OIE
La bonne harmonie entre M. de Mézy 8: M. de Laval AuronnÉ temporelle ne fut pas aussi durable qu'on se Tétait promis , 8: il faut convenir que ce prélat ne trouva pas toujours dans les Gou^'erneurs avec lesquels il eut à vivre tout le concours qu"il eût pu désirer de leur part. Il semblait qu'ayant choisi de lui-même M. de Mézy, qui lui était particulièrement connu depuis longtemps, ils auraient toujours agi de concert, comme ils l'avaient fait dès leur arrivée à Québec. Mais cette bonne entente ne fut pas de longue durée, ce qui fait dire à la Mère Juchereau « que, par une sorte de « fatalité, AL de Laval ne fut pas longtemps à se repentir « de son choix (4) . » La grande autorité que la cour avait (4) Hift. de rnôtcicru devoir donner à l'Évêque dans le gouvernement du ^^^" '^^ Québec, p. pays devait inévitablement amener des conflits entre lui & le Gouverneur général. Il ell vrai que les anciens rois de France, en vue de procurer le bien des peuples, avaient attribué à plusieurs évèques l'autorité temporelle sur les fidèles soumis à leur juridiction, 8: l'expérience montra que cette forme d'adminiflration pouvait avoir de grands avantages pour les peuples. Mais en Canada, où les circonllances étaient différentes, l'autorité temporelle confiée
qG II*" partie, louis XIV; CHEF DE LA COLONIE, 1664.
conjointement au Gouverneur 8: à TÉvêque n'eut pas les mêmes résultats. Ce pays, qu'il fallait en quelque sorte conquérir Fépée à la main, à cause des incursions continuelles des barbares, avait besoin d'un Gouverneur militaire ; & ce Gouverneur, obligé de prendre son parti selon les circonftances, devait avoir une grande autorité nonseulement dans les matières de la guerre , mais en général dans radminiftration du pays. Toutefois l'organisation du Conseil souverain, créé en vue de favoriser la religion & rÉglise pour procurer le bien général, semblait reflreindre l'autorité du Gouverneur, & pouvait donner lieu à des mécontentements & même à des éclats déplorables.