‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 113 sur 392 · PS · texte numérisé non relu

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d'abord caché sous un canot d'écorces, s'imaginant queles Français évoquaient ainsi les esprits malins pour les épourvanter & leur donner la chasse. Il raconta que les Iroquois des trois autres villages s'étaient retirés dans ce dernier, comme étant le plus fort, & l'avaient muni d'armes & de vivres pour s'y défendre (1).

On vit en eflet par la triple palissade, haute de vingt pieds, qui l'environnait, par quatre baftions dontils l'avaient flanquée, par les amas prodigieux de vivres qu'ils avaient faits, & par la grande provision d’eau renfermée dans des caisses d'écorces pour éteindre le feu quand ils en auraient besoin, que leur première résolution était toute autre que la fuite, qu'ils avaient prise subitement par la terreur de nos armes (2). Ce vicillard ajcata que, quand ils eurent vu cette grosse armée, car ils s'imaginaient qu'elle se composait de plus de quatre mille hommes, ils furent si effrayés que le capitaine se leva & dit aux autres : « Mes « frères, sauvons-nous, nous avons contre nous tout le « monde. » Disant cela, il prit la fuite le premier, & tous les autres le suivirent. Cette fausse persuasion touchant le nombre de nos soldats, qui fut la cause de leur retraite précipitée, décida du sort de la guerre, & fut regardée comme un eflet de la protection du Ciel sur les Français. « M. de Répentigny, qui commandait nos habitants, dit à « ce sujet la Mère Marie de l'Incarnation, m'a assuré

qu'étant sur la montagne pour découvrir de là s'il n’y

avait point d'ennemis dans les environs, il jeta la vue « sur notre armée, & elle lui parut st nombreuse qu'il crut «ue les anges s'y étaient joints, ce qui le mit tout hors « de lui-mêème.Quoi qu'il en soit, ajoute cette Religieuse, « Dieu a fait en notre faveur ce qu'il fit autrefois pour le

peuple hébreu, qui jetait l'épouvante dans l'esprit de ses « ennemis, en sorte qu'il en demeurait vitiorieux sans « combattre. Il eft certain qu'il y a eu du prodige dans toute cette affaire, car si les Iroquois, fortifiés & runis comme ils létaient, avaient tenu ferme, ils auraient

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« donné bien de la peine & fait un grand déchet à notre « armée, hardis & orgueilleux comme ils le sont. Nous « Savons par expérience que les Agniers dont nous par- « lons ici ne le cédaient à aucune des nations lroquoises: « au contraire, elles n'osaient les contredire & étaient « obligées de se soumettre à leurs conseils, les Agniers « venant à bout de toutes leurs entreprises par la malice « & la cruauté; mais cette déroute les a couverts de la « dernière des humiliations où une nation peut être ré- « duite. »

La première chose que fit l’armée française fut de re ru; croix vo chanter le 7e Deum pour louer Dieu d'avoir lui-même fr ivre trs amurs surmonté ces ennemis par la frayeur. Les quatre Ecdé- 7" siaftiques qui accompagnaient les troupes dirent la Sainte Messe; après quoi l'on planta partout la croix, avec les armes de France, pour prendre possession de toutes ces contrées au nom du Roi. Enfin, pour feu de joie, on livra aux flammes, dans les quatre bourgs, toutes les cabanes, petites & grandes, ces dernières étant au nombre de cent environ (1), tous les Forts, tous les grains, tant ceux qui à Journal des 1 étaient amassés que ceux qui étaient encore sur pied dans suites, 3 nov. 1660, les campagnes, à la réserve de ce qui était nécessaire pour la subsiftance de l’armée (2). Les cabanes & les lieux de 1 reuresde M réserve étaient même si remplis de vivres, qu'on tient de locarmuion, let. qu'il y en avait pour nourrir tout le Canada deux années . He de entières. On conserva cependant & l'on emporta les outils | de menuiserie & d'autres dont les cabanes étaient garnies, + Lett. de Ja M

sn Le à ‘ * : de l'ncarnation, lettre ainsi qu'environ quatre cents chaudières 13). née 6 KE, ù L'expédition contre les Agniers étant par là terminée arroce ne s'unir.

heureusement, M. de ‘Fracy aurait désiré d'aller à Onneiout pour faire aux bourgades de cette nation le même traitement, mais la saison était trop avancée; il craignit que Îles rivières ne vinssent à se geler & que l'armée n'eût trop à souffrir dans sa marche. Quoiqu'elle eût berucoup souflert des difficultés du chemin en allant, le retour fut

plus fâcheux encore, par suite des pluies abondantes, qui

(1) Rélationde 1655, avaient enflé les rivières de sept ou huit pieds (1). Dans

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