sur lui une partie considérable des frais de Tœuvre & qu'il entretenait des Ecclésiaftiques à Viilemarie; en sorte que, si l'on en excepte M. de Maisonneuve & quelques directeurs du Séminaire de Paris, la Compagnie de Montréal ne se composait plus, en i663, que de cinq membres (**). Voyant donc la difficulté qu'il y aurait par la suite d'entretenir dans leur Société la pureté d'intention & le désintéressement parfait qu'elle s'était proposés dès le commencement (3); que d'ailleurs plusieurs, parmi eux, n'avaient pas les moyens de soutenir plus longtemps cette œuvre; persuadés enfin de 1 inutilité de leurs efforts & des grandes dépenses nécessaires pour la continuer, ils résolurent d'engager les prêtres du Sémi-

(*) Entre autres, nous voyons dans ce nombre M. de Vantadour, chanoine de Paris, qui avait été directeur de la Compagnie de Montréal (4), M. le prince de Conty, qui occupa aussi cette place (5), & se rendait aux assemblées de la Compagnie que l'on tenait alors au Séminaire de Saint-Sulpice, dans la chambre 011 était mort M. 01ier(6).

(**) C'étaient M. le baron de Fancamp, M. "Jean Garribal, maître des requêtes & président au grand Conseil, M. Antoine Barrillon de Morangis, conseiller d'État, M. Chirtophe Duplessis, de Montbar, aussi conseiller, & M. Bertrand-Drouart, écuyer (7).

s. SULPICK SUCCKDE A MM. DE MONTREAL.

naire de Saint-Sulpice à en prendre seuls la charge (i). (i) Ktabiisscmcm

C'était le parti le plus sage, après Texpérience qu'on avait '!*: '^^°'' yj^'"''^/'" ^^

faite du zèle ^ de la générosité de ces Ecclésiaftiques

depuis six ans qu'ils étaient établis à Villemarie; ce qui fait

dire au P. le Clercq : « L'on aurait peine à croire, comme

<i je l'ai su de personnes dignes de foi, jusqu'à quelle

« somme se montent les fortes contributions de la com-

« munauté 8: des particuliers du Séminaire pour cette

« bonne œuvre (2). »

Sur les infiances des associés de Montréal,' les directeurs de cette maison tinrent entre eux plusieurs assemblées; & considérant que M. Olier avait eu le dessein d'accepter Tîle de Montréal, ils conclurent qu'ils ne pouvaient pas avoir de marques plus assurées de la volonté de Dieu que les vues de ce saint prêtre. Jls résolurent donc unanimement d'accepter l'offre qu'on leur faisait, en exigeant toutefois que l'affaire demeurât secrète, jusqu'à ce qu'elle fût entièrement consommée. En conséquence^, le 9 mars suivant, les cinq associés de Montréal dont on vient de parler signèrent le contréit de donation de l'île au Séminaire de Saint-Sulpice, du consentement de M. de Maisonneuve, quoique absent, & de celui de mademoiselle Mance, qui était présente. « Considérant;, disaient-ils dans n cet acte, les grandes bénédidions qu'il a plu à Dieu de « répandre sur l'île de Montréal, pour la conversion des « sauvages & l'édification des Français, par les soins de « MM. Olier, de Renty & autres^ depuis vingt années; « & combien, dans ces derniers temps. Messieurs du « Séminaire de Saint-Sulpice ont travaillé, par leurs soins (' & par leur zèle, pour soutenir cette bonne œuvre : ayant « exposé leurs personnes & fait de fortes contributions (' pour le bien de la Colonie & Taccroissement de la gloire « de Dieu : le^ associés désirant, d'ailleurs, contribuer de « leur part pour seconder les pieux desseins de Messieurs (' du Séminaire 8: honorant la mémoire de l'abbé Olier, '< leur inftituteur & lun des promoteurs & des bienfai-

(2) Ibid., p. 79.

LE SÉMINAIRE DE SAINT- SULPICE SE CHARGE DE l'oeuvre de MONT- RÉAL,

LE

SOL'MIS PAR LES ASSO CIÉS DE ^rONTRÉAL,

62 iT PARTIE. LOUIS XIV, CHEF DE LA COLONIE. l663.

« teurs de l'œuvre de Montréal, ils ont, après plusieurs

u conférences sur ce sujet, & pour la plus grande gloire

« de Dieu, donné à ces messieurs tout le droit de pro-

« priété qu'ils ont en Tîle de Montréal, comme aussi

« la maison seigneuriale, dite le Fort, la métairie, les

« terres défrichées, & tous les droits qu'ils ont dans ce

. r.) Edits et orJon- ^, paysP)(l). » nances, ibtd. ^ •' '- ^ "- ^

Page 1