A PAIX FAILLIT ÊTRE ROMPUE A L'OCCASION DU MASSACRE DE SIX ONNEIOUTS
(2)Reiation de 1670,
(3) Ibid., p. 45.
(4) Hbid., p.76,
322 It PARTIE. LOUIS XIV.
1) Greñe de Ville- Jeur quartier de chasse dans le voisinage (1), visitérent
marie, 5 juillet 1660. + “Qi ON £ ‘ Déclaration du sieur CES SAUVASES à remarquérent que, vers le printemps, ils
La Salle. avaient dans leur cabane une cinquantaine de peaux d'ori- (2) Greffe de Ville. gnaux & quelques caftors (2). Epris par un tel appât, ces a PE 09 malheureux forment le noir & déteftable complot de les Condamnation par Malheurett ent le noi déteflable complot de les M. d'Aillebout. assassiner, pour s'approprier ensuite ces objets & les par-
tager entre eux; & dans cet exécrable dessein, se rendent un soir à la cabane de ces sauvages, comme pour leur faire feftin. Ils leur donnent de la sagamité, surtout leur font boire assez d'eau-de-vie pour jeter les trois hommes & la femme dans une complète ivresse, afin de pouvoir ensuite les massacrer sans péril pour eux. Comme ils se l’étaient promis, les sauvages, assoupis bientôt par l'effet de cette liqueur, s'endormirent tous d'un profond sommeil. Cependant l'un d'eux s'étant éveillé au milieu de la nuit, entendit crier un chat-huant, & alors, soit que la générosité apparente de ses hôtes eût fait naître en lui quelque soupçon de défiance, soit que dans son ivresse il fût dominé par les idées superftitieuses de ceux de sa nation, il se mit à dire tout haut que cet oiseau lui pronoftiquait la mort, & qu'assurément il ne verrait pas le soleil le lendemain. À quoi l'un des Français, qui l'entendait parler de la sorte, répondit que c'était une bagatelle, & qu'il ne devait pas s'y arrêter. Enfin, lorsque tous ces sauvages étaient plongés dans le sommeil & incapables de se défendre, les trois assassins se lèvent & Îles massacrent cruellement, sans épargner dans leur frénésie ni la femme, ni même les deux enfants, dont l'un était âgé de sept ou huit ans, & l'autre n'avait qu'un an & demi. Après cet affreux carnage, effrayés sans doute de la présence de tous ces cadavres, qui semblaient leur reprocher une si horrible barbarie, et voulant les souftraire à tous les regards, ils les mettent dans un canot, au-dessus duquel ils fixent des traverses de bois pour les y retenir & ayant conduit ce canot à une demilicue en decà du premier rapide, le coulent à fond sous un arbre couché sur l'eau. Enfin, revenant à la cabane, ils enlèvent les pelleteries & les hardes des sauvages, les
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transportent auprès de la leur, &les enfouissent dans une cache qu'ils creusent à ce dessein, de peur sans doute qu'elles ne fussent reconnues & ne devinssent contre eux des pièces de conviétion. Mais ces malheureux, par un effet de leur avarice, dévoilèrent eux-mêmes leur crime. L'un d'eux, fruftré par ses complices de la part des pelleteries volées, qu'ils étaient convenus de partager entre eux, les menacça d'abord de les dénoncer, s'ils ne lui donnaient satisfaction. Il déclara même le crime à M. La Salle, & enfin remit à trois de ses camarades un écrit où il en exposait toutes les circonftances, en les priant de dire à l'un de ses complices, qui demeurait alors à Villemarie dans le lieu appelé la Commune, que s'il refusait de lui rendre la part des pelleteries qu'il réclamait, il déclarerait à la juftice même le vol & l'assassinat.
Au printemps de cette même année 1669 eut lieu aussi, près de Villemarie, le meurtre du capitaine Sonnontouan, commis par trois soldats de la garnison. Étant allés en traite dans les bois, 1ls rencontrèrent ce capitaine, l'un des plus considérables de sa nation, & remarquèrent qu'il avait quantité de pelleteries. Comme ils ne pouvaient les acquérir par des échanges proportionnés à leur valeur, & qu'ils voulaient s'en rendre les maitres, ils formèrent entre eux l'horrible dessein d'assassiner ce sauvage. Pour venir à bout de lui plus sûrement, ils l'enivrèrent avec de l'eau-de-vie, le massacrèrent dans son ivresse, &, après avoir caché son corps, volèrent toutes ses pelleteries, Ce dernier attentat, qui fut découvert le premier, pensa, comme il a été dit, rallumer le feu de la guerre, dès que les Iroquois en eurent connaissance. Dans ces circonftances alarmantes, M. de Courcelles, pour apaiser les esprits des Iroquois & prévenir les malheurs dont tout le Canada était menacé, se transporta en personne à Villemarie, où était le rendez-vous de toutes les nations sauvages pour la traite; & cette aflaire parut mème si importante, que M. de Laval fit faire à Québec des prières