L'ÉTABLIR
(4, Dictionnaire du la noblesse, par la Chesnaye des Bois, ut, Dréhaiït, = \rmorial de Bretagne.
par A.-P, Guérin de la Grasscries, Rennes, INH5-184S, 2 vol, infolio,
e Nobiliaire ce Bretagne, par M. Po thier de Courev,in-J", Saint-Paul de Léon, 146, art. Bréhant.
(3) Armorial de Bretagne, par Guérin.
\près la paix conclue avec les Iroquois, M. de Laval, sachant combien le Roi avait à cœur de leur procurer le bienfait de la Foi, s'était relâché de la pratique qu'il avait gardée jusqu'alors de réserver aux Jésuites seuls le soin des Missions sauvages, & trouva bon, en 1667, que deux prètres de Villemarie allassent aussi les évangéliser. « I y « a onze prètres de Saint-Sulpice à Montréal, écrivait cette
race d'ancienne noblesse de chevalerie qui, dans le onzième & le douzième siècle tenait rang parmi le. anciens barons de Bretagne (tr), avait suivi saint Louis à la croisade, dans la personne du chevalier Etienne de Bréhant, décédé en : 270; & l’on doit ajouter que la devise singulière des armes de cette famille : Foi de Bréhant vaut mieux quars ent, eit une preuve de la loyauté chevaleresque de ceux qui la méritérent les premiers (2), Au retour de la croisade, un seigneur Breton, qui poriait le nom de Galilée, en mémoire sans doute de quelque trait de valeur où il s'était diftingué dans cette contrée de Paleitine, fit bâtir, en Bretagne, un chäte.i qui, de son nom, fut appelée Galilée, ensuite, pa corruption, Walinée (3); &, plus tard, sous François 1°", le chevalier Mathurin de Bréhant, capitaine de cinq cents hommes , avant épousé la fille unique du seigneur de Galinée, ce nom passa à la famille des Bréhant, qui le portérent depuis.
M. d'Urfé était issu, par Renée de Savoie Lascaris, sa Fisaïeule, de la maison de Lascaris, lune des plus anciennes & des plus illustres de la Grèce, qui avait ième occupé le trône impérial d'Orient. Cette princesse, avant épousé Jacques d'Urfé, gouverneur du Forez en F rance, d’une des plus grandes maisons de ce royaume, céda, en 1575, aux princes de Savoie, ses parents, les terres qu’elle avait dans ce duché. Ce fut alors, & à cette occasion, que le duc de Savoie lui donna, en échange, le comté de Baugé, en france, que sa famille possédait depuis trois sièles. Il l'érigea en marquisat, pour elle & sa poftérité; & la marquise Renée de Savoie retint encore, pour ses descendants, le nom de Lascaris, qui fut toujours porté depuis par les seigneurs d'Urié.
Si nous entrons ici dans ces détails, c'ett qu’il n’ett pas indittérent pour la Nouvelle-France de savoir que des hommes de cette qualité, à qui une naissance illuftre donnait un si grand relief dans le monde, soient allés, pour les motifs les plus purs du zè'e apottolique, se consacrer à l'établissement de cette colonie, malgré les privations qu'ils eurent à ;'endurer, & les dangers sans nombre qu’ils coururent; ni que Louis XIV ait favorisé leur envoi dans un pays où il avait ee de former une colonie modéle dont il tenait à honneur d’être
egardé comme le père & le fondateur.
MISSION DE KENTÉ, 1668, 101
« année M. Talon; ils ont la cure & prennent soin des « Sauvages, ayant commencé d'envoyer en mission (1)°*).» Au mois de juin 1668, des Iroquois arrivèrent en embassade dans cette ville, au nom de ceux de leur bourgade, & demandèrent au supérieur du Séminaire de leur donner des robes noires pour les inftruire de la religion ‘2, C'était une peuplade de sauvages d'Oïogouens, retirée depuis peu sur les rives du lac Ontario (3), par la crainte de ses ennemis, & établie dans une baie appelée Kenté. M. de Fénelon & M. Trouvé venaient alors d'être ordonnés prêtres; ravis de cette proposition, ils s'offrirent pour aller commencer une mission dans ce pays; & M. de Quevlus, qui approuva leur dessein, les envoya à Québec, tant pour obtenir de M. de Courcelles & de M. Talon une concession de terre où ils pussent s'établir, si cette mission avait lieu, que pour en exposer le dessein à M. de Laval, & recevoir de lui l'approbation nécessaire 4). Quoiqu'on ait beaucoup écrit sur les Missionnaires du Canada, ceux de Kenté sont reftés inconnus jusqu'ici, par un effet du soin qu'ils eurent toujours de tenir leurs travaux cachés sous le voile du s'lence. Nous suppléerons ici à cette lacune en donnant quelques détails relatifs aux deux fondateurs de cette Mission.
M. de Laval, s'eflimant heureux de fournir ainsi aux Iroquois de nouveaux moyens de salut, accueillit avec joie les deux nouveaux Missionnaires, &, le 15 septembre 1668, leur donna pour cette mission des lettres qu'il
(*) L'un de ces Missionnaires était, selon toutes les apparences, M. Barthélemy, qui déjà, dès l’année précédente, avait une assez grande pratique de la langue Algonquine & de lOutaoise pour converser avec les sauvages de ces nations (5); & qui, dix ans après, servait quelquefois d’interprète en langue Algonquine, dans les pourparlers avec les sauvages & dans les audiences du juge de Villemarie, quand il en était besoin (6), comme, de son côté, Jacques Lamarque servait d’interprète pour ceux de la nation des Loups (7).
1, Archives du la \ { .
marine, Mémoires généraux sur le Canada, Mémoire de M, 1
lon, 1007,
(2) Hifloire du Montréal, par M, Dollier, Abrégé de la mission de Kenté,
(3) Relation de 166$,