‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 160 sur 392 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ZÈLE DE LOUIS XIV POUR FAIRE FLEURIR LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE EN CANADA

En se mettant à la tête de la colonie, Louis XIV avait

‘ compris que, pour la conftituer solidement, il fallait

y mettre les colons en état de recevoir de la main des indigènes les produétions du pays, & de procurer en échange à ceux-ci des marchandises de France. Le premier objet de sa sollicitude fut donc d'y faire fleurir le commerce qui lit les colons avec les sauvages, & ralliât en même temps la colonie à la France par des relations mutuelles de dépendance & d'intérêt (1). On comprend qu'un dessein de cette nature pouvait bien être conçu & favorisé par le prince, mais non être exécuté par lui. Il demandait le concours d’un grand nombre de particuliers unis entre eux & intéressés personnellement, c’eft-à-dire une Compagnie de commerce. Celle des cent Associés ayant négligé ce moyen & comme abandonné le Canada, Louis XIV jugea qu'il était de la gloire de son règne d'en former une nouvelle, qu'il nomma la Compagnie des Indes occidentales ; & pour qu'elle pût équiper un grand nombre de vaisseaux deftinés à porter journellement des marchandises Françaises dans les colonies & rapporter les produits de ces pays en France, il lui attribua pendant quarante ans le privilége exclusif de tout le commerce & de la navigation en Amérique, à l'exception pourtant de la pèche, qui devait être libre à tous les Français. Mais, au lieu de limiter le nombre des nouveaux Associés, comme on l'avait fait dans la formation de la Compagnie précé-

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