‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 130 sur 392 · ASS · texte numérisé non relu

ASS

(1, Arch. de la Propagande, vol. America 3, Canada. Relatio Missionis, année 1660, art, 18, fol, 8,

2) 1bid. Informatio de Statu Ecclesiæ, 21 octobre 1061,

fo!, 20.

5, Ibid, lol, 58.

1 Archives de la Propagande, v. Scriture riferite nei Congregazione, 1669 à

XIE

LOUIS XIV INVITE LE SUPÉRIEUR DE SAINT- SULPICL À ENVOYER CHAQUE ANNÉE DES MISSIONN AIRES EN CA= NADA,

« point à la propagation de l'Évangile, quoique en France « le Roï très-chrétien & sa mère, comme aussi beaucoup « de seigneurs & de dames illuitres, ne désirent autre « chose pour ce pays (1). » Dans sa relation de l'année suivante, il ajoutait : « Nous ne souffrons ici aucune seéte « hérétique; c’eft ce que le Roi m'a accordé picusement « sur la demande que je lui en ai faite (2) avant ce quitter « la France. » Dans une lettre du 26 août 1664, il disait aux cardinaux de la Propagande : « Le soin & l'amour de « nos-églises sont ce qui touche surtout le cœur religieux « du Roi, &, pour cet objet, il nous accorde toutes nos « demandes (3). » Enfin il leur écrivait, plusieurs années après : « Quoique accablé d'un fort grand nombre d'af- « faires, le Roi très-chrétien favorise cette colonie d’une «€ manière admirable, surtout par son zèle pour y pro- « pager la religion, quoiqu'il ne retire presque aucun « avantage de ce pays barbare (4). »

Cornme les Ecclésiaftiques envoyés par le £éminaire ne coûtaient rien au Roi ni à la colonie, ainsi qu'on l'a dit, M. Ta'on, voyant sur les lieux le besoin qu'on avait de Missionnaires, engagea la Cour à en demander de nouveaux à M. de Bretonvilliers, cette année 16(6: « De « quelque côté que doive venir le secours de l'Église pour « la subsiftance de ses miniftres, écrivait-il à Colbert, je « me sens obligé de vous le demander. Il eft conflant que « M. l'Évèque de Pétrée ne peut fournir de curés ou de « Missionnaires tous les endroits de ce pays qui en ont « besoin, s'il n'ett assifté ou par le Roi ou par la Compa- « gnie. Le fonds des dimes, établi avec beaucoup de mo- « dération, ne peut suflire, à moins que M. de Bretonvil- « liers, Supérieur de Saint-Sulpice, ne fasse passer cinq « ou six prêtres choisis dans son Séminaire, qui ne soient « pas plus à charge que ceux qu’il nous a fait donner cette « année, pour desservir la cure des Trois-Rivières & ad- « miniftrer les sacrements aux troupes d'un ou deux de nos « Forts; cet expédient me paraît le plus facile & le moins

ce « onéreux de tous (1). » Le Roïinvita,eneftet, M. de Bre- 1) archives de la up tonvilliers à envoyer tous les ans d’autres Ecclésiafliques Maine TEE de M re à Villemarie; & alors commença pour ce pays une suite nov. 1666. . ce remarquable de Missionnaires séculiers, qui, se condam- \. te nant, par zèle pour le salut des colons, aux privations les LE nt plus dures, déterminèrent, par leur exemple, d'autres Ec- FA or clésiattiques França's à renorcer aux douceurs de la patrie 4 ait pour prendre part eux-mêmes à la mission du Canada. de Les lettres Ccrites par les prêtres de Villemare à leurs sis confrères de Paris, qu'on lisait publiquement au Séminaire } A de Saint-£ulpice, enflammaient les jeunes Ecclésiattiques eS de cette maison; en sorte que leurs direleurs, sachant f- que le pays ne pouvait alors nourrir ses Missionnaires, ne po . choisissa:ent d'ordinaire pour Villemarie que ceux qui | o jouissaient d'un assez fort revenu pour pouvoir s'y en- RU bu tretenir eux-mêmes & contr.buer encore de leur superflu tu à l'établissement de nouveaux co'ons. C'était l'accomplis- : REA sement littéral des vues montrées autrefois à M. Olier, si (NE . désireux d'aller se sacrifier en personne pour la sanélifi- AE a cation de Villemarie, & à qui Dieu avait fait connaître k aura il qu'il accomplirait les desseins de son zèle, par ses dis- JE el ” ciples, après sa mort.

e XUI, Er Entre autres qe M. de Bretonvilliers y envoya, v. pe réneron vassr ë nous devons nommer ici M. François de Salignac de Ha At Co OR Motte-Fénelon, du diocèse de Périgueux, frère aîné & | consanguin de l'Archevèque de Can.brai, dont le nom cft

devenu juftement célèbre (*). Quoiqu'il n'cût encore reçu que les ordres mineurs & n'eût pas achevé ses études de

(*) Quelques-uns ont confondu M. François de Fénelon, prêtre du Séminaire de Saint-Sulpice de Villemarie, avec François de Fénelon, son frère, Archevèque de Cambrai; & ils sont excusab'es de s’étre ainsi mépris, après que l'auteur de la vie de ce prélat, M. de Bausset, ancien Évêque d’Aluis, & ensuite cardinal, eft tombé iuimême dans cette erreur, que depuis on a fait disparaître de son ler ouvrage. LE

