‹ Histoire de la colonie française en Canada [microforme]Chapitre 188 sur 392 · ÉDUCATION DE LA JEUNESSE. 1608 ET SUIV · texte numérisé non relu

ÉDUCATION DE LA JEUNESSE. 1608 ET SUIV

« ajoutez encore les prières, les mœurs chrétiennes, & « tout ce qu'une fille doit savoir. Il y en a que les parents « nous laissent, jusqu'à ce qu'elles soient en âge d'être « pourvues, soit pour le monde, soit pour la religion. « Nous en avons huit, tant professes que novices, qui « n'ont pas voulu retourner au monde, & qui sont très- « bien, ayant été élevées dans une grande innocence. « Nous en avons encore qui ne veulent point retourner « chez leurs parents, se trouvant bien dans la maison de « Dieu. L'on nous en donne pour les disposer à leur pre- « mière communion, & qui passent, à cet effet, deux ou « trois mois dans le Séminaire. Nos RR, PP. & monsei- « gneur notre Prélät sont ravis de l'éducation que nous « donnons à la jeunesse ; ils font communier nos filles, « dès l’âge de huit ans, les trouvant autant instruites « qu'elles le peuvent être (1). »

L'année 1668, les Religieuses Ursulines avaient seize filles Françaises dans leur pens'onnat (2); & parmi celles qui furent élevées vers ce temps, nous devons surtout nommer Jeanne Le Ber de Villemarie, fille de M. Jacques Le Ber, déjà nommé dans cette hiftoire. Si l'on doit juger de la bonté d'un arbre par celle de ses fruits, & de l'habileté des inflitutrices par l'excellence des élèves qu'elles forment, le plus digne éloge que l'on puisse faire des Religieuses Ursulines de Québec, dans le grand art d'élever la jeunesse, c'eft de dire qu'elles ont été les inftruments dont la sagesse divine a voulu se servir pour former l'esprit & le cœur de ce rare sujet, la merveille de son siècle en Canada, & l'un des plus parfaits modèles qui aient pu être offerts jusqu'ici à toutes les jeunes personnes. Les Religieuses Ursulines ne se contentaient pas d'apprendre à leurs pensionnaires à lire & à écrire, elles les formaient encore aux ouvrages de goût, & Jeanne Le Ber apprit alors à faire de la dentelle (3). « Étant pensionnaire « dans notre maison, écrivaient ces Religieuses, elle nous « a donné, dès sa plus tendre jeunesse, des marques des

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(r) Lettres spirituelles de la Mère de l'Incarnation, lettre 112, 9 août 1668, p. 257, 258, 250.

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