‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 161 sur 392 · COMMERCE FAVORISÉ · texte numérisé non relu

COMMERCE FAVORISÉ

dente, il voulut, par une disposition qui décèle ses grandes vues d'impartialité & de bienveillance envers tous, que chacun püût entrer dans cette Société, quelle que fût sa condition, pourvu qu'il y mit au moins la modique somme de trois mille livres. Bien plus, par une dérogation expresse aux incompatibilités les plus impérieuses que la distinction des rangs avait jusqu'alors établies, il déclara que, pour ne pas éloigner de cette Société les personnes plus opulentes, tous les nobles pourraient en faire partie sans pour cela déroger à leur noblesse; & qu'enfin les sujets étrangers au royaume pourraient y entrer aussi. En vue d'y attirer ces derniers, il déclara que s'ils y apportaient la somme de vingt mille livres, ils seraient par là réputés Français, & que leurs parents, quoique ctrangers à la France, pourraient succéder à tous leurs biens dans ce pays. Ces dispositions, qu'on pourrait qualifier du nom de libérales, montrent que les idées que plusieurs se forment de Louis XIV ne sont pas toujours conformes à la vérité.

Ce n'eft pas tout. Pour favoriser le commerce dans les colonies, ce prince s'engagea à payer, de son trésor royal, à la Compagnie, trente livres pour :haque tonneau de marchandises qu'elle porterait dans ce pays, & quarante livres pour chaque tonneau de celles qu'elle en rapporterait dans les ports de France, avec cette clause expresse, que les marchandises ainsi importées dans les pays étrangers ne payeraient aucun droit de sortie, & que la Compagnie serait pareillement exempte de tout droit, tant de sortie que d'entrée, pour les munitions de guerre, les vivres & autres choses nécessaires, ainsi que pour tout ce qu'elle ferait venir de ces pays qui serait utile à la construétion de ses vaisseaux. Enfin, désirant de contribuer de ses propres deniers au succès du commerce, le Roi avança sans aucun intérêt, pendant quatre ans, la dixième partie de tous les fonds qui seraient fournis par la Compagnie ; en déclarant encore que si, pendant ces quatre ans, elle soufirait quelque perte, cette perte serait prise sur les

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