172 If PARTIE. LOUIS XIV.

théologie, il témoigna un si vif désir de partir pour le Ca-

nada, que M. Louis Tronson, son direéteur, ainsi que le

marquis de Fénelon, son oncle, & le comte de Fénelon,

son frère aîné, ne crurent pas devoir y mettre obflacle; &

il partit pour Villemarie le 30 janvier 1667, n'ayant passé

(1) Catalogue d'en- encore au Séminaire que quinze mois (1). Mais lorsque Se te Hoi l'Évêque de Sarlat, frère du marquis, eut appris le départ ris, pe 94. de ce neveu, dont il s'était proposé de se servir dans l'adminiftration de son diocèse, il écrivit une lettre de

plaintes amères à M. Tronson, en l'engageant à user de toute l'influence qu'il pourrait avoir sur son neveu, pour le

déterminer à repasser en France. « Je puis vous assurer,

« Monseigneur, lui répondit M. Tronson, que j'aurais

« souhaité que M. votre neveu eût pu répondre à vos

« intentions; mais sa résolution était si ferme, qu'après ce

« que je lui ai dit avant son départ de cette ville, je ne

« vois pas ce que je puis faire à présent. M. le marquis,

« votre frère, & M. le comte savent assez le peu de part

« que nous avons à ce dessein. J'ai tâché, dans les ren-

« contres, d'en éloigner votre neveu autant que je l'ai pu;

« j'ai parlé plusieurs fois pour le porter à ne pas se préci-

« piter, lui disant nettement que, s’il pouvait modérer son

« désir & demeurer en paix, il se rendrait plus capable, ;

« en continuant ses études & ses exercices de piété, de

« travailler un jour dans l'Église. Enfin, Monseigneur, :

« j'ai tâché de mettre sa fermeté à l'épreuve, en lui repré- « sentant ce que j'ai cru être le plus capable de l'ébran-

« ler; mais, son inclination se trouvant toujours également « forte & ses intentions paraissant désintéressées, je me | « suis vu hors d'état de passer outre, ayant employé inu-

« tilement tout ce que je pouvais & ne croyant pas avoir 1 (fl (2) Archives du sé. « droit de faire à son désir d’autres violences (*) (2). » ! minaire de Saint-Sul- |

| | pice de Paris. T. I des HH k: Lettres diverses de LA : re :

(| M. Tronson, 19 fév. (*) Comme PÉvéque de Sarlat se plaignait de n’avoir pas été Ali 1667, informé du désir de son neveu avant son départ de France, M. Tron-

son, qui en eut avis, fit à sa lettre l’addition suivante : « J’ai appris « depuis ma lettre écrite que le silence que nous avons gardé vous

BREF D ALEXANDRE VII. 1067. 173 M. de Fénelon arriva à Québec, au bout de cinq mois de navigation, le 27 juin 1667 (1), avec un autre Ecclésiastique plus jeune que lui (2), M. Claude Trouvé, sousdiacre du diocèse de Tours (3), deftiné aussi pour Villemarie. M. de Laval, charmé de recevoir un Ecclésiaftique du mérite de M. de Fénelon, l'ordonna sous-diacre le 7 août de cette année; l'année suivante, le 10 du mois de juin, il lui conféra le diaconat, & le lendemain le sacerdoce dans l'église de Québec (4). Mais comme ce nombre d'ouvriers évangéliques ne pouvait suffire aux besoins de l'île de Montréal, qui se peuplait de jour en jour, M. Souart partit pour la France, par les derniers navires de cette année, afin de faire inftance auprès de M. de Bretonvilliers & d'obtenir un nouveau renfort de Missionnaires (5) !*).

Malgré les services importants que les prètres de Saint-Sulpice lui rendaient avec tant de désintéressement & de zèle, M. de Laval ne laissait pas de conserver toujours à leur égard les sentiments de défiance dont nous avons parlé; & le temps, qui d'ordinaire sert à calmer les

« avait fait quelque peine : j’ajouterai donc, Monseigneur, que nous « n'avons pas coutume de parler de ceux que nous dirigeons & que « nous confessons. Nous leur donnons simplement avis sur ce qu’ils « nous demandent; & ce n’eft pas manquer de respeét pour ceux à qui «ilsappartiennent si nous tenons secrètes des choses que nous n'avons « pas droit de publier. Nous supposons toujours qu’ils ne manque- « ront pas de s’acquitter eux-mêmes de ces obligations en ces ren- « contres. Je vous dirai, Monseigneur, que je n’aurais pas même cru « devoir vous écrire sur cette affaire, m’en étant expliqué nettement « avec votre neveu, & en présence de M. le marquis votre frère, « Comme il avait été témoin de tous mes sentiments, je ne devais pas « douter qu’il ne vous en informät bien amplement lui-même ; & je « crus qu'il n’y avait point de meilleure voie pour vous les faire con- « naître, puisque c'était la moins suspeéte & la plus assurée (6).

+) Avant de quitter Villemarie, M. Souart nomma, pour tenir sa place au Séminaire, M. Dominique Galinier; & c’eft ce qui explique pourquoi dans des contrats de concessions de terres, faites en l'absence de M. Souart, M. Galinier eft qualifié : Supérieur des F'eclésiastiques de l'isle de Montréal (7).

(1) Journal des Jé.

suites, 27 juin 1667.

‘2) Lettres de Marie de l'Incarnation, lettre Not, 17 oétob, 1668, p. 652.

(3) Catalogue d'entrée du séminaire de Saint-Sulpice de Paris, pe 03.

(4) Archives de l'archevêché de Québec, regittre À p. 54, 62,

(5) Hiftoiredu Montréal, par M. Dollicr de Casson, de 10600 1067,

M, DE LAVAL PRÉVENU, COMME AUPARAVANT, CONTRE LES PRÊTRES DE SAINT-SUEPIF,

5, Lettres diverses de M, Fronson, ibid.

7 Grefle de Villemarie, 27 déc. 1667, 1S février 1705,

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(a) Archives de la Propagande, vol. A mérica 3, Canada, lcttre du 2Q août 1007,

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