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M. DE MÉZY ENTREPREND DE NOMMER LE GOU- VERNEUR DE MONT- RÉAL

peu après à Villemarie, lui ôtèrent la nouvelle charge de greffier en chef^ nommèrent, pour de bonites considérations, comme ils s'expriment eux-mêmes^, le sieur Nicolas de Mouchy au même office de greffier & de notaire. Enfin, pour remplir les fondions de sergents royaux dans la mém.e sénéchaussée, ils établirent les sieurs Anicet et Raguideau, qui, avec le précédent, prêtèrent le serment d'usage & furent confirmés dans leurs charges, le 26 du mois de mai, par le Conseil souverain (i) (*).

M. de Mézy fit plus encore : jugeant apparemment que les pouvoirs dont il était revêtu comme Gouverneur général, avaient anéanti tous les autres privilèges donnés jusqu'alors par le Roi, ou qu'en reprenant la propriété du Canada, ce prince avait aboli tous ces privilèges, il s'arrogea à lui-même le droit de nommer le Gouverneur de l'île de Montréal. Le 23 odobre de cette année i663, où il semble que M. de Maisonneuve s'était rendu à Québec avec M. Souart, pour faire leurs représentations sur la création de la nouvelle jufiice, M. de Mézy expédia à M. de Maisonneuve des lettres pour le gouvernement de l'île de Montréal, & d'autres à M. Pierre Boucher pour celui des Trois-Rivières. Celles de M. de Maisonneuve étaient conçues en ces termes : « Le pays de la Nouvelle- (( France étant maintenant dans les mains & sous la pro- « tedion du Roi, par la démission des sieurs de la Com - (( pagnie qui en étaient ci-devant seigneurs, & Sa Majefié (( nous ayant établi Gouverneur & lieutenant général dans

(*) Malgré cette nomination, Nicolas de Mouchy n'a pas laissé, à proprement parler, de minutes comme notaire, & n'elt point mentionné dans la lifte des notaires de Montréal. Nous avons cependant sous les yeux un ade qu'il passa, comme notaire royal, par lequel Claude Robutel de Saint-André vendit une terre, en se réservant (2) C'.reflc de Ville- l'usage de la redoute qui y était conftruite (2). L'exiftence de cet a61e marie, 3o nov. 1664. pourrait donner à penser que, si Nicolas de Mouchy n'a point laissé de minutes, c'eft que peut-être le public ne s'adressait pas à lui, nonobftant sa nomination à l'office de notaire roval.

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GOUVERNEUR DK MONTREAL. 77

« toute rétendue de ce pays, nous avons cru qu'il était

u du bien de son service de pourvoir des personnes ca-

« pables pour commander dans les lieux éloignés, & no-

u tamment dans lîle de Montréal, porte plus exposé aux

« incursions des Iroquois nos ennemis, à cause de la

« proximité de leur demeure; & que, pour cet effet, nous

« ne pouvions faire un meilleur choix que celui de votre

v< personne, étant bien informé des services que vous avez

u rendus depuis plus de vingt ans que vous commandez

« dans ce lieu. Pour ces causes, & plein de confiance en

« votre fidélité au service du Roi, en votre valeur, en

« votre expérience &; votre sage conduite au fait des

^< armes, nous vous commettons & députons pour exercer

« la charge de Gouverneur de Tîle de Montréal, tant & si (,)Regifhc

>i longtemps que nous le jugerons utile pour le service du sinuations du Conseil

r>„- , \ supérieur, vol. A, n» I ,

. Roi (i). .. J5

On comprend qu'à la place de M. de Maisonneuve, i-rotestations m séqui, depuis vingt-deux ans, avait servi le pays & en avait été le soutien par sa prudence 8: son courage, tout autre que lui se fût montré blessé d"un procédé si oilensant & si injulte, surtout de la part d'un Gouverneur nouveau venu, tel que M. de Mézy, qui n'était'guère que depuis un mois dans la Nouvelle-France. Mais, toujours semblable à luimême, il reçut avec calme la commission nouvelle qu'on lui donnait, & la fit même enregirtrer à Québec, en déclarant qu'il l'acceptait sans préjudice du droit des seigneurs, ^ il supplia le Conseil souverain de trouver bon qu'il en donnât avis aux intéressés 8c à leur procureur dans ce pays. Ce procureur était M. Souart, qui, s'étant présenté devant le conseil, déclara quil n'avait à la vérité de procuration de la part des seigneurs que .pour prendre possession en leur nom de Tîle de Montréal, mais qu'il savait de science certaine que le Roi, par des lettres patentes de l'année 1644, leur avait donné le droit de riommer le Gouverneur. Le Conseil, sachant bien qu'il ne pouvait porter atteinte aux privilèges accordés par le Roi, ordonna ce

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