‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 131 sur 392 · QUI APPROUVE · texte numérisé non relu

QUI APPROUVE

STIIUT DES HOSPIT ue

TIÈRES MARIE,

DR

viiti

174 n° PARTIE, LOUIS XIV.

esprits émus, n'avait apporté aucun changement à des dispositions si peu favorables. Ce prélat s'était persuadé, par suite des démarches du clergé de France pour faire nommer M. de Queylus Évèque du Canada, que celui-ci, aussi bien que ses confrères, ne le voyaient qu'avec peine exercer lui-même dans ce pays les fonélions épiscopales. Cette préoccupation était nème si fortement entrée dans son esprit, qu'elle lui faisait considérer comme autant d'aétes d'opposition à son autorité leurs aélions (1) les plus indiffcrentes, spécialement l'appui qu'ils donnaient aux Hospitalières de Saint-Joseph; et la pers!vérance d'un prélat si picux dans de tels sentiments montre de plus en plus que Dieu voulait sandifier les Ecclesiaftiques de Villemarie par les contradictions & les croix de toutes espèces. Nous avons parlé déjà des efforts de M. de Laval pour engager ces Hospitalières à embrasser l'Inflitut de celles de Québec; la conflance qu'elles faisaient paraitre pour suivre leur première vocation lui déplaisait beaucoup, & comme les prêtres de Saint-Sulpice ne croyaient pas pouvoir les en blämer, & qu'au contraire ils approuvaient leur persévérance, cette manière de voir, opposée à la sienne, formait dans son esprit un nouveau sujet de gricfs contre eux. Il était dans ces dispostions lorsque l'un de ces prêtres lui présenta le Bref d'Alexandre VIT, qui approuva l'infltut des Hospitalières de Saint-Joseph & déclara qu'elles était vraiment Religicuses (2).

Nous avons dit qu'en les établissant, M. de la Dauversière avait voulu qu'elles se consacrassent, par les vœux solennels de religion, au service de Dieu & au soulagement des malades ; mais, depuis vingt-quatre ans que l'Infhitut exiflait & avait formé divers établissements, on n'y avait encorc fait que des vœux simples, d'où il ctait arrivé qu'un certain nombre de Sœurs, dégoûtées peu à peu de leur vocation, s'étaient fait dispenser de leurs engagements pour rentrer dans le monde. Celles qui, dans chaque maison, étaient le plus attachées à leur Infitut,

BREE D'ALEXANDRE VII. 1667.

craignant enfin qu'il ne tombât aussi promptement qu'on l'avait vu s'élever, s'adressèrent à l'Évêèque d'Angers (1), qui, conjointement avec les Évèques dans les diocèses desque's l'Inflitut était établi, recourut au Saint-Siége Apoftolique, &, sur leur demande, le pape Alexandre VIE, au commencement de l'année 1666, donna le Bref dont nous parlons, qui autorisa les vœux solennels, & déclara que ces filles étaient vraiment Religieuses (2). L'œuvre de M. de la Dauversière reçut ainsi sa dernière perleélion, & Villemarie se vit dotée irrévocablement d'un établissement qui avait cté l'occasion de la fondation de cette colonie, ainsi qu'il a été dit, & qui, par les contra iélions même qu'il éprouva de la part des hommes, opposés, quoique dans de bonnes vues, à sa formation, montra avec plus d'évidence encore qu'il était l'ouvrage de Dieu seul. Il eft même à remarquer que, par ce Bret, les Hospitalières de Saint-Joseph se trouvèrent les seules en Canada qui furent reconnues solennellement pour religieuses ; çar cel'es de Québec, à qui M. de Laval voulait les unir, ne faisaient alors & n'ont jamais fait depuis que des vœux simples dans leur profession.

Mais comme ce Bret, qui rendait inutiles les projets de M. de Laval touchant l'union, avait été expédié sans qu'on l'eût consulté ni même prévenu, il soupconna que les prêtres de Saint-Sulpice avaient usé d'art fice pour l'obtenir, en vue de contrarier par là son autorité; & afin de s'en assurer pleinement, il écrivit aussitôt aux cardinaux de la Propagande. Après leur avoir exposé 'es divers motifs qui jusqu'alors lui avaient fait douter s'il pourrait jamais approuver l'Inftitut de Saint-Joseph, il leur parlait en ces termes : « J'étais dans ces incertitudes lorsqu'un « prêtre du Séminaire de Saint-Sulpice, Séminaire qui « aujourd'hui possède toute l'habitation de Montréal, eft « venu me trouver, à m'a présenté un Bref donné par le « Souverain Pontife, qui déclare vraies Religieuses tant les Hospiialières de Montréal que celles de quelques

u Hittoire de llins üutution des Hospitalicres de Saint-losesh, in, chap, x, p, 54 Archives de l'Hotel Dieu de la Eléche,

2) Bret d'Alexan fl dre VI, ibd, Î

M, DE LAVAL SOUPOONNI

LES PRÊTRES Di ti il ST-SULPICE D'AVOIR ff Ve OBTE NE PAR SURPRISI À à L L LA LE BREE D'ALENAN- 1h 40 DU Ÿ ?

URE VII, M AE ï AT TA

Re ALU

Page 1