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(1) Gretle de Villemarie, 16 juillet 1669.
Aëte de Basset.
LES PRÊTRES DE SAINTe SULPICE SE PROPO- SENT DE FAIRE ÉLE- VER DES FILLES SAU- VAGES A LA CONGRÉ- GATION,
(2) Archives de la marine, Lettre de M, Talon à Colbert, 10 novembre 1670,
vant, dans son entier, ou en quatre années consécutives, ainsi que M. de Bretonvilliers le jugerait plus à propos. Les deux enfants sauvages signèrent l'acte qui fait foi de cette donation, & qu'on voit encore au grefle de Villemarie (1).
Comme il était cependant difticile qu'on pût élever les
petites filles au Séminaire, M. de Queylus résolut de les placer chez la Sœur Bourgeoys. « Je ne dois pas oublier,
écrivait M. ‘Talon à Colbert, de vous faire connaitre que M. l'abbé de Queylus va prendre soin de retirer les enfants des sauvages qui tombent en captivité dans les mains des Iroquois, pour les faire élever, les garçons dans son Séminaire, & les filles à la Congrégation de Montréal, où l'on enseigne à la jeunesse, avec les lettres & l'écriture, les petits ouvrages de main. Madame la princesse de Conti, qui eft le principal mobile de cette action de piété, me fit à Paris, au mois d'avril dernier, le dépositaire de ses intentions, qu'elle accompagna d'un premier fonds de douze cents livres. D'autres personnes d'inclination pareille, & qui se sentent poussées de charité, m'ont fait entendre qu'elles prendraient volontiers part à cette œuvre. Quatre lignes qui marquassent à M. de Queylus et à sa Communauté avec quel agrément le Roi apprend, par mes dépèches, le zèle qu'ils témoignent pour le chriftianisme & le service de Sa Majeité, feraient un bon effet (2). » Conformément à cette insi-
nuation, Colbert écrivit à M. de Queylus, l'année suivante : « Sa Majefté ne doute pas que vous n'excitiez for-
tement les prêtres de votre Séminaire à inftruire les enfants des sauvages, & à les rendre capables d'être admis dans la vie commune des Français, afin de n'en composer qu'un même peuple & de fortifier d'autant plus, par ce moyen, la colonie. Je sais bien que cette opinion avantageuse que Sa Majefté a de votre mérite & de votre vertu, vous portera assez à faire tout ce qr' dépendra de vous, pour répondre à ce qu'elle s'en cit
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« promis, sans que je vous fasse aucune excitation. Ainsi, « je me contenterai de vous assurer que je lui rendrai un « compte très-cxact de tout ce que vous ferez dans cette «vue (1). »
M. ‘Talon annonçait à Colbert, comme on vient de le voir, que M. de Queylus se proposait de retirer les enfants sauvages tombés en captivité chez les Iroquois. C'eft que, M. de Courcelles s'étant montré irrité contre ces derniers, ils amenèrent à Villemarie, pour le calmer, des prisonniers qu'ils avaient faits aux Poutéotamis, sauvages de la langue Algonquine ; & les Ecclésiaftiques de Saint-Sulpice obtinrent, entre autres, deux filles sauvages, qu’ils donnèrent aux Sœurs de la Congrégation, pour les élever. On les baptisa l'une & l'autre, & on leur attribua les fonds que Madame la princesse de Conti & quelques autres dames avaient donnés. La plus jeune des deux fut cependant enlevée par sa mère, quoiqu'elle l'eût donnée conjointement avec les Iroquois; mais, une Sœur de la Congrégation ayant couru après elle pour la ravoir, l'enfant quitta d’elle-mème sa mère, qui la tenait dans ses bras, & alla se jeter entre les mains de la Sœur de la Congrégation, comme dans celles de sa véritable mère (2). L'une de ces filles, nommée Marie-Magdeleine-Catherine Nachital, ayant été inftruite, se trouva en état d'être mariée; &, pour entrer dans les vues du Roï, on lui fit épouser un Français, Pierre Hogue, né à Belle-Fontaine, près d'Amiens. Le contrat de mariage fut passé le 14 novembre 1672, à la Congrégation, où la fille demeurait encore, & signé par les deux époux (3). Outre la somme qui revenait à Marie Nachital, du fonds accordé par Madame la princesse de Conti, M. Dollier de Casson, pour favoriser ce mariage, donna en meubles & en uftensiles de ménage la somme de cent cinquante livres, & M. Zacharie Du Puy, major de Montréal, une génisse au jour de Pâques suivant, & de la volaille (4). Mais en permettant ainsi à des Français d'épouser des filles sauvages, c'était, comme le
(1) Archives de la marine. Regittre des dépêches de Colbert, concernant les Indes, 1071, fol. 35, 36,