‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 135 sur 392 · DEF SAINT-SULPICE · texte numérisé non relu

DEF SAINT-SULPICE

(3) Archives du séminaire de Villemarie, luventaire de Paris, consultation de M.

Guichery, avocat, 21 avrii 1007,

« aflaire, écrivait le Supérieur du Séminaire Saint-Sulpice « de Paris; mais j'ai témoigné à Mgr de Québec que je ne « voyais point qu'il y eût la moindre difficulté pour notre « conscience. Nous sommes parfaitement en repos de ce « côté & bien fondés en raison (1). » Enfin, pour contraindre le Séminaire, M. de Laval le cita devant l'Intendant (2), ou plutôt devant le Conseil souverain de Québec.

Plusieurs personnes furent étonnées qu'on voulüt juger ainsi, après leur mort, les Associés de Montréal, & examiner si des hommes dont la mémoire était en grande vénération dans toute la France, tels que le baron de Renty, M. Olier, M. Brandon, avaient bien ou mal versé dans une œuvre qui était un pur effet de leur religieuse libéralité & de leur zèle. Ces personnes conseillèrent aux seigneurs de Montréal de se pourvoir, non devant une Cour de justice, mais au Conseil privé du Roi (3), où l'on avait toujours plus d'égard à l'équité naturelle qu'aux formalités légales. On prit ce parti, & le Roi évoqua, en effet, l'affaire à son Conseil privé. Les membres de ce Conseil, tous d'une probité, d'un désintéressement & d'une piété reconnus, parmi lesquels étaient des jurisconsultes des plus habiles du royaume, décidèrent que, quoique mademoiselle Mance n'eût pas été munie d'un pouvoir suffisant pour engager ainsi l'Hôtel-Dieu, & qu'on n'eût pas observé dans cette affaire toutes les formalités qu'on exigerait dans une Cour de juftice, cependant, toutes choses mûrement considérées, le Séminaire n'était tenu à aucune reftitution. Cette décision était fondée sur le consentemeat assez manifefte de la fondatrice alors décédée ; sur la proportion qu'il y avait eu entre la valeur des terres & la somme de vingt-deux mille livres; enfin sur l'équité naturelle, On jugea qu'il n'était pas jufte, en effet, de faire porter aux seigneurs de Montréal seuls les frais d'une recrue qui avait profité à tous les colons de ce pofte, à l'Hôtel-Dieu, & mème à toute la colonie Française, dont la perte eût été infaillible sans ce secours. Qu'au refte,

cette recrue ayant coûté soixante-quinze mille livres, les seigneurs de Montréal s'étaient montrés très-généreux en en fournissant cinquante-trois mille d’ailleurs; comme aussi en faisant eux seuls, par la cession des cent arpents de terre, le remplacement des vingt-deux mille livres, quoique d'après l'équité naturelle toute la colonie & l'HÔtel-Dieu lui-même eussent dû y contribuer (1). Cette décision, qui mettait les seigneurs de Montréal dans une parfaite assurance, ne satisfit pas M. de Laval. Il revint encore à la charge, voulut qu'on jugeàt l'affaire de nouveau, &, pendant plus de vingt ans, ne cessa d'agir pour obliger le Séminaire à rembourser les vingt-deux mille livres, jusqu'à ce qu'enfin son successeur, M. de Saint- Valier, ayant pris connaissance de l'affaire en 1695, jugea qu'on ne devait plus en parler.

Cependant M. Souart partit pour la France, &, arrivé à Paris, mit tout en œuvre pour attirer à Montréal de nouveaux ouvriers évangéliques qui pussent suflire à l'abondance de la moisson (2). Il avait surtout à cœur d'y ramener M. de Queylus, alors Supérieur de la Communauté des prêtres de la paroisse de Saint-Sulpice, qui portait un vif intérêt aux colons de Villemarie, quoique toujours exilé de ce pays (*). M. Souart, qui l'avait remplacé à Montréal, désirait beaucoup de lui remettre la supériorité du Séminaire, tant à cause des qualités avantageuses de M. de Queylus pour cette place, que de la générosité de son zèle pour procurer l'avancement 1e cette colonie. D'autre part, la Cour, n'ayant rien plus à cœur que de la

(*) C'était peut-être pour obtenir le retour d’une personne qui devait être si utile à l'avancement de cette colonie, qu’au mois d’oétobre précédent M. Souart avait fondé, aux noms dé MM. de Queylus,

emmmes d’Allet & Galinier, l'entretien d’une lampe qui devait brüler à perpéfuté devant le maitre-autel de la paroisse de Villemarie, & une messe célébrée chaque année en l'honneur de l'enfant Jésus, dans l'Oitave de Noël 3).

(1) Lettre de M.

Tronson à M, Remy,

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