‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 138 sur 392 · NXVI M, DE LAVAL DONNE DES LETTRES DE MISSION · texte numérisé non relu

NXVI M, DE LAVAL DONNE DES LETTRES DE MISSION

POUR KENTÉ,

(5) Mémoire dc M, d'Allet, per Mémoire.

6 Mémoires de M, de Galinée. Iiftoire du Montréal par M, Dollier.

7 Grefle de Villemarie, 2S août à 20 juin 1060, Intormations contre les

traiteurs de boissons.

adressa à M. de Fénelon. Cependant dans ces lettres mêmes

il nomma pour chef de la Mission M. Trouvé : ce qui fait

dire à la Mère de l'Incarnation : « M. de Fénelon n'a point

« eu honte de se faire compagnon, dans une mission Iro-

1) Lettres de Marie « quoise,, d'un ecclésiaftique plus jeune que lui (1). » Éigont-hau e N Comme l'un & l'autre avaient à peine reçu le sacerdoce, 1668. & étaient sans expérience du miniftère qu'ils allaient remplir, M. de Laval leur recommanda d'écrire dans leurs

difficultés aux RR. PP, Jésuites, dont il fait un très-bel

éloge, & de ne s'écarter"en rien de la pratique de ces Reli-

gieux. L'unité de conduite, qu'il désirait avec raison de

voir régner entre tous les Missionnaires, & l'expérience du

succès que les Jésuites avaient obtenu jusqu'alors, devaient

lui suggérer une recommandation si sage. A ces lettres de

pouvoir, il joignit encore des avis par écrit sur la conduite

qu'ils auraient à tenir à l'égard des sauvages, & leur en-

(2) Archives de l'ar. joignit de les lire souvent (2). Ses lettres étaient conçues +. OMR en ces termes : « À notre bien-aimé en Notre-Seigneur, | « François de Salaignac, prètre. C'eft avec une singulière satisfaétion & consolation de notre âme que nous avons

vu la ferveur & le courage avec lesquels vous vous

portez à la conversion des nations infidèles, & que vous

nous avez fait connaître les sentiments que Dieu vous

a donnés d'aller, avant cet hiver, dans un lieu situé vers

l'entrée, plus proche de nous, du lac nommé Ontario,

côte du nord, pour y travailler à la conversion d'une

nation qui s'y eft établie depuis environ trois ans, & d'y

chercher les brebis égarées que ci-devant les Pères de

la Compagnie de Jésus avaient amenées au bercail de

Notre-Seigneur. Nous vous donnons pouvoir & autorité

de travailler à la conversion de ce peuple, de leur con-

férer les Sacrements, & généralement de faire tout ce

que vous jugerez à propos pour l'établissement de la

Foi & l'accroissement de ce nouveau chriftianisme ;

vous enjoignant toutefois d'être subordonné en toutes

ces fonctions à notre bien-aimé Claude Trouvé, prêtre,

que nous associons avec vous pour le même dessein, &

MISSION DE KENTÉ, 194

« de recevoir de lui, en tout ce qui regardera le salut « des âmes, la conduite & le pouvoir. Nous vous recom- « mandons de conserver toujours une liaison très-étroite « & une intime union avec les Religieux Missionnaires de « la Compagnie de Jésus, afin que n'ayant tous qu'un « même cœur & un même esprit, il plaise au souverain « pafteur des âmes de nous rendre tous participants des « mêmes grâces & des mêmes hénédiétions. C'eft ce que « nous le supplions de vous accorder par l'intercession de « sa très-sainte Mère & du bienheureux saint Joseph, « patron spécial de cette Église naissante {1). »

Comme M. de Laval autorisait ainsi des prêtres séculiers à évangéliser les sauvages, & que la réserve qu'il avait gardée jusqu'alors avait pu le faire soupçonner de partialité, il fit mention de cette Mission dans sa lettre à M. Poitevin, qu'il inséra dans la Relation de cette année. « J'ai « donné mission depuis un mois, dit-il, à deux très-ver- « tueux & très-bons ouvriers pour aller dans une nation Iro- « quoise, qui s'eft établie depuis quelques années du côté « du nord du grand lac, nommé Ontario, dont la commu- « nication ne nous eft pas difficile. L'un eft M. de Féne- « lon, dont le nom efl assez connu dans Paris, & l'autre « M. Trouvé. Nous n'avons pu encore savoir le succès « de leur emploi; mais nous avons tout sujet d'en espé- « rer un très-grand fruit (2). » À Québec, M. de Courcelles & M. Talon, de leur côté, louèrent le zèle des deux Missionnaires, & leur donnèrent, par écrit, une concession de terres à la baie de Kenté (3) pour s'y établir, v faire des conftruétions & des défrichements, avec droit de pêche dans la baie & le lac de ce nom, dans la rivière Tanaouate & dans le lac Ontario, depuis Kenté jusqu'à la baie de Gagouion inclusivement (4).

Revenus de Québec à Villemarie, les deux Missionnaires, que le chef du village de Kenté était allé chercher, sembarquèrent avec lui & avec un autre sauvage, le

Page 1