‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 158 sur 392 · NIR LE DÉFRICHE MENT DES TERRES CONCÉDÉES · texte numérisé non relu

NIR LE DÉFRICHE MENT DES TERRES CONCÉDÉES

(1) Archives du séminaire de Villemarie sur lesconcessions, 22 mai 1667.

marie, 25 mars 1657 Acte de Basset,

MESURES PRISES PAR LES SEIGNEURS DE MONT- RÉAL POUR OBTENIR LE DÉFRICHEMENT DES TERRES CONCÉ- DÉES,

là le défrichement des terres. Touché de la juftice de leurs plaintes, il ordonna qu’à l'avenir on ne passerait aucun contrat de concession de terres, en Canada, sans obliger le censitaire, non-seulement à y tenir feu & lieu dans l’année, mais aussi à en mettre tous les ans deux arpents en culture, à peine de déchoir de sa concession, qui retournerait au seigneur; à moins que l’autre ne prouvât qu'il en avait été empêché par force majeure, par maladie ou par quelque autre cause indépendante de sa volonté. Il ordonna, en outre, de ftipuler dans le contrat, que le censitaire ne pourrait la vendre avant d'y avoir conftruit un bâtiment & mis au moins deux arpents en culture de pioche (1). On était censé, selon la coutume ordinaire du pays, avoir mis une terre en culture lorsqu'on en avait abattu les arbres & arraché toutes les souches qui portaient un pied de diamètre & au-dessus, & aussi qu'on en avait rasé toutes les autres, de manière que la charrue püt y passer sans obftacle (2).

“onobftant cette ordonnance, plusieurs, après avoir

commencé d'abattre des arbres sur leurs terres, se lassaient de ce travail & laissaient le refte debout, ce qui excitait de juftes plaintes de la part de leurs voisins, qui souffraient beaucoup de cette négligence. Ces plaintes étant toujours réitérées pendant plusieurs années de suite, Îles seigneurs de Montréal crurent enfin être obligés d'y faire droit; &, en conséquence, le supérieur du Séminaire fit afficher, tant aux portes de l'Église paroissiale & à celles du château qu'aux divers moulins de l'île, l'ordonnance suivante : « Nous avons appris, par quantité de plaintes, que plusieurs de nos tenanciers ne se mettent nullement en peine, non-seulement de tenir feu & lieu sur leurs terres & de les mettre en valeur, mais même d’en abattre les bois & d'entretenir net le peu d'espace qu'ils y ont défriché pour prise de possession. Cette négligence retarde l'avancement de la colonie; elle empêche que plusieurs personnes étrangères ne viennent défricher

DÉFRICHÉMENT DES TERRES, 1065, 233

« des terres dans cette ile & l'habiter; elle cause la grande « disette de blés & de grains que le peuple y souffre depuis « deux ans; enfin elle ruine entièrement les terres voi- « sines déjà défrichées, tant à cause de l'ombre conti- « nulle que le bois debout leur donne, que des écureuils « & autres menus animaux qui se retirent sur ces terres « ainsi délaissées, & de là vont dans les autres, où ils « mangent & gâtent la plus grande partie des grains, ce « qui ruine entièrement ces terres. » Pour remédier donc à ces inconvénients, les Seigneurs déclarèrent que, conformément aux ordonnances de M. T'alon, les tenanciers eussent à mettre dans quatre mois leurs terres en valeur, & abattissent le bois debout qui pourrait incommoder leurs voisins; sans quoi elles seraient réunies au domaine. Quant aux terres où l'on n'avait point tenu feu & lieu dans l’annéc de la concession, & pour lesquelles on n'avait pris aucun contrat, les seigneurs Îes réunirent à leur domaine, conformément au retrait seigneurial déjà notifié par affiches publiques, en déclarant qu’ils en donneraient des contrats de concession à ceux qui se présenteraient pour les obtenir (1).

Toutes ces terres concédées étant situées sur le bord du fleuve Saint-Laurent, chacun commençait le défrichement de la sienne par abattre le bois qui se trouvait le plus près du rivage; & plusieurs, pour n'être pas encombrés par cette quantité de grands arbres, les traînaient dans le fleuve Saint-Laurent & les abandonnaient au courant de l'eau. il arrivait de là que ces arbres, venant à rencontrer quelque obftacle qui les retenait en chemin, arrêtaient à leur tour d’autres arbres, en sorte qu'à la fin la navigation s'en trouvait comme interceptée. Pour retrancher ces abus, M. Talon rendit, au mois d'octobre 1670, l'ordonnance suivante : « Sur ce qui nous a été remontré que les « habitants de l'ile de Montréal, qui sont entre l'habita- « tion de Sainte-Marie & celle qu'on appelle la Petite- € Chine, ont abattu les bois de la devanture de leur con-

(1) Archives du scminaire de Villemarie, sur les concessions, 12 janv. 1673.

XXVIIT.

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